Le risque d’abandon de tous les objectifs mondiaux relatifs à l’Eau

© Solidarités International – Distribution d’eau et de kits 6 mois après le passage de Chido à Mayotte

Une deuxième Conférence ONU sur l’Eau fin 2026

En décembre 2026 va avoir lieu à Abu Dhabi la deuxième Conférence ONU sur l’Eau du XXIème siècle. C’est un événement très important dans la mesure où les Etats n’ont jamais eu l’habitude de se réunir aux Nations Unies pour travailler ensemble sur les questions relatives aux eaux continentales. La première fois a eu lieu en janvier 2023 à New York. Cette première Conférence a eu de bons résultats. Les dirigeants des pays ont pris conscience qu’ils avaient tous des problèmes d’eau et en ont déduit qu’il y avait une crise mondiale à ce sujet. En outre, un tabou est tombé. Grâce à plusieurs pays dont la France, des discussions ont pu commencer à exister sur les insuffisances de ce qu’on appelle depuis la gouvernance mondiale de l’eau. Et il a été décidé de tenir une deuxième Conférence ONU sur l’Eau en se focalisant sur les objectifs mondiaux, ce qui n’avait pas été la priorité en 2023. Cette nouvelle Conférence est beaucoup mieux préparée que la première. En particulier, les pays se sont tous retrouvés à Dakar en janvier dernier au niveau ministériel pour commencer à débattre ensemble en suivant la structure thématique prévue pour la Conférence elle-même. Cette réunion intergouvernementale de Dakar a montré que les esprits ont bien évolué depuis 2023 : nombreux sont les pays qui demandent aujourd’hui une pérennisation de ces Conférences ONU sur l’Eau, un nombre bien plus élevé qu’en 2023. C’est l’espoir que l’eau soit bien mieux traitée au niveau mondial dans le futur.

© Solidarités International – Distribution d’eau par Solidarités International à Tawila au Darfour, Soudan

Les débats de décembre vont être organisés en 6 grands thèmes qui recouvrent toutes les thématiques importantes de l’eau. Pour chaque sujet, les pays vont chercher à stimuler des progrès. Ce sera le cas pour la gouvernance mondiale de l’eau qui fait l’objet de l’un des 6 grands thèmes. On peut espérer que cela la fasse progresser. Plusieurs pistes sont avancées.

Mais si on n’y prend pas garde, elle pourrait aussi régresser car il y a une menace peu visible dont peu d’acteurs sont aujourd’hui conscients. C’est le risque de perdre notre boussole et de n’avoir plus aucun objectif mondial pour l’eau dans 5 ans !

Pour comprendre et mesurer cette menace, il est utile de prendre d’abord la mesure des progrès récents de la gouvernance mondiale de l’eau.

 

Un canard sans tête

En matière d’eau, la communauté internationale était au début du XXIème siècle comme un canard sans tête : pas de vision commune des enjeux, pas d’objectifs communs, peu de connaissance statistique partagée, pas de mémoire collective.  De nombreuses agences ONU agissaient pour l’eau mais sans réelle coordination. Les pays ne se réunissaient pas aux Nations Unies pour parler d’eau. Le seul endroit où les gouvernements discutaient d’eau étaient les conférences diplomatiques organisées par les pays-hôtes des Forums mondiaux de l’Eau. Ces Conférences étaient très utiles, elles ont permis par exemple de bâtir les droits humains à l’eau potable et à l’assainissement, mais elles étaient sans lendemain et ne permettaient pas de prendre des décisions collectives car celles-ci se prennent à l’ONU. Les objectifs des pays en matière d’eau étaient disparates et leurs actions peu confrontées aux besoins mondiaux. Oh, il y avait bien un objectif mondial pour l’accès à l’eau potable adopté en 2000 mais il n’était pas ambitieux et il a pu être déclaré atteint en 2012 avec 3 ans d’avance en dépit des milliards de personnes qui avaient toujours de l’eau contaminée. Sans vision commune des enjeux, sans objectifs communs, sans mécanisme de suivi des progrès, sans enceinte de débats diplomatiques réguliers, la gouvernance de l’eau au niveau mondial était quasi inexistante en comparaison des nombreuses autres thématiques comme la Santé ou l’Alimentation qui avaient des objectifs, des réunions intergouvernementales régulières, des décisions d’action et des structures onusiennes permanentes.

 

De réels progrès de gouvernance au niveau mondial

Le graphe de la figure 1 illustre schématiquement les progrès qui ont pu être faits depuis 2000 et leurs importances respectives en matière de gouvernance. Son axe vertical correspond à une évaluation subjective de la qualité de la gouvernance mondiale en proportion de celle des enjeux de Santé ou d’Alimentation.

