Sahel, extension de la crise vers le sud et émergence de nouveaux fronts djihadistes : plongée au cœur du complexe W-Arly-Pendjari

Opération Barkhane au Mali en 2016

Région de prédilection pour les Groupes armés non-étatiques depuis le début des années 2000, le Sahel central est le théâtre d’une crise sécuritaire et humanitaire sans précédent. Du Mali au Tchad, en passant par le Burkina Faso, le Niger et le Nigeria, l’implantation d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) et de l’État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) ne cesse de se consolider depuis 2012. Mais alors que les États concernés et la communauté internationale s’échinent à stabiliser cette zone critique, de nouveaux fronts émergent discrètement à la frontière des pays côtiers. Au nord du Bénin, un espace unique en son genre cristallise des enjeux à la fois environnementaux, économiques et sécuritaires, dont les effets conjugués entraînent des conséquences désastreuses pour les populations civiles : le complexe transfrontalier naturel du W-Arly-Pendjari.

 

Aux origines de la crise

Alors que l’intervention de l’OTAN en Libye touche à peine à son terme en octobre 2011, une guerre éclate pour l’indépendance de l’Azawad[1] au nord du Mali, au premier mois de la nouvelle année. Confrontée à la rébellion touarègue ainsi qu’au mouvement djihadiste Ansar Dine, l’armée malienne échoue à enrayer l’insurrection et perd finalement le contrôle sur cette portion de territoire stratégique. Initialement entre les mains des Touaregs, les principales villes de l’Azawad basculent rapidement sous la loi islamique grâce au soutien crucial d’AQMI. Destruction de mausolées, application radicale de la charia, membres coupés en guise de représailles… l’ambition d’expansion vers Tombouctou des Groupes armés non-étatiques se traduit par des méthodes particulièrement brutales à l’encontre des civils. L’offensive lancée par les groupes djihadistes contre la capitale Bamako conduit les autorités maliennes à faire appel à la France qui déclenche alors l’opération Serval le 11 janvier 2013.

Si ces opérations militaires permettent la neutralisation de plusieurs des chefs arabes d’AQMI, elles ouvrent cependant à la voie à un nouveau leader touareg et peul dont l’appartenance communautaire est d’une importance fondamentale. En 2017, Iyad Ag Ghali parvient en effet à réunir et fusionner Ansar Dine, AQMI ainsi que deux autres groupes djihadistes : le JNIM (Jamaat Nusrat al-islam wal-muslimin) est né. Par sa trans-ethnicité nouvelle et une modération de son application radicale de la charia, il parvient ainsi à élargir son bassin de recrutement – notamment au sein des communautés peules et bambaras – et entame une première descendante progressive vers le reste du Sahel central.

© UNNEWS – Propagation des violences vers le sud : le gouvernement du Togo et le Centre régional des Nations unies pour la paix et le désarmement en Afrique (UNREC) ont détruit 2 000 armes trafiquées illégalement

Bien que les combattants islamistes s’aventurent depuis des années au-delà des frontières maliennes, le pays demeure l’épicentre de la crise et essuie régulièrement des attaques aux conséquences désastreuses pour les civils comme pour l’État central. Le 25 avril 2026, le JNIM et les séparatistes du Front de libération de l’Azawad (FLA) ont ainsi ciblé conjointement des points stratégiques à Bamako, Kati, Gao, Mopti, Sévaré et Kidal, menant à la mort du ministre de la Défense Sadio Camara et à l’occupation de plusieurs villes du nord, dont Kidal – ville importante pour l’État malien, à la frontière de l’Algérie.

 

Une progression vers le sud justifiée par le rejet des ingérences étrangères

Naturellement, l’expansion territoriale du JNIM sert avant tout des intérêts stratégiques. Elle implique le contrôle de nouveaux flux commerciaux au profit de l’approvisionnement du mouvement, l’élargissement du bassin de recrutement, mais aussi l’aménagement de zones de repli où les combattants peuvent s’éloigner du front, se reposer, se soigner et préparer de nouvelles attaques.

Cependant, ses premières incursions au Burkina Faso et au Niger sont justifiées d’une toute autre façon par son commandement. Marquées du sceau de la lutte contre les influences soutenant les régimes en place, elles sont ainsi présentées comme un moyen de s’attaquer au dispositif militaire français déployé dans les trois pays.

