Eau potable et assainissement : Atteindre les objectifs, dans quels délais ?

Un article de Gérard Payen, vice-président du Partenariat français pour l’eau (PFE), ancien conseiller pour l’eau du secrétaire général de l’ONU.

©FERRANTRAITE – ISTOCK

En 2015, l’adoption à l’unanimité de l’Agenda 2030 et de ses Objectifs mondiaux de développement durable (ODD) a enfin doté l’humanité de plusieurs projets ambitieux pour l’eau potable et l’assainissement. En ce qui concerne l’eau potable, nous visons l’accès de tous à une eau non contaminée, facilement accessible, disponible chaque jour à un coût abordable afin de rendre effectif ce droit humain. Pour l’assainissement, nous avons également un objectif d’accès universel : assurer à tous des toilettes dignes et sans risque sanitaire, avec évacuation correcte des rejets humains, un autre droit. Mais nous voulons aussi nous protéger : protéger nos voisins, les autres et l’environnement, de toutes les pollutions de l’eau par les activités humaines.

Nous avons ainsi l’ambition de réduire de 50% les flux d’eaux usées rejetés sans dépollution dans l’environnement. Ces objectifs mondiaux sont décrits précisément dans les cibles ODD 6.1, 6.2, 6.3, avec une attention particulière aux personnes pauvres dans la cible 1.4 et aux habitants de bidonvilles dans la cible 11.1. Ils sont ambitieux mais ils correspondent hélas à des besoins très réels et importants en volume.

Un accès en nette progression…

L’adoption du programme mondial des ODD a permis d’améliorer fortement notre connaissance des besoins. Un énorme effort a été réalisé par les statisticiens de l’ONU et de tous les pays pour concevoir des indicateurs pertinents permettant de contrôler les progrès vers les objectifs mondiaux. Bien qu’encore limitées, les nouvelles connaissances statistiques constituent un progrès majeur. Pour les objectifs dont l’évolution dans le temps a déjà pu être estimée, les acteurs ne peuvent plus se satisfaire de beaux discours sur ce qu’ils font et sur les progrès qui en résultent. Ils sont maintenant confrontés à la réalité des besoins.

En ce qui concerne l’accès des populations à l’eau potable et à l’assainissement sur leurs lieux d’habitation, nous disposons maintenant d’estimations solides des besoins actuels et des évolutions depuis 2015 au niveau mondial, par grandes régions, et pour de nombreux pays. En moyenne, le progrès est manifeste : entre 2015 et 2022, près de 700 millions de personnes ont gagné un accès satisfaisant à de l’eau non contaminée.

Quant à l’accès à un assainissement de base, c’est-à-dire à des toilettes hygiéniques, dignes et non collectives, les gains sont encore plus importants : +1 milliard depuis 2015. Ces avancées sont à comparer aux besoins : ils augmentent régulièrement du fait des croissances, démographique, urbaine et économique ainsi que de l’élévation des niveaux de vie. L’augmentation de la population mondiale de 550 millions d’individus sur la même période réduit l’envergure du progrès vers l’accès universel, c’est-à-dire la réduction des besoins (voir graphique ci-dessous).

 

… mais des objectifs loin d’être atteints

Pour l’eau potable, les progrès sont très lents, beaucoup trop lents, avec encore 2,2 milliards de personnes qui utilisent de l’eau probablement contaminée, soit le triple de celles sans électricité. Si ce rythme se poursuivait, on parlerait de centaines de millions sans eau potable au siècle prochain, alors que l’accès universel était prévu pour 2030. Sur la période 2015-2022, la réduction des besoins d’accès a été quatre fois moins rapide pour l’eau potable que pour l’assainissement de base, tandis que l’accès à l’électricité s’améliorait cinq fois plus rapidement. En d’autres termes, les politiques d’accès à l’eau potable sont bien moins performantes que les politiques d’accès à l’assainissement et à l’électricité.

Si l’on regarde plus finement les évolutions, on constate que la prolongation des tendances actuelles pour l’eau potable ne résoudrait aucunement les besoins. En effet, ceux-ci augmentent au lieu de baisser dans deux populations très importantes : la moitié urbanisée de la planète et l’Afrique subsaharienne (voir figure ci-dessous).