Fig. 1 : Progrès récents et espérés de la « gouvernance mondiale de l’Eau »

Au-delà de l’existence des Forums mondiaux de l’Eau, les premiers progrès ont été les Objectifs du Millénaire pour le Développement qui comprenaient en 2000 un sous-objectif pour l’eau potable puis en 2003 un autre pour les toilettes. Ensuite en 2010, la reconnaissance de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement comme des droits humains. En soi, cette reconnaissance a été très importante. Mais, pour qu’elle serve à améliorer le sort des milliards de personnes dont ce droit est bafoué, il fallait un programme opérationnel de mise en œuvre à grande échelle. Un tel programme, l’Agenda 2030 et ses Objectifs de développement durable (ODD), a été adopté en 2015. Ce fut l’occasion pour tous les pays de décider pour la première fois qu’ils voulaient assurer un accès universel à l’eau potable et à l’assainissement de qualité dans des conditions économiques abordables satisfaisant ainsi à peu près aux exigences des droits humains. Mieux, l’Agenda 2030 adopté en 2015 comprend une vingtaine d’objectifs mondiaux ambitieux liés à l’eau dont le but est de répondre à l’ensemble des principaux enjeux mondiaux liés à l’eau dans une vision d’ensemble claire. Ces objectifs mondiaux concernent ainsi aussi bien les questions d’accès des populations que la maîtrise des pollutions, la durabilité des ressources en eau que les catastrophes liées à l’eau (voir Figure 2). Avec une vision d’ensemble pertinente et des objectifs couvrant tous les grands enjeux, le canard a trouvé un chemin. En 2015, le monde a trouvé une boussole. Mieux, des indicateurs de progrès ont été définis et construits, ce qui a permis en quelques années d’avoir une connaissance bien plus précise et objective de la situation mondiale sur ces sujets. Je rappelle par exemple que jusqu’en 2021 personne dans le Monde n’avait la moindre idée de la proportion mondiale des flux d’eaux usées qui sont dépollués avant rejet dans la nature, ce qui était bien pratique pour justifier l’inaction mais n’aidait pas à progresser.

 

Fig. 2 : L’Agenda 2030 inclut des cibles directement liées à l’Eau (flèches bleues)  dans de nombreux ODD

Et puis les pays ont enfin commencé à se réunir à l’ONU avec une première Conférence sur l’Eau sous tous ses aspects en janvier 2023 puis une seconde en décembre 2026. Comme le secrétariat de ces Conférences est assuré par l’ONU, les débats sont consignés et accessibles, les décisions font l’objet de mise en œuvre et sont au moins partiellement suivies, des bilans d’avancement sont produits régulièrement. En parallèle, ONU-Eau est montée en puissance et une stratégie du système ONU pour l’Eau a vu le jour, ce qui a fortement amélioré la coordination interne des agences ONU. Aujourd’hui, le canard sait beaucoup mieux où il doit aller et s’il y va.

Il avance cependant beaucoup trop lentement. Avoir des objectifs comme l’accès universel à l’eau véritablement potable, la réduction de moitié des flux de pollution rejetées sans traitement ou la durabilité des ressources en eau permet d’orienter les politiques. Mais les résultats obtenus par rapport à ces objectifs sont très insuffisants. Défis Humanitaires a publié deux de mes articles[1] détaillant cette insuffisance pour l’eau potable et l’assainissement dans son édition du 22 mars 2025. La mise à jour ultérieure des statistiques mondiales a confirmé les tendances décrites dans ces articles.

 

Des progrès supplémentaires attendus à Abu Dhabi 2026

Il y a cependant des progrès à faire pour atteindre un niveau de gouvernance mondiale comparable avec celui de la Santé ou de l’Alimentation. Par sa seule existence, la Conférence de décembre 2026 sera déjà un progrès supplémentaire car pour  la première fois les Etats vont regarder ensemble leurs progrès très insuffisants vers leurs objectifs mondiaux liés à l’eau. Le besoin est énorme car il y a un hiatus béant entre les objectifs et la somme des résultats des politiques nationales. Est-ce que cette discussion pourrait enfin enclencher des mesures correctrices et le processus politique d’accélération qui est absolument nécessaire ? Est-ce que cela va permettre de mobiliser tous les secteurs à l’atteinte des objectifs Eau en mobilisant les Ministres des Finances, de l’Agriculture, de l’Energie, de l’Industrie, des Villes ? Est-ce que cette Conférence va permettre de comprendre et d’admettre que si les objectifs ne sont pas atteints, c’est tout simplement parce que de nombreuses politiques nationales ne cherchent aujourd’hui pas à les atteindre et qu’on n’atteint pas des objectifs ambitieux par hasard ? Nous sommes nombreux à l’espérer.

 

Le risque de tout perdre en 2030

Lorsqu’on étudie tous ces progrès faits depuis 2000, il devient clair que la vision cohérente et équilibrée, les objectifs ambitieux et les indicateurs statistique de 2015 sont un fantastique trésor collectif. Ce sont évidemment des biens publics mondiaux mais en réalité bien plus que cela. Comme ils sont partagés par tous, ce sont eux qui permettent au canard, pardon à la communauté internationale, de savoir où elle doit aller, où elle met les pieds et si elle y va.