Mise en place en 2013, l’opération Serval a pour but d’enrayer la progression djihadiste vers la capitale malienne et de restaurer la souveraineté étatique sur l’entièreté de son territoire. Couronnée de succès, elle est cependant prolongée par l’opération Barkhane en juillet 2014. Cette fois-ci, le dispositif s’implante également au Niger, au Burkina Faso, au Tchad ainsi qu’en Mauritanie. Mais après 9 ans d’engagement politique et militaire français au Mali, l’affaiblissement du président malien conduit à un coup d’État militaire, un appel de la junte au Groupe Russe Wagner et une demande de départ des troupes françaises et européennes, puis de celui de la MINUSMA (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-Unies au Mali) en 2020. S’ensuivent des coups d’État au Burkina Faso en 2022 puis au Niger en 2023. Forts de leur position anti-occidentale, ces nouveaux régimes proclament leur volonté d’enfin sécuriser leur triple frontière – point focal de la crise sahélienne.

© Salomée Languille – Carte « Présence et retrait des forces françaises et de l’ONU au Sahel central de 2013 à 2023 (produite en mai 2026)

Mais le JNIM, loin de se contenter de consolider ses bases au Niger et au Burkina Faso, poursuit son avancée vers le sud et entame depuis peu son implantation au sein des pays du Golfe de Guinée. Présent depuis plusieurs années au nord du Bénin, il y renforce sa présence en 2021 et 2022, au détriment de son rival dont l’ancrage y demeure encore marginal en 2025 : EIGS.

En parallèle, cette série de coups d’État provoque une onde de choc en Afrique de l’Ouest. Pour manifester son opposition, la CEDEAO (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest) met alors en place diverses sanctions à l’encontre des gouvernement putschistes. Elle ordonne notamment la fermeture de chaque frontière partagée avec les 3 pays par ses membres. S’engageant dans un véritable bras de fer, ceux-ci réagissent alors en signant la « Charte du Liptako-Gourma » qui consacre leur sécession et institue une Alliance des États du Sahel (AES) en septembre 2022.

Rencontre entre Patrice Talon (Président du Bénin) et Omar Alieu Touray (Président de la Commission de la CEDEAO) le 28 octobre 2022 : une coopération étroite entre le Bénin et la CEDEAO

 

Le complexe naturel W-Arly Pendjari, terreau fertile de risques et vulnérabilités

Couplée à l’avancement du désert du Sahara qui appauvrit les sols, s’attaque au couvert végétal et contraint les populations – y compris les combattants des Groupes armés non-étatiques – à pousser de plus en plus vers le sud, l’expansion territoriale du JNIM touche désormais une zone cruciale : un complexe naturel inscrit au patrimoine de l’UNESCO depuis 1996, à cheval entre les frontières du Niger, du Burkina Faso et du Bénin. Au croisement entre des enjeux sécuritaires et environnementaux majeurs, cette région des trois frontières réunit de nombreux facteurs de vulnérabilité pour les populations civiles en raison de ses atouts.

© Apolline Bessière – Carte « La triple frontière sud-sahélienne : une zone d’instabilité politico-économique soumise à une insécurité croissante » (2026)

Dans un contexte de sécheresse et de désertification accrues, la région du Sahel central est en proie avec d’importants changements climatiques. Parmi les populations sahéliennes qui souffrent du stress hydrique, de la détérioration des terres et des déplacements que cela engendre, certaines communautés présentes à la triple frontière en sont particulièrement victimes. Des agriculteurs sédentaires aux éleveurs itinérants, notamment peuls, les moyens de subsistance se réduisent considérablement et alimentent une précarité d’ores-et-déjà importante. Véritable oasis au milieu du désert, le complexe WAP concentre ainsi des ressources précieuses et disputées. Terres cultivables, pâturages, eau, bois, gibier… tant de pommes de discorde qui favorisent de violents conflits intercommunautaires au sein de populations déjà précaires.

La fermeture des couloirs de transhumance, les multiples restrictions et les déplacements des civils dans des zones tampons – ou Zones d’occupation contrôlées (ZOC) – à l’extérieur du parc imposées par les autorités publiques, ont d’ailleurs fortement alimenté ces rivalités autour du partage des ressources. Accentuant davantage les pressions sur celles-ci au sein de petits espaces très densément peuplés, cette démarche de sécurisation du parc incite paradoxalement les populations locales à mener des incursions illégales au sein du complexe afin de répondre à leurs besoins grandissants.

Éloignées des centres urbains, des infrastructures de santé, administratives et éducatives, les portions marginales de territoires qui composent le WAP placent par ailleurs les communautés qui les habitent en marge des économies nationales et des services vitaux. Cette précarité chronique les expose alors particulièrement aux abus, à l’exploitation, à l’extorsion, aux violences sexuelles, au travail infantile mais aussi au mariage forcé.