Ces reculs [1] rendent mathématiquement impossible l’atteinte de l’objectif mondial d’accès universel à l’eau potable. Pour l’assainissement de base, on note également une croissance du nombre de personnes qui en manquent en Afrique subsaharienne. En revanche, cet assainissement s’améliore doucement dans la moitié urbaine de la planète.

Milieux scolaire et santé, des résultats insuffisants.

Depuis peu, l’OMS et l’Unicef produisent des statistiques mondiales qui objectivent l’ampleur des insuffisances d’eau potable et de toilettes dans les lieux scolaires et, pis encore, dans les établissements de soins alors que la non-contamination de l’eau et par l’eau est un facteur majeur de santé. Ainsi, en moyenne mondiale, les trois quarts des écoles seulement (et presque la moitié dans le quart des pays les plus pauvres) ont en permanence de l’eau claire (mais de potabilité non garantie) pour boire, se laver les mains ou pour tout nettoyage ; 8 % possèdent bien des installations d’eau mais l’eau n’y coule pas chaque jour, et 15% n’ont que de l’eau potentiellement contaminée par des animaux.

Pour les toilettes, la situation est similaire : seules 78% des écoles en possèdent des correctes, séparées pour les filles et les garçons, 11% n’ont que des toilettes unisexes et 11 % n’ont pas de toilettes fermées hygiéniques. L’insuffisance d’assainissement est ainsi une difficulté pour la scolarisation de près d’une fille sur quatre. Heureusement la situation semble s’améliorer : en huit ans, les besoins en eau potable ou en assainissement ont été réduits d’environ 28%.

Les problèmes sont de même nature pour les établissements de santé : en 2022, seuls 84% des hôpitaux et 80% des établissements de santé plus petits avaient en permanence de l’eau claire (de potabilité inconnue) pour boire, faire les soins et nettoyer. En 2021, 850 millions de patients se sont rendus dans un établissement de santé sans eau, et le même nombre dans des établissements dont l’eau était potentiellement contaminée par des animaux. Le nombre total de ces patients sans disponibilité suffisante d’eau est en augmentation d’environ 1% par an.

Quant aux toilettes, les données manquent pour avoir une vision mondiale. Mais on sait que seuls 30% des établissements d’Amérique latine et 22% des établissements d’Afrique subsaharienne ont des toilettes fonctionnelles, hygiéniques et séparées par sexe.

Un camion citerne approvisionne en eau un quartier non raccordé à Delhi (Inde) ©C.GUILLAIS

Une dépollution des eaux après usage trop négligée

Jusqu’à très récemment, il n’y avait aucune donnée mondiale sur les rejets de pollution. En 2015, l’objectif de diviser par deux les flux d’eaux usées rejetés sans dépollution a été adopté, et a enfin permis, après plusieurs années, d’établir des connaissances statistiques. On estime que la proportion mondiale des rejets dans l’environnement d’eaux usées domestiques non dépolluées correctement, était de 42% en 2022.

Mais faute d’estimation comparable à une date antérieure, nous devrons attendre encore deux ou trois ans pour savoir si le total mondial est en augmentation ou en diminution. On sait cependant que le nombre très élevé des personnes sans assainissement «géré en toute sécurité», c’est-à-dire sans dépollution minimale ou stockage non contaminant, baisse lentement (- 9% en sept ans).

En ce qui concerne la pollution rejetée par l’industrie, les données des pays sont encore trop lacunaires pour permettre une estimation mondiale. On ne sait donc pas si le monde progresse ou recule par rapport à son objectif ODD 6.3 de réduction des rejets de pollution. À noter, par ailleurs, que les indicateurs choisis pour les cibles ODD 6.6 et 14.1 sont insuffisants pour mesurer les impacts des rejets sur les écosystèmes hydriques et marins.

Assainissement de base toilettes fermées hygiéniques privatives ©G. PAYEN

Faire davantage et plus vite

Ainsi, le monde a enfin des objectifs ambitieux pour l’accès à l’eau potable, l’accès à l’assainissement et la maîtrise des pollutions rejetées par les eaux usées. Cela a permis d’améliorer grandement nos connaissances mondiales sur ces sujets. Mais ces nouvelles informations ne font apparaître aucun changement de rythme dans les réalisations après 2015. Pis, elles montrent des reculs pour plusieurs parties de la population mondiale. Si les tendances actuelles se poursuivaient sans changement, on compterait encore par milliards, sur plusieurs générations, les personnes ne disposant toujours pas d’eau potable ou d’assainissement. Pour la maîtrise des pollutions, il est également clair que l’objectif n’a aucune chance d’être atteint.

