Sécuriser l’eau et l’agriculture en Arménie : le projet du réservoir de Vedi

Construction du réservoir de Védi, février 2023

L’eau est une ressource essentielle au développement économique et social, mais en Arménie, sa gestion durable constitue un défi majeur. Ce pays enclavé, soumis à des étés arides, doit faire face à une demande croissante en eau, notamment pour son agriculture, dont on estime qu’elle emploie aujourd’hui environ un quart de la population active. D’autant plus que l’agriculture irriguée assure environ 80% de la production agricole totale.

Dans la plaine fertile d’Ararat, les systèmes d’irrigation vieillissants, datant de l’ère soviétique, entraînent d’importantes pertes en eau et dépendent de pompages coûteux en énergie. Face à ces enjeux, l’Agence Française de Développement (AFD) accompagne l’Arménie dans sa transition vers une gestion plus durable de l’eau en soutenant la construction du réservoir de Vedi, la plus grande infrastructure hydrique construite dans le pays depuis la période soviétique. Cette initiative ne se limite pas à une infrastructure : elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à moderniser l’ensemble du secteur agricole à travers un programme de développement de l’agriculture irriguée, financé sur fonds de l’Union Européenne nommé IADAAM (Irrigated Agriculture Development in Ararat and Armavir Marzes).

Plaine irriguée de l’Ararat, printemps 2022.

L’eau en Arménie : un défi multidimensionnel

Le défi de l’eau en Arménie ne concerne pas uniquement l’agriculture. Il s’inscrit dans un contexte plus large où le changement climatique, l’héritage soviétique des infrastructures et les tensions géopolitiques exacerbent la pression sur cette ressource vitale.

Le lac Sevan, principale réserve d’eau douce du pays, est surexploitée, menaçant son équilibre écologique et entraînant des conséquences économiques à long terme. Parallèlement, les infrastructures obsolètes, reposant sur des stations de pompage énergivores et des réseaux vieillissants, occasionnent de fortes pertes en eau. Selon la Banque Mondiale, l’efficience de l’irrigation[1] serait de seulement 25% (alors qu’un système moderne peut atteindre 75 à 80%) et la productivité de l’eau pourrait être améliorée de plus de 40% en réhabilitant et modernisant les infrastructures existantes. Cette inefficacité alourdit considérablement les finances publiques, l’État devant subventionner massivement l’irrigation pour soutenir les agriculteurs.

L’impact du réchauffement climatique aggrave cette pression. Les précipitations irrégulières, la fonte précoce des neiges et l’augmentation des températures modifient les cycles hydrologiques, obligeant les agriculteurs à adapter rapidement leurs pratiques pour garantir la pérennité de leurs exploitations.

Assurer un approvisionnement en eau stable et durable est essentiel pour la sécurité alimentaire et la résilience des communautés rurales. Cela favorise l’ancrage des populations sur leur territoire, limitant ainsi la désertification des campagnes et freinant l’exode rural.

Projet de construction du réservoir et du système d’irrigation de Vedi

Un projet intégré : le réservoir de Vedi et le programme de soutien à l’agriculture

Avec un financement sous forme de prêt de 75 millions d’euros de l’AFD, complété par une participation du gouvernement arménien de 15 millions d’euros et une subvention de 10 millions d’euros de l’Union Européenne pour le soutien à l’agriculture irriguée, le réservoir de Vedi constitue une réponse concrète aux défis hydriques. Il permettra de stocker jusqu’à 29 millions de mètres cubes d’eau, réduisant ainsi la dépendance aux prélèvements directs du lac Sevan. Le réservoir permettra d’assurer l’irrigation de la plaine de l’Ararat lors de la saison sèche, assurant ainsi les récoltes des agriculteurs. Un programme d’appui à l’agriculture irriguée vient compléter ce projet en accompagnant la transition vers une gestion plus durable et efficiente de l’eau.

