Syrie : la médecine en première ligne

@UOSSM

Entretien avec le Docteur Ziad Alissa, cofondateur et Président de l’UOSSM France et le professeur Raphaël Pitti, Responsable formation de l’UOSSM France par Pierre Brunet.


Pierre Brunet : Rappelons que l’UOSSM France, c’est l’Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux. C’est une ONG française et internationale dont la mission est de garantir aux populations affectées par la guerre en Syrie un accès permanent à des soins de santé de qualité et gracieux.

Commençons par des questions simples. Comment et pourquoi est née l’UOSSM France ? Au départ, vous pensiez que c’était pour du court-terme, et dix ans après vous faites encore des missions régulières, à former des soignants en Syrie et dans les pays alentour. Est-ce que la naissance de l’UOSSM France a été une réponse à un appel à l’aide des soignants syriens auxquels vous avez répondu, ou une prise de conscience spontanée de médecins et de soignants de la diaspora syrienne et de Français qui ont décidé, au vu de ce qui se passait en Syrie, de s’engager, de fonder l’UOSSM France et de tout faire pour répondre à l’urgence ? Question subsidiaire : aujourd’hui l’UOSSM France, ça représente combien de personnes ?

Docteur Ziad Alissa de l’UOSSM en Syrie ©UOSSM

Ziad Alissa : L’UOSSM France a été une réponse à la demande de nos collègues syriens. Au début c’est vrai que nous avons pensé que c’était quelque chose à court terme. Au début, chacun parmi nous, dans la diaspora syrienne, je parle de l’Europe, des Etats-Unis, je parle même des pays du Golfe, a essayé d’aider à sa manière. Beaucoup de collègues ont fait des allers-retours de façon individuelle, moi aussi. Nous avons commencé à nous rencontrer là-bas, sur la frontière, les collègues qui sont partis en Turquie pour essayer d’aider à travers le Nord de la Syrie, mais aussi en Jordanie, au Liban. Au bout de quelques mois, nous avons senti que la catastrophe nécessitait une réponse plus grande qu’une aide individuelle. Nous avons pris conscience qu’il fallait construire une réponse collective. Pour arriver à répondre aux besoins, parce que ceux-ci dépassaient les moyens individuels.

Pierre Brunet : L’UOSSM France, en novembre 2021, ça représente combien de personnes ?

Ziad Alissa : Le plus gros des effectifs de l’UOSSM France est en Syrie. Aujourd’hui, nous sommes plus de 1.100 salariés en Syrie, à Gaziantep en Turquie, à Erbil en Irak et en France.

©UOSSM

Pierre Brunet : Abordons la situation humanitaire et sanitaire en Syrie aujourd’hui. L’ONU il y a quelques temps a dit qu’il y avait plus de 350.000 personnes qui avaient été tuées en dix ans de guerre en Syrie. L’observatoire syrien des droits de l’homme parle d’au moins 500.000 tués, et peut être 200.000 morts de plus. L’UOSSM cite le chiffre d’au moins 500.000 morts directes, sans compter les morts indirectes, car les maladies chroniques ne pouvant pas, ou très mal, être prises en charge, il y a un grand nombre de morts indirectes difficiles à comptabiliser, que vous évaluez entre 1.5 et 2 millions. Vous rappelez qu’il y a 13.4 millions de personnes en Syrie qui ont besoin d’une assistance humanitaire, 75% de la population syrienne dépend de l’aide humanitaire pour sa survie quotidienne, 60% des structures sanitaires sont détruites, plus de 90% de la population syrienne est au-dessous du seuil de pauvreté et 80% des structures économiques sont détruites. Que peut-on dire au-delà des chiffres ?

Ziad Alissa : Il est vrai que le nombre de morts que nous citons est plus élevé que le chiffre que l’on entend, par la voix soit de la Syrie officielle, soit de gens qui prennent en compte simplement les morts directes annoncées. Or il y a beaucoup de décès qui n’ont pas été annoncés. Il ne faut pas oublier que lorsque l’on voit les victimes directes à la suite de bombardements ou d’opérations militaires, il y a aussi des dizaines de milliers de gens qui ont été arrêtés dans les prisons, torturés et en sont décédés. Tout ça n’est pas pris en compte. Il ne faut pas oublier aussi, comme vous venez dire et comme l’UOSSM France l’a constaté, que le système de santé, dans les zones non contrôlées par Damas en Syrie, est complètement effondré. Ce système ne répond pas aux besoins quotidiens des populations. En plus des victimes directes, il y a les victimes indirectes, les malades chroniques qui ne trouvent pas leurs traitements, les problèmes par exemple de crises cardiaques sans service de radiologie pour faire une coronarographie en urgence, nous le voyons tous les jours. Les malades avec des cancers qui ne trouvent plus leurs traitements et les centres pour soigner les cancers, les insuffisants rénaux chroniques qui ne trouvent pas de centres pour se faire dialyser. Donc beaucoup de victimes ne sont pas dans les statistiques. Quand nous avons constaté cela, nous avons indiqué que les chiffres étaient plus élevés en réalité que ceux annoncés. Et toute la Syrie connaît cette absence d’accès aux services de santé, pas seulement dans le nord du pays. Je pense que les chiffres cités par l’UOSSM France et d’autres ONG sur le terrain s’approchent plus de la vérité et démontrent une réalité encore plus dramatique que ce qui est dépeint ans les médias.