Aujourd’hui, la plupart des différents acteurs font ce qu’ils peuvent avec leurs moyens et leurs contraintes respectives. De nombreux projets très positifs voient le jour, portés par des autorités publiques, des institutions financières, des acteurs économiques, des ONG ou des populations. Mais prises dans leur totalité, ces nombreuses actions ne suffisent pas. Si les écarts très importants entre objectifs et réalité ne se réduisent que lentement, voire augmentent, ce n’est pas par inaction mais parce que le rythme des réalisations est inférieur au taux de croissance des besoins. Le défi collectif mondial est clair : il leur faut faire davantage et plus vite. Il faut passer d’un monde où les nombreuses parties prenantes du secteur de l’eau sont satisfaites de leur bon travail à un monde où l’on répond effectivement à l’importance des défis liés à l’eau potable et à l’assainissement [2].

Un sursaut politique est nécessaire. Depuis quatre ans, ONU-Eau alerte tous les gouvernements sur le besoin d’accélérer les politiques publiques d’eau et d’assainissement, mais sans effet probant à ce jour. Pas facile, car cela remet en cause de nombreuses habitudes et de nombreux équilibres politiques. Même la France a des progrès à faire. Au cours de ce siècle, les gouvernements ne se sont réunis qu’une fois à l’ONU pour débattre de l’ensemble de leurs problèmes d’eau. C’était en mars 2023. Ils ont reconnu une crise mondiale mais sans engager d’action. Ils se réuniront à nouveau en décembre 2026, cette fois pour parler de la mise en œuvre de leurs objectifs, ceux qui sont cités ci-dessus. Les nouvelles connaissances statistiques vont objectiver la situation et rendre vides de sens les déclarations de bonnes intentions qui les ignorent. Les gouvernements vont-ils enfin décider d’adapter leurs actions à leurs objectifs communs ?

 

[1] «Eau potable : que nous apprennent les statistiques mondiales au-delà des rapports officiels ?», Gérard Payen, Défis humanitaires n°86 (février 2024).

[2] «Le défi mondial de l’eau potable et de l’assainissement : faire davantage et plus vite ! », Gérard Payen, AFD Proparco, revue “Secteur privé & développement” #42, novembre 2024.

 

POUR ALLER PLUS LOIN

• Les données numériques sur les différents accès sont extraites ou calculées par l’auteur à partir des rapports et de la base de données disponibles sur le site http://www.washdata.org de l’OMS-Unicef.

• Pour les eaux usées, le rapport de référence est Progress on Wastewater Treatment – 2024 Update, WHO-Habitat, UN-Water.

• Gérard Payen, «Accès à l’eau potable : le changement majeur d’objectif mondial en 2015 se heurte à des habitudes technocratiques tenaces», in Défis Humanitaires, mars 2023.

 

Nous remercions la Revue des ponts, des eaux et des forêts ainsi que de diplômés de L’Ecole nationale des Ponts et Chaussées pour l’autorisation de republier dans Défis Humanitaires cet article de Gérard Payen paru dans PCM 919 en décembre 2024.

L’eau, un bien commun – Comprendre les cycles planétaires

Revue (Intégration)

 

Gérard Payen

Gérard Payen travaille depuis plus de 35 ans à la résolution de problèmes liés à l’eau dans tous les pays. Conseiller pour l’Eau du Secrétaire Général des Nations Unies (membre de UNSGAB) de 2004 à 2015, il a contribué à la reconnaissance des Droits de l’Homme à l’eau potable et à l’assainissement ainsi qu’à l’adoption des nombreux objectifs mondiaux de Développement Durable liés à l’eau. Il continue aujourd’hui à travailler à la mobilisation de la communauté internationale pour une meilleure gestion des problèmes liés à l’eau, ce qui passe par des politiques publiques plus ambitieuses. Vice-président du Partenariat Français pour l’Eau, il conseille simultanément les agences des Nations Unies qui produisent les statistiques mondiales relatives à l’Eau. Impressionné par le nombre d’idées fausses sur la nature des problèmes liés à l’eau, idées qui gênent les pouvoirs publics dans leurs prises des décisions, il a publié en 2013 un livre pour démonter ces idées reçues.