Dans la plaine d’Ararat, où l’agriculture repose encore largement sur des systèmes d’irrigation vétustes, les travaux engagés vont au-delà de la seule construction du réservoir. De nouveaux canaux et conduites d’irrigation sont installés pour limiter les pertes d’eau et garantir un accès plus fiable aux exploitations. Des techniques plus modernes comme l’irrigation par gravité sont mises en place pour réduire la dépendance aux pompes électriques et alléger les coûts pour les agriculteurs. Sur le terrain, des équipes accompagnent les exploitants pour les aider à adopter des pratiques agricoles plus efficaces : introduction de nouvelles cultures adaptées aux conditions locales, conseils sur la rotation des cultures et sur l’utilisation raisonnée de l’eau.

Visite du réservoir de VEDI avec de gauche à droite : Sylvain Tesson (écrivain), Audrey Gourdien (AFD), Alain Boinet (Défis Humanitaires), Olivier Decottignies (ambassadeur de France en Arménie), Vincent Montagne (président du Syndicat National de l’Edition France). Photo Antoine Agoudjian pour le Figaro Magazine.

Le programme soutient aussi les agriculteurs dans leurs investissements. Grâce à des dispositifs de financement spécifiques, ils peuvent acquérir du matériel plus performant et installer des équipements d’irrigation plus économes en eau, comme le goutte-à-goutte. Par ailleurs, l’initiative facilite le regroupement des terres et le développement des coopératives, permettant aux petits producteurs de mutualiser leurs efforts et de mieux s’adapter aux évolutions du marché.

L’un des aspects essentiels du programme est l’adaptation au changement climatique. Face aux sécheresses, aux fortes précipitations et aux aléas météorologiques croissants, les agriculteurs bénéficient d’un accompagnement pour ajuster leurs pratiques et garantir la pérennité de leurs cultures. En stabilisant l’accès aux ressources en eau et en encourageant la diversification des cultures, ce programme contribue à renforcer la résilience du secteur agricole arménien.

Cette approche globale transforme progressivement l’agriculture locale, en offrant aux exploitants les moyens d’améliorer leurs rendements et de stabiliser leurs revenus, tout en préservant durablement les ressources en eau.

Barrage du réservoir de Védi – décembre 2024

Conclusion : une approche globale pour une agriculture durable

Le réservoir de Vedi, combiné à l’approche intégrée du programme de soutien à l’agriculture irriguée, illustre comment moderniser l’irrigation, préserver les ressources naturelles et améliorer les conditions de vie des agriculteurs peuvent être des objectifs compatibles. Cette double approche permet de garantir un accès sécurisé à l’eau et de favoriser une agriculture durable face aux défis climatiques et économiques.

 

[1] L’efficience de l’irrigation reflète l’efficacité de l’ensemble du système d’irrigation dans l’acheminement de l’eau vers les cultures, de la source à la zone racinaire. Elle résulte de l’efficacité de l’acheminement et de l’application sur le terrain. Une bonne efficience de l’irrigation au niveau du système implique un gaspillage d’eau minimal et une meilleure valorisation de l’eau.

 

Par Fanny Delpey, Directrice de l’agence de l’AFD pour le Sud-Caucase

Diplômée de Sciences Po Toulouse (Section Économique et Financière) et titulaire d’un DEA en Économie Internationale de l’Université Paris II – Panthéon-Assas, Fanny Delpey évolue dans le développement international depuis plus de 15 ans.

Après un début de carrière en 2006 comme Volontaire Civil à l’Aide Technique à Saint-Pierre-et-Miquelon, elle rejoint en 2008 le siège des Instituts d’Émission des DOM comme économiste junior. En 2011, elle intègre Proparco en gestion de portefeuille, puis en 2015 l’AFD comme responsable d’équipe projet en financements structurés. Pendant huit ans, elle contribue à la structuration financière de projets non souverains en agro-industrie, transports et énergie, principalement en Afrique et en Asie.

En 2019, elle devient Directrice adjointe de l’AFD à Jérusalem, supervisant des projets en énergie, santé, gouvernance et société civile en Cisjordanie et à Gaza. Depuis juillet 2023, elle dirige l’agence AFD du Caucase du Sud.

 

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Reportage sur les Ateliers WASH de l’Humanitaire 2025

Edition 2025 des Ateliers WASH de l’humanitaire © Fondation Veolia

Pendant 2 jours complets, les Ateliers Wash de l’Humanitaire rassemblent des experts du secteur pour échanger sur les avancées et les défis techniques en matière d’eau, d’hygiène et d’assainissement (EHA) en contexte humanitaire.