©UOSSM

Pierre Brunet : Professeur Pitti, avez-vous quelque chose à ajouter ?

Raphaël Pitti : Il y a un effondrement du système sanitaire. Regardez l’impact du Covid par exemple. Nous intervenons sur la zone d’Idleb en particulier, où vous avez 4.2 millions de personnes, dont 2.8 millions qui sont des réfugiés venus de la zone d’Alep, de la Ghouta ou d’ailleurs, et qui vivent le plus souvent sous tente dans des conditions très précaires, dépendant totalement de l’aide humanitaire internationale, puis d’un seul coup apparaît le Covid. Comment, à ce moment-là, envisager de faire de l’isolement pour ces gens quand ils sont confinés à vivre sous tente, à devoir chercher tous les jours leur nourriture, à aller chercher l’eau, à aller aux toilettes, etc ? Aujourd’hui, plus de 90% des cas identifiés de la zone proviennent du variant Delta, le taux de mortalité est très important. Et quand nous parlons de tri des gens en France, en disant « Dans les services de réanimation nous avons trié les malades, compte tenu de la situation telle qu’elle se présentait » comme si c’était une situation de catastrophe, que penser alors de la situation dans cette zone de Syrie, quand il n’y a que 200 lits de réanimation occupés à 100%, quand on manque d’oxygène médical, qu’il n’y a que 95 respirateurs, quand il n’y a pas d’appareil pour monitorer les taux d’oxygène et de gaz carbonique dans le sang, quand il n’y a pas d’antibiotiques, quand il n’y a pas suffisamment de corticoïdes ? Que penser de la situation de cette population, qui de surcroît présente un taux de dénutrition très important, ce qui la rend très vulnérable sur le plan des défenses immunitaires ? Nous avons demandé à Médecins du Monde, qui travaille aussi dans ces zones-là, de venir avec nous rencontrer le Commissaire à l’action humanitaire de l’Union Européenne à Bruxelles, il y a à peu près trois mois. Nous sommes allés leur dire combien la situation était grave en Syrie. Et pas seulement dans les zones du nord de la Syrie, mais bien sur l’ensemble du territoire syrien. Avec en plus la crise économique au Liban qui impacte la situation déjà extrêmement difficile en Syrie. Nous avons expliqué qu’il y a un risque de famine en Syrie, surtout dans cette période hivernale où nous arrivons en période de rupture, c’est-à-dire cette période où les récoltes ont été consommées et où il faut attendre les prochaines récoltes, et qu’il n’y a pas d’argent pour aller acheter les denrées les plus urgentes dont les gens ont besoin. Donc voilà une situation terrible pour la Syrie, pas seulement pour les zones encore contrôlées par des groupes rebelles, mais sur l’ensemble du territoire syrien.

©UOSSM

Pierre Brunet : Justement parlons de la malnutrition. Je rappelle qu’un enfant sur trois est en état de malnutrition en Syrie. Parallèlement à votre aide médicale, sanitaire, vous développez une aide en réponse à cette situation, au risque de famine que le professeur Pitti vient d’expliquer ?

Ziad Alissa : Nous avons, à l’UOSSM France, des centres de soins primaires à l’intérieur de la Syrie. A travers ces centres qui reçoivent des mamans, des enfants et des malades pour des examens quotidiens, nos équipes sur place ont constaté de nombreux cas d’enfants malnutris. Nous avons voulu aller plus loin et réaliser une étude auprès des enfants des camps de déplacés, les examiner et déterminer les causes de la malnutrition. Nous avons surtout été à la rencontre des populations qui vivent dans les camps de déplacés à l’intérieur de la Syrie, et leur situation est beaucoup plus grave et dramatique. Déplacés à l’intérieur la Syrie, ils n’ont pas le statut de réfugiés, donc pas d’aide humanitaire comme ceux dans les camps de réfugiés en Turquie, au Liban, en Jordanie. Le statut de réfugiés dans les pays limitrophes leur permet d’avoir accès à un minimum d’aide humanitaire pour vivre. Tandis qu’à l’intérieur de la Syrie, ils dépendent complètement d’associations comme l’UOSSM France pouvant y travailler. La malnutrition débute avec les mamans qui n’arrivent pas à allaiter leurs enfants comme il faut, car elles-mêmes sont malnutries. Leur situation est misérable. La livre syrienne a beaucoup perdu de sa valeur. Les populations n’arrivent pas à se nourrir correctement parce qu’elles n’ont pas les moyens d’acheter à manger. Comme les jeunes mamans sont malnutries et n’arrivent pas à allaiter leurs enfants, elles ont besoin de lait infantile, qui est difficile à trouver sur place. Nous savons qu’un enfant malnutri est un enfant qui va attraper des maladies facilement. Les familles vivent dans des conditions d’hygiène déficientes, souvent dans des tentes, il n’y a pas de sanitaires appropriés. Tous ces éléments génèrent une galaxie de problèmes autour de la malnutrition, et nos équipes sur place l’ont constaté. Nous avons mis en place des programmes pour lutter contre la malnutrition, mais malgré toute la bonne volonté de nos équipes, malgré tous les moyens de l’UOSSM France, ce fléau de la malnutrition persiste chez les enfants. Nous avons vu des familles qui ne mangent que deux repas par jour, voire un seul repas parfois, pour laisser la nourriture aux enfants, et malgré ça jusqu’à maintenant nous n’avons pas réussi à lutter comme il le faudrait contre la malnutrition des enfants dans les camps de déplacés.