Ce trésor est peu visible car, à l’exception des bailleurs de fonds internationaux, la plupart des acteurs de l’Eau ne se réfèrent que symboliquement aux ODD et n’utilisent pas les cibles ODD dans leurs objectifs concrets et leurs activités opérationnelles. Même au niveau des Etats, nombreux sont ceux qui ont voté avec enthousiasme les ODD en 2015 mais qui n’ont jamais cherché à adapter leurs politiques nationales pour assurer leurs contributions à l’atteinte de ces objectifs partagés.

© Solidarités International – Distributions de kits et construction/réhabilitation de points d’eau à la base d’Al Mokha au Yémen

Ce trésor créé en 2015 a une grande valeur politique et je suis fier d’avoir pu modestement y contribuer. Mais il est précaire car il va disparaître en 2030. Il est en effet attaché à l’Agenda 2030 qui, comme son nom l’indique, s’arrêtera fin 2030. La valeur de ce trésor collectif est aujourd’hui très sous-estimée dans les rapports et débats internationaux. Ce n’est que lorsqu’il disparaîtra en 2030 que cette valeur apparaître aux yeux de tous.

Alors bien sûr, ceux qui connaissent l’inertie des grosses structures onusiennes ont confiance dans l’adoption d’un nouveau programme mondial 2030-2045 et se disent que ce nouveau programme inclura des objectifs pour l’Eau. C’est effectivement une possibilité car une négociation sur les objectifs mondiaux post-2030 va s’engager en juillet 2027. Mais va-t-elle aboutir dans le contexte géopolitique actuel ? Et si elle aboutit, quelle sera l’ambition de ses objectifs pour l’Eau ? Assurera-t-il la continuité des efforts par le maintien des mêmes objectifs ? Personne ne sait, évidemment.

Mais le risque de non-consensus sur un programme post-2030 ou d’adoption d’un programme post-2030 différent et moins ambitieux que l’Agenda 2030 est par nature important. En effet, il faut se souvenir que l’adoption consensuelle en 2015 par les représentants de toute la population mondiale d’objectifs ambitieux destinés à affronter les plus grands enjeux de l’humanité a été un événement historique. Cela n’avait jamais eu lieu dans l’Histoire. La probabilité de reproduction d’un tel événement est par essence faible. Mais des obstacles se sont en outre accumulés et ce risque de non-consensus ou d’ambitions réduites est devenu très élevé. Les facteurs d’échec pouvant s’additionner sont nombreux : un grand pays dénigrant le multilatéralisme a déclaré que les ODD étaient contraires à ses politiques et intérêts[2] ; les ODD n’intéressent pas réellement les responsables politiques nationaux qui préfèrent communiquer sur leurs progrès plutôt que sur ce qu’il leur reste à faire pour atteindre des objectifs ambitieux de moyen ou long terme; les penseurs et décideurs de 2030 voudront comme d’habitude faire autrement que leurs prédécesseurs afin de gagner en visibilité personnelle sans se soucier de maintenir la continuité des objectifs, des indicateurs et des actions ; les nombreux puristes qui voient des imperfections dans le contenu des cibles ODD actuelles vont vouloir les réécrire dans l’idée de faire mieux sans être conscients que demander une réécriture est la meilleure façon de n’avoir plus rien du tout car le consensus historique de 2015 a très peu de chance de se reproduire en 2020 dans un contexte de multilatéralisme très affaibli. Il pourrait ainsi se produire une conjonction d’intérêts pour que le programme 2030-2045 n’existe finalement pas ou soit d’une ambition très réduite avec des objectifs et des indicateurs différents de ceux qui existent aujourd’hui.

© Solidarités International – Femmes allant chercher de l’eau au Darfour, Soudan

Pour l’eau, ce serait une catastrophe, car il n’existe des objectifs mondiaux pour l’eau qu’à travers ce programme des ODD. Sans continuité de la vision, des objectifs et des indicateurs, la gouvernance mondiale de l’eau reviendrait à la case départ. Il s’agirait d’un recul majeur (cf Figure 1).

 