Eleveurs et leur bétail dans le Parc national d’Arly au sud-est du Burkina Faso

Mais à ce contexte d’instabilité économique s’articulent également des problématiques sécuritaires importantes. Avec ses 94 000 km2 de superficie, le couvert végétal remarquable du WAP se distingue au cœur d’une région si aride. Néanmoins, cette spécificité lui vaut l’intérêt prononcé des Groupes armés non-étatiques pour d’autres motifs que sa verdure inhabituelle. Parsemé d’arbres, le complexe offre un couvert forestier qui permet aux combattants de se dissimuler plus facilement et qui obstrue grandement la surveillance ainsi que le contrôle étatique. Limitant l’accès aux véhicules tout terrain des gardes forestiers et de l’armée, mais aussi l’usage de drones, cet espace est par conséquent devenu une base de déploiement privilégié pour les djihadistes du JNIM et d’ISSP qui s’en prennent fréquemment aux civils, à travers des actes de violence physique ou de racket. En raison des récentes tensions entre la CEDEAO et l’AES, les mécanismes de coopération en matière de sécurité dans cette zone frontalière se sont par ailleurs trouvés grandement affaiblis. Ainsi, de la même manière que la forêt de Wagadou entre le Mali et la Mauritanie, le WAP s’est progressivement converti en base arrière pour les Groupes armés non-étatiques.

Vue depuis le Parc de la Pendjari et monts de l’Atakora au nord du Bénin

Au sein de régions marquées par l’extrême pauvreté, le chômage, le manque d’éducation et le peu de possibilités d’ascension sociale, naissent ainsi de nombreuses frustrations à l’égard du pouvoir central, de son incapacité à subvenir aux besoins des populations et à les protéger des violences. Cette précarité constitue ainsi un terreau fertile pour le recrutement forcé des Groupes armés non-étatiques, qui se présentent comme des alternatives face à des États jugés défaillants et des besoins grandissants.

 

Des besoins vitaux qui ne cessent de croître : un lourd bilan humanitaire

Entre l’intensification des changements climatiques et de l’activité djihadiste dans la zone, les besoins des populations du complexe WAP ne cessent de croître, alors même que les réponses humanitaires font face aux défis de l’accessibilité du terrain et de la baisse drastique des financements publics.

Le suivi par pays et les chiffres mis en ligne par Solidarités International au mois de mai 2026 sont très parlants et illustrent avec force l’ampleur de la crise dans les pays du Sahel central depuis ces dernières années. Particulièrement secoué par les violences et le récent coup d’État, le Burkina Faso atteint de dramatiques records depuis plusieurs mois avec près de 2,1 millions de personnes déplacées internes (PDI) et 5,9 millions de personnes en besoin d’aide humanitaire en tout genre, sur une population d’environ 25 millions d’habitants. Au Niger, l’ONG dénombre près de 2,2 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire et l’UNHCR recense 460 000 déplacés internes en octobre 2025. Dans ces deux pays, on observe notamment des pannes fréquentes de points de distribution d’eau qui poussent les civils à consommer des eaux contaminées qui les rendent malades, mais aussi un accès entravé à l’éducation en raison des déplacements, un phénomène généralisé de limitation des repas ainsi que des conditions d’accueil souvent très précaires après les mobilités.

© UNHCR Insa Wawa Diatta – Réfugiés burkinabés en Côte d’Ivoire

Mais si ces pays sont traditionnellement priorisés par les organismes humanitaires car ils se trouvent au cœur de la crise depuis le départ, celle-ci commence également à impacter les régions au nord du Bénin. En effet, de nombreuses personnes déplacées et demandeurs d’asile viennent de plus en plus chercher refuge au sud, loin des zones de combat. Par ailleurs, on recense d’ores-et-déjà 27 294 PDI et 27 854 réfugiés au 30 septembre 2025. Alors que près de 280 000 personnes risquent d’être victimes d’une crise aiguë d’alimentation et de moyens d’existence, près de 50% des ménages adoptent des stratégies de survie qui les mettent en danger : réduction du nombre de repas, privations des adultes au profit des enfants, consommation d’eaux contaminées… Plus de la moitié des ménages nord béninois s’approvisionnent en effet auprès de sources d’eau non-sûres, en raison de points d’eau souvent défaillants et des longues distances à parcourir pour les atteindre – parcours parfois très périlleux pour les jeunes femmes et filles qui en sont généralement chargées.