©UOSSM

Pierre Brunet : J’ai été frappé par un terme dans l’une de vos dernières lettres d’information, où vous expliquez que sur près de trois millions de personnes vivant dans la région d’Idleb, 40% sont des déplacés de guerre, et une grande partie d’entre eux ressent ce que vous appelez un « chaos psychologique ». Je rappelle d’ailleurs qu’il y a une reprise des bombardements sur la région d’Idleb depuis octobre dernier, avec les traumatismes de ces situations de guerre. Est-ce que vous pouvez développer cette notion de chaos psychologique ?

Raphaël Pitti : Il faut essayer d’imaginer ce que peut être la situation de ces personnes, qui ont été déplacées, qui ne vivent plus chez elles, qui dépendent essentiellement de l’aide humanitaire internationale, avec la pression russe, en particulier au niveau du Conseil de sécurité, qui tente de faire fermer tous les corridors humanitaires. Il ne reste plus qu’un seul corridor humanitaire ouvert, et celui-ci devrait se terminer au mois de décembre. Sera-t-il renouvelé ? Quelle va être la situation de cette population si l’aide humanitaire internationale ne peut plus transiter par la Turquie pour lui être distribuée ? L’avenir est totalement incertain, avec de surcroît ces bombardements constants, la situation sanitaire telle que nous l’avons décrite. Quelle est l’espérance que l’on peut donner à ces gens dans cette situation, qui en même temps vivent dans des camps ? Il n’y a pas d’éducation, il n’y a pas de possibilités pour les jeunes de poursuivre des études supérieures. Que pensez-vous que cela puisse donner sur le plan psychologique si on ne peut absolument pas se projeter dans l’avenir, quand on sait qu’à tout moment un avion peut passer, bombarder et vous tuer ? Il y a un stress profond, très important, générant une situation de traumatisme psychologique constant. Toutes les expériences faites en laboratoire animal le montrent : il suffit de mettre des souris dans une situation de stress constant, journalier, continu, sans espoir de s’en sortir, pour voir l’état de dépression dans lesquels se retrouvent ces animaux. C’est ça la réalité de la population qui vit à Idleb. Elle ne sait pas de quoi demain sera fait, et aujourd’hui est extrêmement difficile. On ne peut pas s’attendre à ce que cette population soit heureuse de vivre comme elle vit. Donc le terme utilisé par le docteur Ziad Alissa est bien celui-là, c’est un véritable « chaos » au sens psychologique du terme que vit cette population.

Professeur Raphaël Pitti de l’UOSSM en Syrie ©UOSSM

Pierre Brunet : Vous avez abordé la question des points de passage de l’aide humanitaire en Syrie, sur laquelle je voulais vous questionner. Je rappelle qu’après dix ans de conflits, l’aide humanitaire internationale reste le moyen de survie essentiel d’une grande partie de la population syrienne. Et pourtant, comme vous l’avez rappelé, professeur Pitti, elle est entravée par la remise en cause de la résolution 2165 adoptée en 2014 à l’unanimité, qui n’a été prolongée que jusqu’à fin décembre 2021. Rappelons que 50.000 camions d’aide humanitaire avaient pu bénéficier de ces points de passage depuis 2014, et que 1.000 camions de l’ONU transitent, chaque mois, par le couloir humanitaire de Bab Al-Hawa qui est le seul à être encore ouvert, au Nord-Ouest de la Syrie, à la frontière turque. Il y a trois autres points de passage aujourd’hui fermés : celui Bab Al-Salam également au Nord Nord-Ouest à la frontière turque, celui d’Al Yarubiyah au Nord Nord-Est à la frontière irakienne et celui de Al Ramtha au Sud Sud-Ouest à la frontière jordanienne. Selon-vous, sur ces quatre points de passage qui avaient été approuvés au départ par la résolution de l’ONU, quels sont ceux qu’il faudrait rouvrir en priorité, en plus de maintenir celui de Bab Al-Hawa, qui est le dernier cordon vital ? 