La police d’assurance proposée par le Partenariat Français pour l’Eau

Comme rien n’est certain pour le programme mondial post-2030, il y a un risque réel de perdre le trésor collectif décrit ci-dessus fin 2030. Le Partenariat Français pour l’Eau (PFE), qui rassemble les acteurs français de tous types s’intéressant aux question d’eau à l’international et que certains appellent l’Equipe de France internationale de l’Eau, se soucie fortement de cette catastrophe potentielle. Alors, tout en se battant pour l’adoption d’un nouveau programme ambitieux post-2030 conservant au moins pour l’eau les mêmes vingt objectifs précis et leurs indicateurs, ce Partenariat Français pour l’Eau a imaginé une précaution permettant de sécuriser les objectifs mondiaux sans les jouer à la roulette russe dans cette grande négociation post-2030 très incertaine. Il préconise que l’Assemblée générale des Nations unies adopte dès 2027 une résolution relative à l’eau par laquelle elle instituerait des objectifs mondiaux calqués sur les objectifs existants sans aucune modification et sans les lier à un programme mondial plus large de durée fixée. C’est ce qui existe dans de nombreux domaines comme la biodiversité, le climat, les catastrophes, la santé qui ont des objectifs établis hors de l’Agenda 2030 mais intégrés dans les ODD. La même résolution 2027 déciderait également de poursuivre le suivi statistique des indicateurs ODD liés à l’eau. Pourquoi 2027? Parce que ce pourrait être une suite logique de la Conférence de décembre 2026 à condition que les Etats y prennent conscience de la menace de perdre objectifs et indicateurs et de leur responsabilité de les sécuriser avant la grande négociation sur les objectifs post-2030. Pourquoi les mêmes objectifs que les cibles ODD ? Parce qu’ouvrir une négociation sur le contenu de nouveaux objectifs risque de ne pas aboutir avant des années ou d’aboutir à des objectifs moins ambitieux.

J’ai eu l’honneur de présenter au nom du PFE cette proposition en janvier dernier à Dakar à tous les gouvernements réunis pour préparer la Conférence ONU sur l’Eau de décembre à Abu Dhabi.

Au vu de l’aggravation des difficultés liées à l’eau dans le monde, cette Conférence ne sera un succès que si elle conduit à des progrès et évite toute régression. Alors espérons que cette Conférence permette à la fois aux Etats de prendre conscience aussi bien de l’écart très important entre la somme des résultats de leurs politiques nationales Eau et leurs objectifs mondiaux que de leur responsabilité collective d’accroître leurs efforts vers ces objectifs tout en sécurisant l’existence de ces derniers dès la fin de la Conférence.

 

Gérard Payen.

 

[1] Eau potable : que nous apprennent les statistiques mondiales au-delà des rapports officiels ?, G.Payen, Défis Humanitaires n°86 du 6 mars 2024 ; Eau potable et assainissement : Atteindre les objectifs, dans quels délais ?, G. Payen, PCM n°919 de décembre 2024

[2] Les Etats-Unis ont annoncé leur retrait de l’UNESCO en juillet 2025 pour 2 motifs officiels dont l’un était « L’UNESCO s’emploie à promouvoir des causes sociales et culturelles qui divisent et accorde une importance démesurée aux Objectifs de développement durable des Nations unies, un programme mondialiste et idéologique en matière de développement international qui va à l’encontre de notre politique étrangère « America First ».


Gérard Payen

Gérard Payen travaille depuis plus de 40 ans à la résolution de problèmes liés à l’eau dans tous les pays. Conseiller pour l’Eau du Secrétaire Général des Nations Unies (membre de UNSGAB) de 2004 à 2015, il a contribué à la reconnaissance des Droits de l’Homme à l’eau potable et à l’assainissement ainsi qu’à l’adoption des nombreux Objectifs mondiaux de Développement Durable liés à l’eau. Il continue aujourd’hui à travailler à la mobilisation de la communauté internationale pour une meilleure gestion des problèmes liés à l’eau, ce qui passe par des politiques publiques plus ambitieuses. Vice-président du Partenariat Français pour l’Eau, il conseille aussi les agences des Nations Unies qui produisent les statistiques mondiales relatives à l’Eau. Impressionné par le nombre d’idées fausses sur la nature des problèmes liés à l’eau, idées qui gênent les pouvoirs publics dans leurs prises des décisions, il a publié en 2013 un livre pour démonter ces idées reçues.


Découvrez les autres articles de cette édition :

10ème Forum Mondial de l’Eau

Entretien exclusif avec Marie-Laure Vercambre du Partenariat Français pour l’Eau (PFE)

Selon le CRED (Centre de recherche sur l’épidémiologie des catastrophes), depuis 1980, les sécheresses et les famines qu’elles ont provoquées ont causé la mort de 558 000 personnes et touché plus de 1,6 milliard de personnes. @OIKOS (CC BY-NC-ND 2.0)

Alain BOINET
Avant de parler du 10ème FME qui vient de se tenir à Bali où tu te trouvais, peux-tu pour nos lectrices et lecteur te présenter ainsi que le PFE.

Marie-Laure VERCAMBRE
Avec plaisir ! je suis la directrice du Partenariat Français pour l’Eau, que nos membres appellent plus communément le PFE, depuis juin 2019. Avant ça j’en étais membre, dans le collège réservé aux membres « personnes physiques » car je travaillais pour une ONG internationale. Or les membres du PFE, à l’exception des personnes physiques, représentent tous une structure française. J’ai dirigé le programme Water for Life and Peace de l’ONG Green Cross International fondée par Mikhaïl Gorbatchev pendant une dizaine d’année. J’y coordonnais la mise en œuvre de projets d’accès à l’eau et à l’assainissement dans une dizaine de pays, ainsi que le plaidoyer de notre organisation sur le droit humain à l’eau potable et à l’assainissement (reconnu par les Nations unies en 2010), et sur les cours d’eau transfrontaliers. Des sujets qui étaient aussi portés par le PFE !