Avec la propagation et l’intensification des activités des Groupes armés non-étatiques vers le sud, mais aussi le nombre croissant de déplacés en particulier vers le nord Bénin, l’ensemble de ces besoins considérables devrait continuer de s’aggraver de façon signifiante. Face à ces risques et ces facteurs de vulnérabilités multiples, l’action humanitaire est alors contrainte de penser des réponses hybrides, novatrices et capables de prendre à la fois en compte la gestion durable des ressources naturelles, l’aide au développement économique et la lutte contre l’insécurité – problématiques corrélées qui s’alimentent mutuellement.

© UNHCR Abdoulatif Halidou – Des familles déplacées arrivent à Gao (Mali) après avoir été forcées à fuir leurs maisons à cause des violences

 

Des opérations humanitaires grandement entravées mais cruciales

Au Sahel central, les acteurs humanitaires sont contraints d’intervenir dans des contextes opérationnels de plus en plus complexes. En effet, l’accès aux terrains et aux populations est régulièrement rendu difficile voire impossible par l’occupation de certaines zones par les Groupes armés non-étatiques. Les opérations de sécurisation du territoire menées par les gouvernements peuvent également parfois faire obstacle à ces interventions, en particulier quand la collaboration avec les administrations locales peine à se mettre en place. C’est notamment le cas lors de durcissements des politiques d’accès par les autorités. En novembre 2025, le ministère de l’Intérieur du Niger avait par exemple suspendu les activités d’ONG humanitaires et d’associations de développement nationales comme internationales, car elles n’avaient pas encore publié leur état financier de l’an dernier. Si le paysage humanitaire nigérien demeure riche, cette manœuvre a cependant porté un grand coup à la solidarité dans le pays : au 7 janvier 2026, OCHA signale que 1809 ONG sont autorisées à poursuivre leurs activités sur les 4122 originellement présentes dans le pays.

Par ailleurs, les récentes tensions entre les pays de l’AES et les pays côtiers, demeurant membres de la CEDEAO, ont entraîné une paralysie partielle des circulations terrestres, au-delà des mécanismes de coopération plus généraux. Au mois de juillet 2023, la CEDEAO avait en effet ordonné la fermeture de la frontière partagée entre le Bénin et le Niger en réaction au coup d’État qui a renversé le président élu Mohamed Bazoum. Mais si le président du Bénin Patrice Talon a bien réouvert son côté de la frontière à l’annonce de la fin des sanctions en février 2024, le général Abdourahamane Tiani – président du Niger depuis son coup d’État militaire – refuse toujours de lui emboîter le pas. Bien que la réouverture du corridor de Tasmiya-Kamba le 9 février 2026 – dans l’état de Kebbi au nord-ouest du Nigeria – permette désormais de faire la jonction entre les deux pays, les axes de transport essentiels à la pointe nord du Bénin passant par Malanville demeurent inopérants, au grand dam des commerçants de la région.

Pour justifier le maintien de cette fermeture, les putschistes – appuyé par une partie de la population nigérienne – accusent le gouvernement béninois de faciliter l’implantation de forces étrangères dans la région et le soupçonnent d’accueillir une base de l’armée française, dans le but de faciliter son irruption sur le territoire nigérien. Sur fond de rejet des ingérences étrangères, ces griefs entre voisins ont des conséquences désastreuses pour l’économie locale tant que pour l’action des ONG. Alors que Patrice Talon avait autorisé l’ONU à mettre en place un couloir humanitaire vers le Niger en 2023, des blocages et des points de surveillance armée demeurent côté nigérien. Les circuits logistiques dédiés à l’acheminement d’assistance humanitaire s’en retrouvent ainsi directement impactés.

Pirogues utilisées par les populations locales sur le fleuve Niger pour contourner la frontière Bénin-Niger fermée après les sanctions CEDEAO

Outre ces problématiques d’accès au terrain, l’action humanitaire au Sahel central est éprouvée par la crise des financements au même titre que les organismes de solidarité partout à travers le monde. Déjà en 2021 et 2022, moins de 25% des besoins financiers de l’Humanitarian Response Plan (HRP) dans la région étaient couverts. Avec la fin de l’USAID et la baisse des financements de l’Aide publique au développement (APD), ces chiffres ne risquent donc certainement pas de s’améliorer.