Ziad Alissa : Vous avez bien situé les quatre corridors. Actuellement, il n’y a que celui de Bab Al-Hawa d’ouvert. Les couloirs humanitaires sont utilisés par tous ceux qui travaillent sur le terrain pour acheminer l’aide humanitaire à l’intérieur de la Syrie dans les zones non contrôlées par Damas. En tant qu’ONG médicale, cette aide humanitaire se traduit principalement pour nous par des médicaments, des consommables et tout ce dont ont besoin les hôpitaux. D’autres associations humanitaires acheminent de la nourriture, des biens de première nécessité. Tous ces couloirs humanitaires sont essentiels pour pouvoir apporter l’aide humanitaire à l’intérieur de la Syrie dans ces zones. Or ce que nous voyons, avec les vétos russes et chinois à l’ONU, c’est que tous les six mois nous devons nous mobiliser pour renouveler ces ouvertures. Maintenant décembre s’approche de nouveau, et nous allons encore vivre cette angoisse :  est-ce que l’ouverture sera renouvelée ou pas ? Nous savons que la Russie pousse pour l’aide « crossline » à l’intérieur de la Syrie. Or le crossline signifie que toute l’aide humanitaire passe par Damas, à travers des lignes de combat. Et le constat de tous les gens qui travaillent à l’intérieur de la Syrie, c’est que lorsque cette aide passe par Damas, elle n’arrive pas jusqu’aux gens qui en ont besoin. Malheureusement l’aide humanitaire, ces dernières années, a été utilisée comme arme de guerre, c’est une réalité. Tous les gens qui travaillent sur le terrain le savent. Ils choisissent à qui ils veulent donner cette aide humanitaire. C’est inacceptable.  Ils utilisent la technique du siège pour étouffer les populations et tout une ville. Nous avons vu cela à Al Boutan, à Deraa, et ailleurs : une ville est encerclée, en état de siège, et on lui interdit le passage de l’aide humanitaire. Nous l’avons vu à la Ghouta et à Alep Est par exemple, des enfants qui meurent car ils n’ont pas trouvé de médicaments ou de nourriture. Donc si ce dernier couloir humanitaire est fermé, si nous allons dans le sens proposé par la Russie, il y aura une catastrophe humanitaire supplémentaire parce que des zones entières seront complètement coupées du monde sans qu’on puisse amener l’aide humanitaire. Nous avons vu les exemples d’Alep pendant cette guerre, où pour vider une zone et pousser les gens à la quitter, l’aide humanitaire est bloquée. Ce que nous cherchons, c’est à stabiliser ces zones-là. Et pour stabiliser ces zones-là il faut continuer à amener aux gens ce dont ils ont besoin, les besoins quotidiens. Ils ont besoin de manger, ils ont besoin de se soigner, ils ont besoin d’un toit, ils ont besoin de s’occuper de leurs enfants et surtout ils ont besoin que les bombardements, les morts s’arrêtent. Et le couloir humanitaire essentiel de Bab Al-Hawa ne suffit pas pour tout le Nord de la Syrie. Il faut réouvrir impérativement tous les couloirs humanitaires. Ce que nous demandons, c’est l’ouverture sans limite de temps et sans condition des quatre couloirs humanitaires qui avaient été décidés à l’origine.

AVERTISSEMENT aux lecteurs : La seconde partie de cet interview sera publiée dans la prochaine édition de Défis Humanitaires n° 60 le mardi 11 janvier 2022.

 


Docteur Ziad Alissa, cofondateur et Président de l’UOSSM France

Médecin anesthésiste-réanimateur, le Docteur Ziad Alissa s’engage dès le déclenchement du conflit en Syrie dans la mise en place d’une aide médicale et humanitaire auprès des soignants en Syrie en co-fondant l’ONG médicale française et internationale UOSSM, l’Union des Organisations de Secours et Soins Médicaux. Il a réalisé une quarantaine de missions humanitaires en Syrie et dans les pays limitrophes en Turquie, Liban, Jordanie. Formé à la médecine de guerre par le Pr Raphaël Pitti, il coordonne la mise en place de programmes de formation de soignants en Syrie ayant permis de former 31.000 soignants depuis 2012.

Professeur Raphaël Pitti, Responsable formation de l’UOSSM France

Raphaël Pitti est professeur agrégé de médecine d’urgence, anesthésiste-réanimateur, médecin-général des armées. Spécialiste de la médecine de guerre, il rejoint l’UOSSM France en 2012 comme responsable formation et permet la formation de dizaine de milliers de soignants. Le 1er mars 2021, il a effectué trente et une missions humanitaires auprès des soignants syriens dans le nord du pays. En juin 2021, il réalise avec le Dr Ziad Alissa la première formation à Raqqa pour lutter contre la COVID-19.