Pour en revenir au PFE : le PFE est une association à but non-lucratif, qui rassemble à peu près 200 membres « de natures » très différentes. Le PFE accueille en effet 1. des représentants de ministères, agences et établissements publics, 2. Des parlementaires et représentants de collectivités territoriales, 3. des instituts de recherche, de formation et universités, 4. des acteurs économiques, 5. des associations, ONG et fondations, et 6. des personnes qui ne représentent qu’eux. Tous rejoignent le PFE pour ses travaux. Et nous les faisons travailler ! dans des groupes de travail thématiques, dont le but est de suivre l’état des lieux sur ce sujets à l’international et de développer le plaidoyer collectif du PFE. Nous développons ainsi un plaidoyer sur l’eau et le changement climatique, la biodiversité, l’Agenda 2030 et les objectifs de développement durable, les sols et l’agroécologie, et l’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène dans les situations de crise et de conflits. Nous les portons ensuite dans des événements majeurs tels que les COP et les Semaines et les Forums mondiaux de l’eau. Mais nous essayons depuis peu de les porter dans d’autres secteurs connexes à celui de l’eau (agriculture, énergie, industrie, etc). La mission du PFE est également de faciliter les rencontres avec des acteurs internationaux et de contribuer au rayonnement de l’expertise française et des solutions proposées sur tous ces sujets.

10ème FME à Bali, Session de synthèse, mai 2024.

AB
Tu as participé aux précédents Forum de l’Eau à Dakar, à Daegu et ailleurs, comment était celui de Bali, qu’est ce qui le caractérise ?

MLV
Où qu’on soit à Bali il y a des panneaux de signalisation nous indiquant par où fuir s’il y a un tsunami. Dans les hôtels, les rues… C’est très frappant et cela nous met bien en tête le risque de catastrophe naturelle. Le Forum de Bali a consacré une place significative aux réponses et à la prévention des risques de catastrophes naturelles. Beaucoup plus qu’à aucun autre Forum. Les acteurs humanitaires et de la prévention des risques ont donc été entendus et c’est fondamental compte tenu de l’augmentation des phénomènes climatiques extrêmes. Nos sociétés doivent « s’assurer » contre ces risques et être en mesure de prendre en charge leurs conséquences. On en est loin quand on sait que des régions telles que la Californie ne sont quasiment plus assurables, à cause des incendies chroniques et de la pénurie d’eau notamment. La question des risques a permis de faire entendre la voix des populations vivant dans des situations de crise ou de fragilité, qui augmentent aussi du fait des conflits.

Après Dakar, le processus Bassins a connu sa deuxième édition à Bali et c’est une bonne chose aussi si l’on veut promouvoir la gestion par bassin. C’est le cas de la France et cette gestion -préconisée par l’OIEau, l’OCDE, le Global Water Partnership et les conventions des Nations unies sur les cours d’eau internationaux- doit se renforcer, toujours plus, et être financée et inclusive. Les conflits d’usage vont vraisemblablement augmenter. Avoir la bonne gouvernance en place pour pouvoir les gérer tout en gérant les bassins de manière soutenable sera la base du succès.

Il y a beaucoup de choses à dire donc je conclurai avec deux points : Bali était en mesure d’accueillir les participants du Forum avec toute sa capacité touristique. Nous avons été très bien accueillis et avons pu découvrir la culture et les cultes de l’île dans lesquels l’eau est centrale. C’était un bel exemple de lien entre eau et culture sur lesquels des politiques pourraient s’appuyer.

Nous avons, en revanche, été déçus que les organisations de la société civile venues d’ailleurs n’aient pas été soutenues financièrement comme cela a été le cas aux Forums précédents. Des ONG familières des Forums ont pourtant essayé d’intercéder pour elles en envoyant des courriers aux organisateurs. Déçus aussi que le Forum alternatif, qui devait avoir lieu ailleurs à Bali, ait été empêché au dernier moment. Cela a mis de nombreux participants au Forum « officiel » mal à l’aise et interroge sur sa représentativité si la contradiction est interdite, sans parler de la façon dont tout ça s’est passé.

Membres du PFE lors de son Assemblée générale au Pavillon de l’Eau. Photographe Ludovic Piron, PFE.

AB
Le PFE avait préparé des propositions pour ce 10ème FME, comment ont-elles été accueillies, ont-elles contribuées à faire progresser la cause de l’eau ? Peux-tu nous donner un exemple ?