 

Je vous invite à lire ces articles publiés dans l’édition :

Sécuriser l’eau et l’agriculture en Arménie : le projet du réservoir de Vedi

Construction du réservoir de Védi, février 2023

L’eau est une ressource essentielle au développement économique et social, mais en Arménie, sa gestion durable constitue un défi majeur. Ce pays enclavé, soumis à des étés arides, doit faire face à une demande croissante en eau, notamment pour son agriculture, dont on estime qu’elle emploie aujourd’hui environ un quart de la population active. D’autant plus que l’agriculture irriguée assure environ 80% de la production agricole totale.

Dans la plaine fertile d’Ararat, les systèmes d’irrigation vieillissants, datant de l’ère soviétique, entraînent d’importantes pertes en eau et dépendent de pompages coûteux en énergie. Face à ces enjeux, l’Agence Française de Développement (AFD) accompagne l’Arménie dans sa transition vers une gestion plus durable de l’eau en soutenant la construction du réservoir de Vedi, la plus grande infrastructure hydrique construite dans le pays depuis la période soviétique. Cette initiative ne se limite pas à une infrastructure : elle s’inscrit dans une stratégie plus large visant à moderniser l’ensemble du secteur agricole à travers un programme de développement de l’agriculture irriguée, financé sur fonds de l’Union Européenne nommé IADAAM (Irrigated Agriculture Development in Ararat and Armavir Marzes).

Plaine irriguée de l’Ararat, printemps 2022.

L’eau en Arménie : un défi multidimensionnel

Le défi de l’eau en Arménie ne concerne pas uniquement l’agriculture. Il s’inscrit dans un contexte plus large où le changement climatique, l’héritage soviétique des infrastructures et les tensions géopolitiques exacerbent la pression sur cette ressource vitale.

Le lac Sevan, principale réserve d’eau douce du pays, est surexploitée, menaçant son équilibre écologique et entraînant des conséquences économiques à long terme. Parallèlement, les infrastructures obsolètes, reposant sur des stations de pompage énergivores et des réseaux vieillissants, occasionnent de fortes pertes en eau. Selon la Banque Mondiale, l’efficience de l’irrigation[1] serait de seulement 25% (alors qu’un système moderne peut atteindre 75 à 80%) et la productivité de l’eau pourrait être améliorée de plus de 40% en réhabilitant et modernisant les infrastructures existantes. Cette inefficacité alourdit considérablement les finances publiques, l’État devant subventionner massivement l’irrigation pour soutenir les agriculteurs.

L’impact du réchauffement climatique aggrave cette pression. Les précipitations irrégulières, la fonte précoce des neiges et l’augmentation des températures modifient les cycles hydrologiques, obligeant les agriculteurs à adapter rapidement leurs pratiques pour garantir la pérennité de leurs exploitations.

Assurer un approvisionnement en eau stable et durable est essentiel pour la sécurité alimentaire et la résilience des communautés rurales. Cela favorise l’ancrage des populations sur leur territoire, limitant ainsi la désertification des campagnes et freinant l’exode rural.

Projet de construction du réservoir et du système d’irrigation de Vedi

Un projet intégré : le réservoir de Vedi et le programme de soutien à l’agriculture

Avec un financement sous forme de prêt de 75 millions d’euros de l’AFD, complété par une participation du gouvernement arménien de 15 millions d’euros et une subvention de 10 millions d’euros de l’Union Européenne pour le soutien à l’agriculture irriguée, le réservoir de Vedi constitue une réponse concrète aux défis hydriques. Il permettra de stocker jusqu’à 29 millions de mètres cubes d’eau, réduisant ainsi la dépendance aux prélèvements directs du lac Sevan. Le réservoir permettra d’assurer l’irrigation de la plaine de l’Ararat lors de la saison sèche, assurant ainsi les récoltes des agriculteurs. Un programme d’appui à l’agriculture irriguée vient compléter ce projet en accompagnant la transition vers une gestion plus durable et efficiente de l’eau.