Pierre Brunet, écrivain et humanitaire :

Né en 1961 à Paris d’un père français et d’une mère espagnole, Pierre Brunet a trouvé sa première vocation comme journaliste free-lance. En 1994, il croise sur sa route l’humanitaire, et s’engage comme volontaire au Rwanda, dévasté par un génocide. Il repart début 1995 en mission humanitaire en Bosnie-Herzégovine, alors déchirée par la guerre civile. Il y assumera les responsabilités de coordinateur de programme à Sarajevo, puis de chef de mission.

A son retour en France fin 1996, il intègre le siège de l’ONG française SOLIDARITES INTERNATIONAL, pour laquelle il était parti en mission. Il y sera responsable de la communication et du fundraising, tout en retournant sur le terrain, comme en Afghanistan en 2003, et en commençant à écrire… En 2011, tout en restant impliqué dans l’humanitaire, il s’engage totalement dans l’écriture, et consacre une part essentielle de son temps à sa vocation d’écrivain.

Pierre Brunet est Vice-Président de l’association SOLIDARITES INTERNATIONAL. Il s’est rendu sur le terrain dans le Nord-Est de la Syrie, dans la « jungle » de Calais en novembre 2015, ou encore en Grèce et Macédoine auprès des migrants en avril 2016.

Les romans de Pierre Brunet sont publiés chez Calmann-Lévy :

  • Janvier 2006 : parution de son premier roman « Barnum » chez Calmann-Lévy, récit né de son expérience humanitaire.
  • Septembre 2008 : parution de son second roman « JAB », l’histoire d’une petite orpheline espagnole grandie au Maroc qui deviendra, adulte, une boxeuse professionnelle.
  • Mars 2014 : sortie de son troisième roman « Fenicia », inspiré de la vie de sa mère, petite orpheline espagnole pendant la guerre civile, réfugiée en France, plus tard militante anarchiste, séductrice, qui mourut dans un institut psychiatrique à 31 ans.
  • Fin août 2017 : sortie de son quatrième roman « Le triangle d’incertitude », dans lequel l’auteur « revient » encore, comme dans « Barnum » au Rwanda de 1994, pour évoquer le traumatisme d’un officier français à l’occasion de l’opération Turquoise.

Parallèlement à son travail d’écrivain, Pierre Brunet travaille comme co-scénariste de synopsis de séries télévisées ou de longs-métrages, en partenariat avec diverses sociétés de production. Il collabore également avec divers magazines en publiant des tribunes ou des articles, notamment sur des sujets d’actualité internationale.

 


Pour aller plus loin :

Dakar : entretien exclusif pour le Forum Mondial de l’Eau

Serigne Mbaye Thiam, Abdoulyale Sene et Patrick Lavarde @GPE/Ludovica Pellicioli, Forum Mondial de l’Eau et Défis Humanitaires.

Entretien avec Mr Serigne Mbaye Thiam, Ministre de l’Eau et de l’Assainissement du Sénégal, Patrick Lavarde, Co-Président du Comité International de Pilotage et Abdoulyale Sene, Co-Président du 9ème Forum Mondial de l’Eau lors de la réunion préparatoire des parties prenantes les 14 et 15 octobre 2021 à Dianiadio/Dakar au Sénégal.


Alain Boinet : Le prochain Forum Mondial de l’Eau, qui aura lieu du 21 au 26 mars 2022 à Dakar au Sénégal, tiendra t’il toutes ses promesses.

Serigne Mbaye Thiam : D’abord ce que je voudrais indiquer que le président Macky Sall et le Sénégal ont la légitimité au niveau mondial d’élever le débat sur l’eau au niveau des chefs d’Etats, de gouvernement, et des grandes institutions. Je rappelle que lors de sa présidence du Conseil de Sécurité de l’ONU, c’est le Sénégal, par la voix du chef de l’Etat qui a pour la première fois en 70 ans, posé un débat sur l’eau au Conseil de sécurité, c’était la paix et sécurité. Tout le monde s’est rendu compte à l’époque qu’effectivement en 70 ans c’était la première fois que la question de l’eau était posée au Conseil de sécurité et cette initiative du Sénégal a permis d’ouvrir le débat en plaçant la question de l’eau à un niveau mondial.

Et c’est dans le continuum de cette initiative que le Président a pensé que pour le Forum de l’Eau de Dakar qui se tient en mars 2022, il faudrait innover et élargir à côté des acteurs gouvernementaux, ceux de la société civile, du secteur privé, des collectivités, des parlements. Il faut en profiter pour faire un sommet des chefs d’État des gouvernements et des grandes institutions. La question de l’eau est une question éminemment politique et ce matin lors des premières interventions au cours de ces deux réunions des parties prenantes, beaucoup sont revenus sur la question de l’engagement politique au plus haut niveau.