Organisés par la fondation Veolia et le Partenariat français pour l’eau, ces ateliers s’inscrivent dans un domaine en constante évolution face aux crises mondiales de plus en plus nombreuses, de plus en plus longues, et faisant de plus en plus de victimes civiles.

Un rassemblement d’experts pour faire avancer l’humanitaire

La 3ème édition des Ateliers Wash de l’Humanitaire a cette fois rassemblé une soixantaine de participants, offrant des profils variés :

  • ONG comme Médecins sans frontières (MSF), Solidarités International, la Croix-Rouge française, etc.
  • Acteurs du privé
  • Agences onusiennes comme le HCR
  • Agences de l’eau, etc.

Cette diversité des participants a ainsi permis des discussions riches en connaissances et retours d’expérience entre des professionnels engagés dans la mise en œuvre de solutions durables pour l’accès à l’eau et l’assainissement en situation d’urgence.

Les conférences permettent d’aborder des sujets au cœur des enjeux actuels du secteur humanitaire. On y aborde entre autres des thématiques comme le traitement et la réutilisation des eaux usées, la gestion des déchets, l’optimisation des réseaux d’eau et les nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle appliquée aux contextes humanitaires. Des dispositifs innovants y sont également présentés comme le Saniforce 500 et la Reutbox, illustrant les avancées exceptionnelles du secteur en matière de technologies. Enfin, les différents acteurs de l’humanitaire offrent des retours d’expériences sur des terrains comme Gaza ou Mayotte pour partager leurs solutions mais également les problèmes rencontrés sur place.

Présentation de EPUR (filiale de Veolia) © Fondation Veolia

Des innovations techniques au service de l’urgence humanitaire

  1. Le Saniforce 500 : une révolution dans le traitement et la désinfection des boues

Le Saniforce 500 a été conçu par la fondation Veolia pour les conditions d’urgence humanitaire dans le but de traiter les boues fécales avec une faible consommation d’énergie. Le Saniforce 500 se base sur un processus de digestion-pasteurisation, permettant de désactiver les agents pathogènes en endommageant leurs cellules grâce aux effets de la température.

Le processus se compose d’un prétraitement avec une digestion anaérobie et d’un post-traitement, durant lequel les boues sont chauffées à 70 degrés pendant une heure grâce à une eau chauffée par des panneaux solaires et par le biogaz récupéré de la décomposition des boues. Le digestat peut ensuite être réutilisé comme fertilisant agricole par exemple.

Le Saniforce 500 est capable de traiter 500 litres de boues par jour avec une réduction des pathogènes de 99,9%. Il est facilement déployable et utilisable par les équipes locales.

Testé en Ouganda dans un camp de réfugiés, le dispositif a suscité un grand intérêt parmi l’assemblée. Les discussions ont mis en lumière la nécessité de formations pour assurer une utilisation optimale en sécurité, notamment en contexte de crise.

Infographie du Saniforce 500 © Fondation Veolia

2. La Reutbox : vers une réutilisation des eaux usées

La Reutbox est une solution innovante développée pour permettre la réutilisation des eaux usées en sortie de station d’épuration, notamment en contexte humanitaire. Développée par EPUR (filiale de Veolia), elle est installée dans un conteneur de 10m³, pour pouvoir être déployée rapidement sur le terrain. La Reutbox permet de recycler les eaux usées selon différents niveaux de qualité en fonction de l’usage prévu : irrigation agricole, recharge des nappes, irrigations de stades, etc.

Les eaux usées subissent une série de filtrations et de désinfections, permettant d’obtenir une eau répondant à des critères de qualité allant de A à D, selon la réglementation en vigueur. Toutefois, la mise en œuvre de cette technologie en contexte humanitaire soulève plusieurs défis. La qualité initiale des eaux usées est souvent très variable, surtout en zone d’urgence, où les infrastructures de traitement de l’eau sont souvent rudimentaires, voire inexistantes, et peut nécessiter un prétraitement spécifique avant d’être introduite dans la Reutbox. Les intervenants ont donc insisté sur l’importance de réaliser des études préalables sur la qualité des eaux disponibles, la disponibilité de l’électricité ou encore la nécessité d’un entretien régulier des équipements, avant le déploiement d’une Reutbox sur le terrain.

