L’urgence et le développement: ce qu’il resterait à faire

 

Eau et Santé : un sursaut est urgent !

Les experts de l’eau et de la santé se parlent trop peu. Et pourtant, les maladies hydriques provoquées par l’eau insalubre tuent 2,6 millions d’êtres humains chaque année ! Ces maladies sont bien connues : choléra, diarrhée, typhoïde, hépatite A, bilharziose, poliomyélite, etc.

Haïti: traitement pour lutter contre le choléra dans un foyer affecté à Port au Prince ©Solidarites International

L’eau non potable est une cause majeure de mortalité et par conséquent une urgence humanitaire, principalement dans les pays les plus pauvres victimes d’un conflit ou d’une catastrophe.

Et pourtant, l’eau et la santé constituent deux des principales priorités de l’Agenda des 17 Objectifs du Développement Durable (ODD 2015-2030) dont l’Objectif 6 qui prévoit un accès universel à l’eau potable et à l’assainissement dans 10 ans.

Mais malgré des progrès, nous en sommes très loin comme les chiffres officiels l’attestent. Aujourd’hui, 29% de la population mondiale n’ont pas accès à l’eau potable et 55% à l’assainissement. De même, 1,4 milliard de personnes n’a aucune installation équipée d’eau et de savon et 3 milliards ne se lavent toujours pas les mains à domicile. De plus, 80 % des eaux usées à travers la planète sont rejetés dans l’environnement sans avoir été traités.

Dans le monde, près d’1 centre de santé sur 4 n’a pas accès à l’eau potable, 1 sur 10 n’a pas accès à des services d’assainissement. La situation est encore bien pire parmi les 47 pays les moins avancés puisqu’1 centre sur 2 n’a pas d’eau potable et 3 sur 5 sont sans accès à l’assainissement. Seuls 30% des établissements scolaires dans le monde disposaient d’un service de base d’approvisionnement en eau potable en 2019.

Point de lavage des mains dans un centre de santé à Turgeau ©Solidarités International

Un sursaut est urgent car l’eau insalubre tue et elle est un frein puissant à tout développement. L’action est à mener sur deux fronts simultanés : celui de l’action humanitaire et du développement auprès des populations vulnérables mais aussi envers les institutions pour que les politiques et les moyens indispensables soient mobilisés et mis en œuvre !

Changer de rythme et de moyens est aujourd’hui la condition de l’accès universel à l’eau potable, à l’assainissement et à la santé conformément aux engagements pris en 2015 à l’unanimité par 195 États à l’ONU.

Par Antoine Peigney, Président de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL et Alain Boinet, Fondateur de SOLIDARITÉS INTERNATIONAL

Article extrait du Baromètre de l’Eau, de l’Assainissement et de l’Hygiène 2021 de Solidarités International.


Qui est Antoine Peigney ?

Antoine Peigney, est depuis juin 2018, et à titre bénévole, le président élu de Solidarités-International. Il anime un Conseil d’administration de 18 personnes, qui assure la gouvernance de l’ONG, engagée dans 19 pays pour servir 4.7 millions de personnes avec 2000 salariés.

D’un point de vue professionnel, il est depuis juillet 2017 le directeur du département Santé d’Expertise France, l’agence française d’expertise technique internationale.

De 1998 à 2016, il a dirigé les opérations internationales de la Croix-Rouge française. Pendant cette période, Antoine Peigney a engagé des équipes dans près de quatre-vingt pays, au titre des réponses aux crises, et dans l’aide au développement et à la coopération. Auparavant il avait effectué plusieurs missions sur le terrain, de 1990 à 1995, principalement dans la Corne de l’Afrique et en ex-Yougoslavie, mais aussi en Roumanie, au Liban, en Mauritanie, en Angola et en Haïti, et il a été responsable des programmes en Afrique au siège de l’ONG EquiLibre, de 1995 à 1997. A ce titre, il a encadré des missions au Mali, au Niger, à Madagascar, au Burundi, en Ouganda et au Maroc.

Antoine Peigney est auditeur de l’Institut des hautes études de la défense nationale, session politique de défense 2013/2014, et est diplômé en 1991 de l’Institut Bioforce-Développement de Lyon.


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