MLV
Je crois qu’un message porté par le PFE depuis plusieurs années a percolé dans la déclaration ministérielle du Forum de Bali : la nécessité de trouver une complémentarité avec les conférences des Nations unies sur l’eau dont la 1ère depuis 1977 a eu lieu en mars 2023 à New York ! et dont la prochaine se tiendra en 2026, avec pour thème l’objectif de développement durable n°6 sur l’eau et l’assainissement, qui est censé être atteint comme les 16 autres objectifs en 2030. Or nous sommes loin du compte…

Les Forums auxquels j’ai participé (depuis Istanbul en 2009) ont toujours des processus politiques (ministériels, parlementaires, autorités locales, bassins). Avec une participation variable mais ils n’ont pas le côté engageant des déclarations et résolutions adoptées aux Nations unies. Les Forums sont des événements multi-acteurs qui font travailler ensemble tous les acteurs qui souhaitent s’impliquer dans les processus préparatoires des Forums qui commencent un ou deux ans avant la tenue des Forums eux-mêmes. Un processus thématique visant à couvrir tous les sujets majeurs de la gestion de l’eau, l’accès à l’eau, les services d’eau, la préservation des ressources et des écosystèmes, accompagne le processus politique. Ils donnent lieu à de riches échanges et ont fourni un rythme précieux à ces échanges, tous les trois ans depuis 1997.

 

Christophe Béchu, Ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, à la tribune de l’ONU à New York lors de la conférence de mars 2023.

Un des messages du PFE est qu’il faudrait que les travaux Forums soient plus officiellement dirigés vers ce qui se fait sur l’eau aux Nations unies. Car la question de l’impact durable des Forums n’est pas établie. Ils offrent un cadre régulier à ces échanges, ils rapprochent les acteurs les uns des autres, mais, quel impact au-delà de ça ? cet impact serait renforcé si des passerelles plus claires étaient construites avec l’existant aux Nations unies et dans d’autres processus internationaux (UICN, autres secteurs, etc) et la grande implication des acteurs mérite que le temps et l’énergie qu’ils consacrent aux Forums soient relayés et optimisés.

Un autre message que le PFE a formulé est que les acteurs de l’eau doivent s’adresser aux secteurs qui utilisent l’eau ou impactent les milieux pour travailler avec eux à l’amélioration des pratiques. Cette approche est reprise dans le 2ème alinéa de la déclaration ministérielle. C’est positif car le secteur de l’eau avait tendance à établir des constats sans mentionner les actions à entreprendre avec d’autres.

AB
Le président du Conseil Mondial de l’Eau, Loïc Fauchon, a en introduction du FME déclaré que les acteurs de l’eau étaient des combattants et il a fait état de 7 engagements majeurs dont la création d’une coalition « Money for water coalition ». Au-delà de sa déclaration, cela traduit-il une inflexion dans le ton et dans les initiatives du FME dans son ensemble ?

MLV
Attendons de voir ce que donneront ces engagements. On a eu l’exemple du Water Action Agenda de la conférence de New York l’année dernière. Ces engagements ont le mérite de faire parler d’eau et de faire émerger quelques actions mais ils sont largement insuffisants.

Ce qui est sûr c’est que les acteurs de l’eau sont très souvent des combattants. Les membres du PFE sont passionnés par leurs sujets, probablement parce qu’ils sont d’un ordre vital et donc essentiel. Les acteurs de l’eau connaissent bien la plupart des grands enjeux liés à l’eau. Ils comprennent leur gravité et sont souvent très engagés. Les 5 axes du cadre d’accélération proposés par l’ONU-Eau pour avoir une chance d’atteindre les cibles de l’Objectif de développement durable n°6 sur l’eau (plus de financements, des données de qualité et l’accès à l’information, le développement des capacités, l’innovation et la gouvernance) semblent assez évidents à nombre d’entre eux.

AB
Y a-t-il une corrélation, une dynamique effective entre ce FME, le suivi du 9ème FME à Dakar et avec les prochaines grandes échéances (One Water Sumit, Conférence ONU 2026, …).

MLV
Que ces grands rendez-vous liés à l’eau soient reliés ou se répondent reste un des grands axes d’amélioration de la gouvernance mondiale de l’eau. Ils permettent en général des réunions sur les prochaines échéances mais cela ne va pas beaucoup plus loin, comme je l’expliquais précédemment. Il faut dire que ces grands rendez-vous sur l’eau ne sont pas encore calés dans le temps très en avance et de manière régulière. Cela n’aide pas… Ils sont néanmoins de plus en plus nombreux, c’est notoire, donc nous sommes peut-être proches d’un développement majeur.

AB
Dis-moi si je me trompe ou pas. Je n’étais pas à Bali. Je suis sûr que les acteurs présents ont faits le maximum. Mais, j’ai l’impression d’un décalage entre les intentions, les déclarations et l’impact réellement produit pour la cause de l’eau dans le monde compte-tenu des enjeux et du calendrier.  