C’est cet engagement politique au plus haut niveau que le Président Macky Sall a voulu imprimer en perspective justement de cette conférence de 2023 aux Nations Unies sur les questions de l’eau et je suis persuadé que c’est une question qui va traverser aussi sa présidence de l’Union africaine en 2022.

Le Président de la République du Sénagal Macky Sall, à la tribune des Nations Unies en septembre 2016 @ONU

Défis Humanitaires : Le thème de ce forum est celui de « La sécurité de l’eau pour la paix et le développement ». Ne risque-t-il pas d’oublier les pays et populations qui ne sont ni en paix ni en développement, qui font face à des crises et qui ont un urgent besoin d’accès à l’eau et à l’assainissement comme les pays du Sahel ?

Serigne Mbaye Thiam : Je pense que le thème du forum déjà renseigne sur la volonté et l’ambition que nous avons d’avoir une vision holistique de l’eau, le thème je le rappelle, la sécurité de l’eau pour la paix et le développement. Dans le terme il y a le mot « sécurité » il y a le mot « paix » et il y a le mot « développement ».

Nous avons voulu toucher tous les secteurs et je suis persuadé qu’au niveau des sessions spéciales que nous aurons, au niveau des débats du forum, nous aurons à adresser la question de l’accès à l’eau de façon générale. Je veux parler de l’hydraulique et en même temps de l’assainissement. Nous aurons à aborder ces questions dans des contextes difficiles où les populations sont vulnérables ou défavorisées, y compris dans des zones de crises où ces questions-là peuvent poser des enjeux qui  ne sont peut-être pas de développement mais plutôt de survie.

Défis Humanitaires : A l’issue de ces deux jours des parties prenantes à Dakar, est-ce que le FME est bien sur les rails ?

Abdoulaye Sene : Oui c’est une question à laquelle nous répondons par un oui très optimiste et très réaliste parce que tout simplement nous avons investi beaucoup d’énergie, beaucoup de consultations et d’échanges pour élaborer ce que devait être le contenu du forum. Aujourd’hui nous sommes très satisfaits de constater que les groupes consultatifs qui ont été mis en place et qui regroupent plus de 1000 acteurs ont pu produire des solutions extrêmement pertinentes très inclusives et très concrètes aussi.

Nous considérons donc que du point de vue du contenu thématique nous avons la matière et que nous sommes absolument confiant quant à l’intérêt que ce contenu va susciter et donc aussi au succès que devait avoir en termes de résultat concret, en terme de propositions concrètes, en terme d’initiatives marquantes pour que ce forum soit un forum solide. Et sur le plan de l’engagement des acteurs on peut constater qu’avec le taux de participation que nous avons obtenu, dans un contexte très particulier de pandémie, cela nous conforte car le monde est en train de redémarrer et aujourd’hui on voit clairement que les acteurs de l’eau apportent une réponse très positive.

Les participants de cette réunion des 14 et 15 octobre au Sénégal à Diamniadio sont venus des tous continents, d’Afrique du Sud, d’Europe, d’Asie, d’Amérique et comme vous le voyez aussi au Sénégal nous avons une situation qui offre de belles embellies. Nous sommes très confiants quant au fait que nous devrions avoir un forum aussi en présentiel avec tous les impacts au plan économique, social et politique.

Défis Humanitaires : Si le FME est bien sur les rails, arrivera-t-il à l’heure au Forum de Dakar le 21 mars 2022 ?

Patrick Lavarde : Je pense que nous pouvons dire que le forum est sur les rails. A 5 mois de l’échéance, nous sommes comme je le disais ce matin dans la dernière ligne droite. Nous avons atteint l’objectif pour ce qui concerne le volet thématique des 4 priorités du forum puisque les groupes qui ont travaillé dans des conditions difficiles ont produit 92 sessions, c’est dire moins de 100, qui est l’objectif qui était assigné, qui couvre bien les 4 priorités, tous les grands enjeux liés aux cibles des ODD. Et nous sommes maintenant en train de travailler sur les messages et actions politiques avec les différent segments politiques. Les choses sont bien avancées avec les autorités locales, on l’a entendu ce matin et avec les bassins et nous travaillerons d’ailleurs demain avec les parlementaires.

Dakar, Diamniadio, réunion des parties prenantes 5 mois avant le 9ème Forum Mondial de l’Eau du 21 au 26 mars 2022. @Alain Boinet

Défis Humanitaires : Vous avez voulu que ce FME soit celui des solutions et des actions concrètes, le sera-t-il vraiment ?