 

Persévérance, résilience et innovation en contexte de crise

Malgré la quantité d’embûches semées sur le chemin des acteurs de l’humanitaire au Sahel central, de nombreuses ONG et associations parviennent à agir malgré ces contextes troublés pour délivrer une aide précieuse, adaptées aux besoins des populations. Implantée sur les territoires béninois, nigérien et burkinabé, l’ONU déploie son réseau par l’intermédiaire de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), l’UNICEF, le Programme Alimentaire Mondial (PAM), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Haut-Commissariat pour les Réfugiés (HCR) ou encore l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS).

Intervention de la Croix Rouge à Gao après l’attentat d’Al Qaïda contre la Coordination des mouvements de l’Azawad le 18 janvier 2017

Mais au-delà des agences de l’ONU, des initiatives plus spécifiques et locales sont à mettre en lumière. Attelé à la préservation des écosystèmes, le réseau d’organisations de la Maison des Tortues a notamment lancé un programme qui articule parfaitement les problématiques hybrides rencontrées par les habitants de la triple frontière. Au carrefour entre la conservation de l’environnement et le développement socio-économique, le projet « Réserve de Biosphère Transfrontalière du complexe W-Arly-Pendjari » ou « RBT-WAP » propose d’accompagner le développement d’activités économiques rentables et durables auprès des communautés locales, telles que la production puis la transformation de certaines cultures. Du sésame au miel, en passant par le soja et le haricot mungo, il s’agit d’enseigner des techniques durables et la gestion entrepreneuriale à des populations démunies, afin de renforcer leur résilience face aux risques climatiques et à la précarité ambiante. Par conséquent, le travail de cette ONG permet à la fois d’assurer la sécurité alimentaire dans la région, de promouvoir une diversification des sources de revenus et de réduire les pressions sur les ressources naturelles dont dispose le complexe WAP.

À plus petite échelle, la coopération internationale porte également ses fruits. Active sur tous les continents, l’Agence Française de Développement (AFD) a enclenché un programme autour de ce complexe hors du commun de janvier 2023 à décembre 2027. Le projet de « Coopération régionale renforcée autour du complexe écologique WAP » ou « PASOA » s’est doté d’une enveloppe conséquente de 47 millions d’euros, dont 2 millions ont été investis par le Fonds français pour l’environnement mondial. Dans une démarche similaire à la précédente, cette entreprise d’envergure met en œuvre des actions de développement socio-économique et de concertations locales au profit des communautés riveraines du parc W au Bénin. Appuyant également l’action de l’ONG Fondation des Savanes Ouest-Africaines (FSOA), ce programme vise à réduire la vulnérabilité de ces ménages ruraux sur le long terme.

Mais au-delà de cette zone transfrontalière unique, l’action humanitaire couvre le reste des trois territoires concernés. C’est le cas de Solidarités International, qui possède des missions au sein de chacun d’entre eux. Présente depuis 2018 au Burkina Faso à travers trois points d’appui et au Niger, où ses trois missions et son bureau de coordination proche de Tillabéri ont pu rouvrir en 2020, le travail de l’ONG s’articule autour de trois axes d’intervention. Le premier est celui de l’Eau, l’Assainissement et l’Hygiène (EAH) : construire et réhabiliter des points d’eau, distribuer des kits d’hygiène, installer des blocs de latrines-douches pour les communautés, promouvoir de bonnes pratiques d’hygiène, traiter l’eau, distribuer des coupons pour en acheter ou encore réduire les risques liés à la collecte de l’eau, notamment pour les femmes. Le second porte sur la construction d’abris d’urgence par la distribution de kits et l’appui à la reconstruction en cas de dégâts causés par des inondations. Enfin, le troisième consiste à apporter un soutien aux moyens d’existence (SAME). Cela passe à la fois par des distributions alimentaires, un appui aux activités génératrices de revenus, la fourniture d’intrants agricoles mais aussi la dispense de formations professionnelles.

© Solidarités International – Distribution de kits d’hygiène et d’abris en juillet-août 2023 dans la région de Tillabéri (Niger)

En raison de « besoins humanitaires grandissants » – pour des raisons mises en lumière dans cet article – mentionnés sur son site web, il est important de souligner que Solidarités International a ouvert une première mission au nord du Bénin en 2023. Située à Natitingou, dans le département précaire de l’Atacora, elle répond à la propagation de la crise sahélienne vers le sud comme le note l’ONG : « Au nord du Bénin, les départements de l’Atacora et de l’Alibori, structurellement vulnérables, sont confrontés depuis 2021 à une intensification des attaques perpétrées par des Groupes armés non-étatiques de la zone sahélienne. »