MLV
On a l’impression que les problèmes ne se règlent pas vraiment et, quand on connaît le niveau d’atteinte de l’ODD6 et des 12 autres cibles liées à l’eau de l’Agenda 2030, qui pourrait dire le contraire ? Mais les coalitions se resserrent, les débats avancent, l’eau se politise (au sens positif du terme, c’est-à-dire en bénéficiant de plus en plus d’attention). On parle de plus en plus des risques liés à la disponibilité de l’eau, à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement de tous, et de risque environnemental. Le Forum économique mondial de Davos identifie la pénurie d’eau et toutes ses déclinaisons comme l’un des principaux risques auxquels la communauté internationale doive faire face. Il y a par ailleurs de très belles initiatives, des gros projets de recherche en cours, citons le projet OneWater-Eau Bien Commun piloté par le CNRS, INRAe et le BRGM, il y a des financements innovants à développer… Il faut rester optimiste et pousser dans le bon sens.

AB
Que faut-il retenir de la Déclaration de Bali ?

MLV
L’importance accordée à la Gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), aux réponses à apporter aux catastrophes naturelles, au besoin d’adopter des plans d’action multi-sectoriels (nexus eau, énergie, agriculture par exemple), et de développer la production d’eaux-non conventionnelles (création de l’Observatoire des ressources en eau non-conventionnelles).

AB
Y a-t-il eu des progrès pour l’agenda « Call to Action » concernant l’accès à l’eau et à l’assainissement pour ceux qui en sont le plus dépourvu dans les pays pauvres affectés par des conflits, des catastrophes ou des grandes épidémies ?

MLV
Il y a eu des progrès en matière d’adhésions et c’est grâce aux ONG qui poussent. L’Espace France a accueilli une table ronde sur le call to action et plusieurs organisations et Etats ont été approchés à son sujet. Attendons de voir si cela va aboutir.

Atteinte de l’ODD 6 dans les contextes de crise et de fragilité  organisée par Solidarités International et la Fondation Véolia
Le 10ème Forum Mondial de l’Eau à Bali, au travers de nombreuses sessions, a permis de faire le point sur la situation mondiale, d’alerter sur les situations préoccupantes et d’identifier des solutions voire de nouvelles stratégies. L’une d’elle a été particulièrement appréciée : « l’atteinte de l’ODD6 dans les contextes de crises et de fragilités » organisée par Baptiste Lecuyot (Solidarité Internationale) et Bénédicte Wallez (fondation Veolia).

L’ODD6 ne sera pas atteint, les chiffres sont alarmants ! L’accès universel à l’eau potable nécessiterait 20 fois plus d’efforts qu’actuellement, et ce retard s’intensifie au regard de la progression des catastrophes naturelles et anthropiques (changement climatique, conflits armés…). Or, cette problématique est mondiale, les populations fragiles sans accès à l’eau sont présentes dans tous les pays, même les plus développés, entraînant de nouvelles crises, de nouveaux conflits et des épidémies (dont le choléra, encore et toujours). Il est rappelé que le Droit international humanitaire (DIH) n’est toujours pas respecté.

Malgré ce constat sévère, les participants ont souligné la nécessité d’adopter des approches intégrées et multisectorielles. Ils ont appelé à une attention politique et à un financement accru pour relever efficacement ces défis, construire des infrastructures d’eau et d’assainissement résilientes. La réalisation de l’ODD6 nécessite des efforts concertés, un passage à l’action avec l’ensemble des acteurs incluant les partenariats public-privé-philanthropique (PPPP) et l’intégration de la jeunesse.

Les participants de cette session : B. Lecuyot (Solidarités International), B. Wallez (fondation Veolia), B. Pigott (US Environmental Protection Agency), W.C. Tizambo (Ministère de l’Environnement de l’Eau et de l’Assainissement du Burkina Faso), C. Arnoux (Butterfly Effect), S. Gaya (UNICEF), F. Fetz (Swiss Agency for Development and Cooperation), J. Damase Roamba (Parlement Burkinabé pour la Jeunesse), S. McGrath (IOM Global Wash Cluster), M. Wijaya (Solar Chapter), M. Sitali (Sanitation and Water for All).

David Poinard 

Délégué général de la Fondation Veolia

AB
Comment penses-tu que l’on doive préparer les prochaines étapes (OWS, 2026, etc…), compte-tenu des enjeux mondiaux et des échéances des ODD à l’horizon 2030 ?

MLV
Le PFE n’a pas encore finalisé avec ses membres des positionnements spécifiques vis-à-vis du One Water Summit et de la conférence des Nations unies mais les messages principaux que nous avons élaborés pour la conférence de 2023 demeurent valides : 1. Accélérer fortement les actions visant à atteindre les 20 objectifs mondiaux liés à l’eau. 2. Sortir des « silos » sectoriels et intégrer le rôle central de l’eau et de l’assainissement dans l’Agenda 2030 dans l’ensemble des travaux de l’ONU (voir nos messages complets).