Dans la plaine d’Ararat, où l’agriculture repose encore largement sur des systèmes d’irrigation vétustes, les travaux engagés vont au-delà de la seule construction du réservoir. De nouveaux canaux et conduites d’irrigation sont installés pour limiter les pertes d’eau et garantir un accès plus fiable aux exploitations. Des techniques plus modernes comme l’irrigation par gravité sont mises en place pour réduire la dépendance aux pompes électriques et alléger les coûts pour les agriculteurs. Sur le terrain, des équipes accompagnent les exploitants pour les aider à adopter des pratiques agricoles plus efficaces : introduction de nouvelles cultures adaptées aux conditions locales, conseils sur la rotation des cultures et sur l’utilisation raisonnée de l’eau.

Visite du réservoir de VEDI avec de gauche à droite : Sylvain Tesson (écrivain), Audrey Gourdien (AFD), Alain Boinet (Défis Humanitaires), Olivier Decottignies (ambassadeur de France en Arménie), Vincent Montagne (président du Syndicat National de l’Edition France). Photo Antoine Agoudjian pour le Figaro Magazine.

Le programme soutient aussi les agriculteurs dans leurs investissements. Grâce à des dispositifs de financement spécifiques, ils peuvent acquérir du matériel plus performant et installer des équipements d’irrigation plus économes en eau, comme le goutte-à-goutte. Par ailleurs, l’initiative facilite le regroupement des terres et le développement des coopératives, permettant aux petits producteurs de mutualiser leurs efforts et de mieux s’adapter aux évolutions du marché.

L’un des aspects essentiels du programme est l’adaptation au changement climatique. Face aux sécheresses, aux fortes précipitations et aux aléas météorologiques croissants, les agriculteurs bénéficient d’un accompagnement pour ajuster leurs pratiques et garantir la pérennité de leurs cultures. En stabilisant l’accès aux ressources en eau et en encourageant la diversification des cultures, ce programme contribue à renforcer la résilience du secteur agricole arménien.

Cette approche globale transforme progressivement l’agriculture locale, en offrant aux exploitants les moyens d’améliorer leurs rendements et de stabiliser leurs revenus, tout en préservant durablement les ressources en eau.

Barrage du réservoir de Védi – décembre 2024

Conclusion : une approche globale pour une agriculture durable

Le réservoir de Vedi, combiné à l’approche intégrée du programme de soutien à l’agriculture irriguée, illustre comment moderniser l’irrigation, préserver les ressources naturelles et améliorer les conditions de vie des agriculteurs peuvent être des objectifs compatibles. Cette double approche permet de garantir un accès sécurisé à l’eau et de favoriser une agriculture durable face aux défis climatiques et économiques.

 

[1] L’efficience de l’irrigation reflète l’efficacité de l’ensemble du système d’irrigation dans l’acheminement de l’eau vers les cultures, de la source à la zone racinaire. Elle résulte de l’efficacité de l’acheminement et de l’application sur le terrain. Une bonne efficience de l’irrigation au niveau du système implique un gaspillage d’eau minimal et une meilleure valorisation de l’eau.

 

Par Fanny Delpey, Directrice de l’agence de l’AFD pour le Sud-Caucase

Diplômée de Sciences Po Toulouse (Section Économique et Financière) et titulaire d’un DEA en Économie Internationale de l’Université Paris II – Panthéon-Assas, Fanny Delpey évolue dans le développement international depuis plus de 15 ans.

Après un début de carrière en 2006 comme Volontaire Civil à l’Aide Technique à Saint-Pierre-et-Miquelon, elle rejoint en 2008 le siège des Instituts d’Émission des DOM comme économiste junior. En 2011, elle intègre Proparco en gestion de portefeuille, puis en 2015 l’AFD comme responsable d’équipe projet en financements structurés. Pendant huit ans, elle contribue à la structuration financière de projets non souverains en agro-industrie, transports et énergie, principalement en Afrique et en Asie.

En 2019, elle devient Directrice adjointe de l’AFD à Jérusalem, supervisant des projets en énergie, santé, gouvernance et société civile en Cisjordanie et à Gaza. Depuis juillet 2023, elle dirige l’agence AFD du Caucase du Sud.

 

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