Abdoulaye Sene : Vous avez certainement dû noter que nous avons mis en œuvre une grande innovation pour ce forum avec l’initiative Dakar 2022 qui a suscité un très grand intérêt et l’écho est très favorable dans tous les continents et cette dynamique que nous avons enclenché nous a permis véritablement d’apporter déjà des réponses. Ces réponses il faudra les consolider puis travailler à passer à l’échelle. Mais au-delà de cela, nous avons cherché à encourager les acteurs à discuter, échanger, mais surtout faire des propositions concrètes. Nous pouvons considérer que ce qui est ressorti de ces échanges va nous permettre véritablement d’avoir des propositions très concrètes, très faciles à traduire en action.

Les groupes consultatifs ont élaboré des propositions, nous allons nous appuyer sur ces propositions pour préparer certainement une grande déclaration politique que les chefs d’États vont endosser dès le premier jour du forum et confier cette déclaration aux différents segments politiques, ministériels, élus locaux, les parlementaires, les évaluations de bassins pour décliner cela en action et mettre cela en œuvre. Et c’est pourquoi c’est un processus un peu inversé. D’habitude on dit les gens discutent et après ?? Ici il y a eu une discussion préalable qui a abouti à des propositions, ces propositions vont nous permettre d’élaborer une déclaration que les politiques vont engager au plus haut niveau. Après cette adoption, il y aura une déclinaison sur le terrain qui va suivre. Nous sommes convaincus que de cette manière-là on va accélérer l’action.

Défis Humanitaires : Durant cette réunion des parties prenantes les 14 et 15 octobre, on est surtout  resté sur des considérations générales plutôt que sur des projets concrets en matière d’eau et d’assainissement.  Comment passer maintenant des idées aux actes ?

Patrick Lavarde : Je pense qu’il faut attendre d’avoir le détail des sessions pour se rendre compte effectivement. Le risque est tout à fait évident. Il faut se souvenir que l’on a demandé aux différents groupes d’action de travailler sur la base de projets qui sont soit des choses très concrètes sur des territoires, soit des actions à mener. Dans d’autres cas ce sera peut-être un peu plus conceptuel mais il me semble que l’on aura une base assez solide sur le plan concret et je suis assez confiant sur les segments politiques puisque, si je prends l’exemple des autorités locales, le sujet élu avec l’OCDE prévoit en particulier dans le cas des villes d’Afrique, sur la base de l’étude qui a été réalisé dans les derniers mois par l’OCDE, de mettre en place un observatoire de l’évolution de la prise en compte de l’accès à l’eau, à l’assainissement dans les villes d’Afrique qui sont quand même un enjeu majeur avec la croissance démographique et la concentration urbaine sur ce continent. Et d’avoir un dispositif d’appui permanent tel que l’OCDE l’a fait sur les principes de gouvernance après le 5ème FME à Marseille en 2012. On est donc sur le même exemple et c’est quelque chose d’extrêmement opérationnel et complet.

Darfour, l’eau est rare et difficile d’accès en saison sèche. ©William Daniels

Défis Humanitaires : Le prochain Forum de Dakar ne risque t’il pas d’oublier la réalité des situations de conflit ou de catastrophe en Afrique même et ailleurs dans le monde ?

Abdoulaye Sene : Ce que je vais répondre d’abord à cette question très importante c’est de dire que nous devons garder à l’esprit que certain de ces conflits ont été attisés ou formalisés par les difficultés d’accès à l’eau. Si vous regardez dans certaines zones aujourd’hui engagées dans les conflits multiples, vous verrez qu’il y à la base des compétitions fortes sur les ressources naturelles, en particulier sur l’eau. C’est des conflits entre éleveurs et agriculteurs, c’est aussi une restriction de la disponibilité de l’eau pour les éleveurs, et vous verrez que dans la plupart de ces zones, il y à la base le problème de l’eau qui même s’il n’est pas à l’origine première contribue à aggraver la situation. Donc s’occuper du problème de l’accès à l’eau ça conduit déjà à prévenir les conflits, ça permet de contenir les crises dont on a parlé. Ça c’est une partie de la réponse. La deuxième partie de la réponse c’est de dire que dans les situations de crise, les populations sont encore beaucoup plus confrontées à des difficultés parce que la crise génère des problèmes d’accès à l’eau.

Donc il faut que les stratégies soient développées, que les technologies soient développées, que les modalités également de solidarité soient mises en place pour que dans ces zones de conflits on puisse continuer à garantir et à assurer un accès à l’eau pour la vie, pour le bien être, pour la santé et simplement pour l’alimentation. Et également qu’on s’assure que les dispositions qui ont été prises permettront à ces populations d’envisager l’avenir avec beaucoup plus d’espoir, de consolider des situations de paix qu’il faut nécessairement construire après ces conflits-là. Le reste, fondamentalement essentiel d’abord pour réduire les listes de conflits, mais également pour gérer les situations difficiles qui résultent de ces conflits ainsi que pour prévoir le post-conflit.