Son action s’appuie ici sur quatre axes stratégiques adaptés aux besoins spécifiques des communautés nord-béninoises. En premier lieu, il s’agit de fournir un appui aux populations nouvellement déplacées en distribuant des kits multisectoriels dans les 72h après la connaissance du déplacement. Articles non-alimentaires, hygiène, vivres… près de 1365 kits ont jusque-là pu être distribués en plus de distributions ciblées d’argent liquide (cash transfert). Le second axe prioritaire consiste à détecter les personnes victimes de violences afin de leur proposer un accompagnement psychosocial – démarche d’autant plus pertinente à l’égard des violences faites aux femmes. Commun aux trois pays, le troisième axe implique la gestion de l’EAH à travers la réhabilitation de forages, la distribution de filtres et un appui général à la gouvernance locale de l’eau. Enfin, l’ONG s’attèle, elle aussi, à renforcer la résilience des populations par l’appui à des activités génératrices de revenus.

Aux côtés de ses partenaires, dont Première Urgence Internationale (PUI), Action contre la faim (ACF), le Conseil danois pour les réfugiés (DRC), Humanité et Inclusion (HI) ou Solidarité développement Inclusif (SOLIDEV), Solidarités International œuvre à enrayer les conséquences de la crise sahélienne sur les communautés résidant aux trois frontières. Mais loin de se contenter d’endiguer une précarité chronique, ces initiatives sont des cas d’école remarquables dans un contexte où les États priorisent progressivement l’équilibre budgétaire et la défense au détriment d’autres budgets dont ceux de l’action humanitaire et du développement. En s’attaquant aux racines mêmes de l’instabilité socio-économique au Sahel central, ces organisations renforcent l’autonomie de ces communautés prises en étau entre les Groupes armés non-étatiques et des pouvoirs qui peinent à répondre à ces situations de crise. Face aux conséquences de la pauvreté et de la violence, les acteurs humanitaires agissent avec les acteurs locaux et les populations afin de répondre à leurs besoins essentiels et d’engager des solutions durables de développement. Sécurité, résilience et solidarité sont les faces d’une seule et même réponse pour l’avenir de ces populations.

Salomée Languille.

 

[1]  Le terme « Azawad » désigne une vaste zone au nord du Mali, entre Bamako et les régions sahariennes, et dont les groupes rebelles touaregs revendiquent l’indépendance.


Salomée Languille

Spécialisée en gestion des risques géopolitiques et environnementaux et co-fondatrice du Laboratoire d’Etudes Géopolitiques pour la Mémoire (LEGEM), Salomée achève actuellement un Master 2 à l’Institut Français de Géopolitique (IFG). Dirigée par Alican Tayla, elle rédige en 2025 un mémoire de recherche sur le conflit du Sahara Occidental pour lequel elle effectue un terrain d’un mois à Rabat. Sous la tutelle d’Alain Boinet, elle réalise désormais un stage auprès de Défis Humanitaires pour une durée de 6 mois, dans le cadre duquel elle assure notamment des missions de veille de crise, de documentation et de communication – en particulier concernant l’édition et la publication de la revue.


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Enjeux de la gestion de l’eau du plateau tibétain

Drapeaux de prières au Tibet

Organisé par le Groupe d’information internationale sur le Tibet du Sénat, le colloque du 3 décembre 2024 s’est concentré sur la gestion de l’eau du plateau tibétain, réunissant trois intervenantes : Palmo Tenzin, chercheuse et chargée de plaidoyer pour l’International Campaign for Tibet (ICT) en Allemagne, Dechen Palmo, chercheuse en environnement au Tibet Policy Institute en Inde et siège du gouvernement tibétain en exil, et Tenzin Choekyi, chercheuse pour l’ONG Tibet Watch. Nous présentons ici une synthèse de ce colloque.

Le Tibet, bien que souvent considéré comme une province chinoise, est en réalité un pays annexé par la Chine en 1950. Depuis cette date, la Chine poursuit une politique à grande échelle d’effacement de l’identité tibétaine par de nombreux biais : destructions de monastères, envoi des enfants tibétains en pensionnat pour apprendre le mandarin, accaparement de leurs ressources naturelles, etc.

Véritable réservoir d’eau pour toute la région de l’Asie du Sud-Est, le Tibet est régulièrement appelé « le troisième pôle », et joue un rôle stratégique dans l’équilibre hydrique de la région. On estime à 1,8 milliards le nombre de personnes qui dépendent de l’eau du Tibet. Pourtant, cette région figure parmi les plus vulnérables face au réchauffement climatique, et la construction massive de barrages par la Chine risque d’avoir des répercussions graves dans les années à venir pour l’ensemble des pays de la région.