Une chose est sûre, l’Envoyé spécial des Nations unies pour l’eau annoncé à la suite de cette conférence n’a pas encore été nommé, ce qui peut étonner. Certains disent que son poste, son équipe et ses activités ne seraient pas financées. Est-ce le cas ? A suivre…

Le PFE souhaite que l’on continue à porter l’Agenda 2030 et son approche systémique qui ont bénéficié d’années de réflexion et de leçons tirées du processus des Objectifs du Millénaire pour le développement. Quels sens auraient ces processus si on les condamnait d’avance et si on en recréait juste un autre, ou même pas ? Nous ne devons pas céder à la facilité et rester fixés sur le cadre de l’Agenda 2030, quitte à l’améliorer avec de nouveaux indicateurs.

AB
Un Forum de l’eau alternatif comme il y en a habituellement lors des FME a été interdit, il y a eu des menaces et des interdictions. Qu’en est-il pour toi qui était sur place et que faut-il en penser ?

MLV

Comme je le disais tout à l’heure, et je m’exprime en mon nom ici, je trouve ça extrêmement regrettable, extrêmement, et espère que cela ne se reproduira pas. Je pense aussi que ce serait préjudiciable aux Forums en général. Il y avait quelques grosses ONG et des associations pouvant financer leur participation au Forum « officiel ». Mais 1. très peu d’associations qui ne pouvaient pas se le payer (et qui ont fait l’effort ou se sont fait aider) et 2. des opposants internationaux au Forum officiel et des représentants de  société civile indonésienne, voire régionale, empêchés de tenir ce Forum alternatif, auquel le Rapporteur spécial des Nations unies sur les droits humains à l’eau et à l’assainissement voulait aussi participer. Des allégations graves ont été prononcées sur le déroulement des faits. N’en maîtrisant pas la véracité je préfère ne commenter que ce qui est certain : l’annulation forcée en dernière minute, les effectifs déployés pour l’empêcher, la fin de non-recevoir opposée aux ONG ayant plaidé pour qu’une enveloppe financière permette la participation d’organisations de la société civile venues de loin. Nous avons accueilli le Rapporteur spécial des Nations unies, Pedro Arrojo, sur l’Espace France.

Barbara Pompili sur le stand France du PFE à Bali
Stand France du PFE à Bali, de gauche à droite, Loïc Fauchon, président du Conseil Mondiale de l’Eau, Barbara Pompili, conseillère spéciale à la planification écologique à l’international au Secrétariat général à la planification écologique et Envoyée spéciale du Président Emmanuel Macron pour le One Water Summit, Fabien Penone, ambassadeur de France en Indonésie, Marie-Laure Vercambre, directrice générale du PFE.

AB
Comment souhaites-tu conclure cette interview ?

MLV
En remerciant les acteurs français qui se sont impliqués dans ce Forum. Nous étions vraiment nombreux et porteurs d’espoir et de solutions. L’alignement et la solidarité entre acteurs sont très précieux. Ensemble, nous irons plus loin et promouvoir l’action collective est une des valeurs ajoutées du PFE. Nous avons également bien travaillé en amont avec le ministère de l’Europe et des affaires étrangères et la Direction de l’eau et de la biodiversité du Ministère de la transition écologique. Ainsi qu’avec les agences de l’eau, l’Office français pour la biodiversité, l’Agence française de développement, le SIAAP, Suez, Veolia, Danone, et nos membres associatifs. J’ai l’impression que tous sont repartis galvanisés par le besoin d’agir et c’est très positif.


Directrice générale du PFE depuis 2019 Marie-Laure Vercambre était avant ça en charge du programme L’Eau pour la vie et la Paix de l’ONG Green Cross International fondée par Mikhaïl Gorbatchev. Elle a à ce titre supervisé de nombreux de projets de développement à travers le réseau de branches pays de Green Cross et beaucoup travaillé sur la gouvernance mondiale de l’eau, le droit à l’eau potable et à l’assainissement et les enjeux transfrontaliers. Elle a suivi des études de sciences politiques, relations internationales et développement à Sciences Po Paris et New York et Columbia Universities.

 

 

 

Délégué général de la fondation Veolia depuis avril 2024, David Poinard est hydrogéologue de formation et docteur de l’INSA de Lyon en hydrologie urbaine. Il occupe plusieurs postes de management chez Veolia Eau à partir de 2001 et participe parallèlement aux opérations de la fondation Veolia en tant que volontaire Veoliaforce, mobilisé sur des projets de développement ou des situations de crise (catastrophes naturelles et conflits armés). Il est également président du groupe de travail du Partenariat Français pour l’Eau (PFE) « WASH en contextes de crises et de fragilités » depuis 2020.

 

Découvrez les propositions du PFE pour le 10ème FME à Bali : MESSAGES_FME_FR-VF.pdf (partenariat-francais-eau.fr)

Découvrez le Texte du Call to Action de la Wash Road Map : cta_fr.pdf (washroadmap.org)

Le bilan du 10ème Forum Mondial de l’Eau par Coalition Eau : Quel Bilan pour le 10ème Forum mondial de l’eau ? (coalition-eau.org)

La déclaration ministérielle du WWF10 à Bali 2024 : 10th World Water Forum_Ministerial declaration.pdf (worldwatercouncil.org)