Défis Humanitaires : Comment souhaitez-vous conclure à 5 mois du Forum de Dakar.

Patrick Lavarde : Ce forum est un Forum Mondial de l’Eau, ce n’est pas un forum des conditions du développement. Mais nous savons les uns et les autres que là où il y a insécurité il y a, par exemple, des mouvements migratoires de population et celles-ci doivent trouver des conditions d’accueil qui soient décentes, correctes. Donc, évidemment, avoir accès à une eau potable en quantité suffisante, des conditions d’assainissement qui concernent aussi la santé.

Et là, il va y avoir d’excellente sessions, qui seront d’ailleurs proposées par le groupe d’action sur la sécurité de l’eau, notamment sous l’impulsion de Solidarités International et d’autres acteurs. De même, ce qui est en train d’être préparé sur le processus des bassins, la mise en place d’organisations de bassins comme elles existent dans certaines zones du Sénégal est aussi une forme de réponse pour contribuer finalement à la sécurité sans prétendre régler simultanément tous les problèmes existants. Le forum est un lieu privilégié pour faire progresser la cause de l’eau et de l’assainissement dans toute leurs dimensions et inspirer les décideurs.


Biographie de Serigne Mbaye Thiam

Après avoir effectué ses études élémentaires et secondaires au Sénégal, il poursuivit ses études supérieures en France, sanctionnées par un Diplôme d’Etudes supérieures commerciales, administratives et financières de l’Ecole supérieure de Commerce et d’Administration des Entreprises de Rouen (Rouen Business School) et un Diplôme d’Expertise Comptable de l’Etat français.
Il a été Directeur administratif et financier du Port autonome de Dakar et a exercé aussi des activités de consultant en gestion, organisation, finances et comptabilité.
Il a occupé les fonctions de Conseiller régional et Vice-président du Conseil régional de Kaolack, Député, Vice-président de la Commission de l’Economie et des Finances et Rapporteur général du Budget de l’Assemblée nationale en 2001.
Il a également assumé les fonctions de ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, Porte-parole du gouvernement du 04 avril 2012 au 29 octobre 2012 et Ministre de l’Education nationale du 29 octobre 2012 au 7 avril 2019.
Monsieur Serigne Mbaye THIAM est actuellement Ministre de l’Eau et de l’Assainissement depuis le 07 avril 2019.
Il a été président en exercice de la CONFEMEN (Conférence des ministres de l’Education de la Francophonie).
En mai 2018, il a été nommé Vice-Président du Conseil d’Administration du Partenariat mondial pour l’Education.

Avant cela, de février 2014 à décembre 2015, il a présidé le Comité « Gouvernance, Ethique, Risque et Finances » du Partenariat mondial pour l’Education et a été membre du Conseil d’Administration et du Comité de coordination.
Au titre de son engagement associatif, il a été Trésorier général de la Fédération sénégalaise de Football ; il a aussi été l’initiateur et le premier Président du Mouvement national des supporters du Football sénégalais


Biographie de Patrick Lavarde :
Ingénieur général des ponts des eaux et des forêts, Patrick LAVARDE est membre permanent du Conseil général de l’environnement et du développement durable. Il a été gouverneur du Conseil Mondial de l’Eau (2012-2018) et président de l’Association Internationale des Ressources en Eau (IWRA) entre 2016 et 2018. Il a contribué à l’organisation du 6ème Forum Mondial de l’Eau à Marseille, notamment comme co-président de la commission thématique, et était membre du bureau du comité de pilotage international du 8ème forum à Brasilia. Il a créé l’Office National de l’Eau et des milieux aquatiques dont il fut le directeur général de 2007 à 2012. Entre 1998 et 2007, il a occupé les fonctions de directeur général de l’Institut National des Sciences et Technologies de l’Environnement et de l’Agriculture. Auparavant, il a exercé différentes responsabilités dans l’administration centrale et déconcentrée dans les secteurs de la forêt, de l’eau et de l’agriculture.


Biographie de Abdoulaye Sene :
Président du comité national pour l’organisation du 9ème Forum Mondial de l’Eau, « Dakar 2021 ».
Président du Conseil d’Administration de la SOGEM/OMVS (2013-2017).
Président-fondateur du Think-tank international Global Local Forum.
Député et Président de la Commission du Développement et de l’Aménagement du Territoire de l’Assemblée Nationale de la République du Sénégal, ( 2007-2012).
Président du Conseil Régional de Fatick (2002-2009).
Conseiller Spécial du Ministre des Mines, de l’Energie et de l’Hydraulique du Sénégal (2001-2002). Chef de la Mission d’Etudes et d’Aménagement des Vallées Fossiles (1994-2000).
Directeur national de l’Hydraulique et du Génie Rural (1984 à 1994).
Expert, en Hydraulique, changements climatiques, Décentralisation, Gouvernance et développement local.