Le Tibet face aux dangers du changement climatique

Souvent appelé le « château d’eau de l’Asie », le Tibet est la source des huit principaux fleuves d’Asie comme le Brahmapoutre, le Yangtsé, le Mékong et l’Indus.

Carte des fleuves prenant leur source au Tibet

Ces fleuves sont alimentés par les glaciers de l’Himalaya, qui fondent à un rythme alarmant depuis plusieurs années. En effet, le Tibet connait des hausses de température 2 à 4 fois plus rapides que le reste de la planète, accélérant ainsi considérablement la fonte des glaciers de l’Himalaya. On estime que 75% de ces glaciers auront ainsi disparu d’ici 2100.

Si ces glaciers fournissent des ressources en eau pour la consommation et l’agriculture pour 1,8 milliards de personnes, leur fonte trop rapide entraine des catastrophes climatiques sans précédents comme des crues soudaines ou, au contraire, des sècheresses importantes, même durant la saison des pluies.

Cette vulnérabilité au dérèglement climatique est encore aggravée par la construction massive de barrages hydrauliques par la Chine et l’exploitation intensive des ressources hydriques du Tibet.

Les multiples conséquences de la construction de barrages par la Chine au Tibet

Le rapport de l’International Campaign for Tibet : Chinese Hydropower : damning Tibet’s culture, community and environment, publié le mercredi 4 décembre 2024 nous donne une vision globale de l’ampleur des constructions de barrages par la Chine au Tibet.

En effet, le régime chinois a lancé la construction, depuis 2000, de 193 barrages hydroélectriques sur le plateau tibétain. Ces barrages hydroélectriques peuvent remplir 2 fonctions : stocker l’eau dans un réservoir pour une libération différée ou détourner l’eau à l’aide de turbines. Les conclusions du rapport de l’ICT révèlent que leur développement n’a jamais été si important en termes d’échelle, de portée et de vitesse. En effet, 80% des projets étudiés sont des méga-barrages. Plus de la moitié (59 %) sont encore au stade de la proposition (38 %) ou de la préparation (21 %). Si ces 193 barrages sont mis en fonctionnement simultanément, le Tibet disposerait d’une capacité hydroélectrique de plus de 270 GW, soit l’équivalent de la production d’énergie de l’Allemagne en 2022.

Barrage de Srisailam avec vannes ouvertes

Les coûts de ces barrages sont extrêmement élevés, mais le gouvernement chinois choisit de les ignorer, voire de les dissimuler.

D’un point de vue environnemental, ces constructions sont vulnérables aux tremblements de terre, aux glissements de terrains et aux crues, augmentant même le risque de ces phénomènes. Plusieurs tremblements de terre ont déjà détruit des infrastructures hydroélectriques, causant des dizaines de morts et des dommages irréversibles sur l’environnement et la biodiversité. De plus, les barrages augmentent l’empreinte humaine et la pollution par le méthane dans des écosystèmes fragiles et isolés. Ils dégradent la qualité et le débit de l’eau, perturbent la vie aquatique, affectent les sols et bloquent les flux de nutriments en aval.

Sur le plan humain, la construction de ces barrages force l’expulsion de nombreux Tibétains de leur foyer et de leurs terres. Des études montrent que 121 651 personnes ont déjà été expulsées depuis 2000, et le rapport de l’ICT estime qu’1,2 million de personnes seront expulsées si les 193 barrages hydroélectriques sont construits. En outre, de nombreux sites religieux seront abandonnés, voire détruits, pour permettre la mise en œuvre de ces projets.

Un petit monastère tibétain aux fondations détruites encore présent sur la route de Shigatse au Mont Everest en 2009

Si le Tibet dispose d’un potentiel hydroélectrique considérable, les tibétains n’ont aucune possibilité de décider de l’utilisation de leurs ressources. Ce sont les dirigeants du Parti Communiste Chinois (PCC) et les entreprises énergétiques chinoises qui déterminent l’exploitation de l’énergie tibétaine ainsi que la répartition des coûts et des bénéfices. En réalité, l’exploitation des ressources en eau tibétaines bénéficie presque exclusivement aux grandes métropoles chinoises, tout en nuisant de manière disproportionnée et irréversible aux Tibétains et à leur environnement.