Malgré ces défis, la Reutbox représente une avancée considérable dans le domaine du traitement et de la valorisation de l’eau en situation humanitaire. Son potentiel d’innovation est immense, notamment pour réduire la pression sur les ressources en eau dans les zones où l’eau est déjà une ressource rare.

La Reutbox aux Ateliers WASH 2025 de l’humanitaire © Fondation Veolia

Des débats techniques de haut niveau révélant l’évolution du secteur

L’humanitaire ne se limite plus à une simple réponse d’urgence visant à apporter de l’eau potable aux populations en détresse. Si cette mission reste essentielle, elle s’accompagne aujourd’hui d’une réflexion beaucoup plus large sur la gestion durable des ressources, l’efficacité des infrastructures et l’impact environnementales des interventions.

Les discussions entre les différents acteurs lors des ateliers ont mis en évidence une vision basée davantage sur le long terme, en intégrant des solutions pérennes aux opérations, tout en tenant compte des réalités locales et des évolutions technologiques. Cette volonté de créer des systèmes robustes et durables, capables de fonctionner même après le départ des ONG passe par plusieurs approches :

  • L’optimisation des infrastructures : les humanitaires développent des réseaux d’eau durablement intégrés aux communautés locales.
  • La réduction des pertes et l’efficacité hydraulique : dans les camps de réfugiés ou les zones sinistrées, les infrastructures mises en place doivent être optimisées pour minimiser le gaspillage et assurer un accès équitable aux ressources en eau.
  • L’innovation dans le traitement des eaux et des boues : l’évolution des technologies permet d’aller au-delà de la simple distribution d’eau potable. Les solutions présentées plus haut comme le Saniforce 500 ou la Reutbox démontrent un réel investissement du secteur dans une meilleure gestion des eaux et des boues pour améliorer les conditions de vie localement.

Un des débats majeurs des Ateliers Wash a porté sur l’osmose inverse, une technologie efficace pour purifier l’eau saumâtre mais qui pose des défis logistiques et environnementaux. Très utilisée dans des contextes comme Gaza, où les ressources en eau sont extrêmement limitées, elle reste énergivore et produit une saumure concentrée, dont l’élimination peut poser des problèmes environnementaux. De plus, sa maintenance est complexe, nécessitant des pièces de rechange souvent difficiles à trouver sur place.

Un autre point de discussion a concerné la reminéralisation de l’eau traitée. L’osmose inverse supprime presque tous les minéraux, ce qui peut poser des problèmes nutritionnels si l’eau est consommée sur le long terme. Certaines ONG testent des solutions alternatives, comme l’évaporation solaire, mais celles-ci restent limitées en capacité. Les experts réunis lors des Ateliers Wash ont ainsi insisté sur la nécessité de former les équipes humanitaires et de développer des solutions hybrides, mieux adaptées aux réalités du terrain.

Ateliers Eau & Assainissement © Fondation Veolia

De nouveaux défis pour l’humanitaire : la gestion des déchets et l’intégration de l’intelligence artificielle

L’humanitaire fait face à des défis croissants tels que la gestion des déchets dangereux et l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans les opérations de terrain.

La question des déchets, longtemps mise de côté, devient un enjeu critique avec l’augmentation des équipements technologiques utilisés dans les interventions humanitaires. Déchets électroniques, batteries usagées, huiles et plastiques s’accumulent sans filière adaptée pour les recycler, posant alors un problème environnemental majeur. Lors des ateliers, MSF et la fondation Veolia ont fait part de leurs efforts pour structurer des solutions locales, favorisant le démantèlement et a valorisation sur place, pour éviter l’exportation systématique, coûteuse et complexe.

En effet, il existe sur place des solutions largement envisageables comme des démanteleurs, des recycleurs, des cimenteries capables de détruire les huiles usagées, etc. Cependant, certaines questions sont encore en suspens, notamment sur les critères fixés au départ, qu’il n’est pas toujours possible de respecter sur le terrain. On voit ici les limites des critères face au réalisme du terrain. De même, certains déchets ne trouvent encore pas de solution de recyclage comme les batteries au lithium, les piles ou les LED par exemple.

En parallèle, l’intelligence artificielle transforme progressivement les méthodes de gestion des infrastructures humanitaires. Certaines innovations permettent d’analyser en temps réel les réseaux d’eau, d’anticiper les pannes et d’optimiser la distribution pour limiter les pertes. L’IA est également utilisée pour effectuer une maintenance prédictive, détectant les dysfonctionnements assez tôt et réalisant des cartographies des ressources en eau pour planifier au mieux les interventions.

Mais ces technologies posent notamment la question de l’accessibilité et de la formation des potentiels utilisateurs. Les équipes doivent être accompagnées pour exploiter ces outils efficacement. La digitalisation des infrastructures humanitaires offre un immense potentiel, mais son succès dépendra de la capacité du secteur à intégrer ces innovations de manière inclusive et adaptée aux réalités du terrain.

Le Saniforce 500 aux Ateliers WASH 2025 de l’humanitaire © Fondation Veolia

Des enjeux stratégiques et politiques affectant l’avenir des solutions Wash

Si les avancées technologiques et les nouvelles approches humanitaires permettent d’améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement, leur mise en œuvre est souvent freinée par des enjeux stratégiques et politiques complexes. L’un des principaux défis concerne le financement. Si les fonds sont généralement disponibles pour les interventions d’urgence, il est beaucoup plus difficile d’obtenir des financements pour des solutions durables et intégrées. De nombreuses infrastructures mises en place dans les contextes humanitaires sont sous-financées à long terme, ce qui compromet leur maintien et leur efficacité sur le long terme et une fois l’urgence passée.

Un autre enjeu majeur est celui des conflits d’usage de l’eau. Dans certaines régions où les ressources hydriques sont très limitées, les interventions des ONG entrent en conflit d’usage avec les autres acteurs locaux comme l’agriculture. Il est donc très important d’évaluer en amont la géographie et les ressources disponibles pour éviter ces conflits d’usage. Lors des Ateliers Wash, l’importance d’une approche inclusive et concertée a été soulignée : les acteurs humanitaires doivent travailler avec les autorités locales, les entreprises et les communautés pour éviter ces conflits et garantir une gestion équitable de l’eau.

Enfin, l’impact du changement climatique rend ces enjeux encore plus critiques. Les sécheresses de plus en plus fréquentes, la raréfaction des nappes et les catastrophes naturelles intensifient la pression sur les ressources en eau. Il devient impératif d’anticiper ces bouleversements et d’intégrer des stratégies d’adaptation dans les politiques humanitaires. Cela passe par une meilleure cartographie des ressources en eau, des infrastructures plus résilientes et une sensibilisation accrue des populations à la gestion durable de l’eau.

L’avenir des solutions WASH en humanitaire dépend donc de la capacité des acteurs à mobiliser des financements pérennes, à travailler en concertation avec les autorités locales et à adapter leurs stratégies aux défis environnementaux et géopolitiques actuels.

 

Les Ateliers Wash de l’humanitaire sont un moment clé pour le secteur. En réunissant experts et praticiens, ils permettent de faire avancer les solutions techniques et d’améliorer les interventions humanitaires. L’évolution des débats et des innovations présentées montrent à quel point le domaine s’est professionnalisé, malgré les nombreux défis qui nécessitent encore débats et innovations.

 

India Hauteville

India Hauteville est diplômée d’un premier master en Politique Internationale à Sciences Po Bordeaux et actuellement étudiante au sein du master Intégration et mutations en Méditerranée et au Moyen-Orient à Sciences Po Grenoble. Elle est l’assistante actuelle du fondateur de Solidarités International, Mr. Alain Boinet.

Particulièrement intéressée par le conflit syrien, elle rédige actuellement un mémoire sur l’articulation entre les principes humanitaires et les réalités du terrain syrien, en prenant l’ONG Solidarités International comme étude de cas.

 

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