Les ressources en eau du Tibet : un enjeu géopolitique et stratégique majeur pour la Chine

L’objectif à long terme du régime chinois est de faire du Tibet un puissant exportateur d’énergie, qui alimentera non seulement le centre et l’Est de la Chine, mais aussi toute l’Asie du Sud-Est.

En contrôlant les fleuves tibétains, la Chine s’impose au premier plan dans le développement de l’hydroélectricité au niveau mondial, un levier stratégique pour accroître son influence régionale et internationale. Si la politique hydroélectrique de la Chine est essentielle à son industrie, elle menace néanmoins la sécurité alimentaire des pays d’Asie du Sud-Est.

Barrage de Xiaowan, fleuve Lancang (Mékong supérieur), Chine. ©Guillaume Lacombe

L’exemple du Mékong est flagrant pour mettre en lumière les conséquences de ces barrages sur les pays d’Asie du Sud-Est.  Ce fleuve vital fournit de l’eau à environ 60 millions de personnes, mais les 11 barrages construits le long du fleuve par le gouvernement chinois ont mené à une baisse significative du niveau d’eau dans les zones en aval de ces barrages. Les conséquences sont irréversibles : fortes sècheresses même pendant la saison des pluies, baisse de la pêche et de l’aquaculture, etc. pour les pays dépendants du Mékong, qui subissent une pression croissante de la part de la Chine.

Selon Dechen Palmo, les pays d’Asie du Sud-Est sont pour le moment dépendants du bon vouloir de la Chine pour leur accès à l’eau. Mais, la situation s’aggravant, ils seront bientôt dans l’obligation de s’unir pour faire face au géant asiatique s’ils veulent sortir de ce rapport de force totalement inégal. Ce déséquilibre pourrait entraîner des conséquences désastreuses sur la stabilité future de la région si la situation n’évoluait pas rapidement.

Pêcheur dans le delta du Mékong © Jean-Pierre Dalbéra

La mobilisation sans précédent des tibétains pour le respect de leur existence et de leurs ressources

Depuis février 2O24, des manifestations ont lieu au Tibet en opposition à la construction à venir du barrage Kamtok dans la province du Sichuan. Ce mégaprojet entrainera l’expulsion de plus de 4 000 Tibétains de leurs villages et la destruction de 6 monastères. Depuis les soulèvements de 2008, violemment réprimés, et les 159 auto-immolations de Tibétains qui ont suivi, les protestations dans la région sont devenues extrêmement rares. Les manifestations actuelles incarnent donc un acte de résistance fort face au régime chinois. A nouveau, les manifestants ont été durement réprimés par les forces de sécurité du régime chinois. Des vidéos ont d’ailleurs témoigné de la gravité de la situation : une vingtaine de Tibétains, dont des personnes âgées et une dizaine de moines, se tenaient à genoux devant des forces de sécurité du PCC, implorant l’arrêt de la construction du barrage qui les forcerait à fuir. Beaucoup ont été arrêtés et certains ont été roués de coups, soupçonnés d’être les meneurs de ces manifestations. Depuis ce jour, des renforts militaires ont été envoyés et aucune nouvelle image des Tibétains concernés n’a été diffusée.

Si les exilés tibétains luttent pour visibiliser leur cause et alerter la communauté internationale, beaucoup se demandent si leur action a un véritable impact, puisqu’aucune réelle amélioration n’a eu lieu et que la Chine poursuit ses projets de construction. Le droit ne protège par les tibétains mais bien les entreprises d’Etat chinoises, et les tibétains continuent de faire l’objet d’arrestations arbitraires dans leur combat pour dénoncer l’exploitation illégale des ressources en eau du Tibet et les violations qui en découlent. Les preuves qu’ils collectent et diffusent sur internet ou les réseaux sociaux sont systématiquement censurées.

Si ces barrages voient le jour, des millions de personnes, tant au Tibet que dans le reste de la Chine, devront faire face à des conséquences catastrophiques dans les années à venir. Les Tibétains seront les premières victimes, mais les habitants de la Chine continentale en subiront également les effets.

Une femme porte un enfant à Barkhor, dans la région autonome du Tibet © UNICEF-Palani Mohan

Une possible coopération ?

En dépit de ces défis, et même si la Chine est pour le moment récalcitrante à une gouvernance transfrontalière, il existe une place pour la coopération. En effet, l’approche GIRE pourrait permettre un partage équitable des ressources en eau du Tibet entre les différents pays d’Asie du Sud-Est. Telle que définie par le Partenariat Mondial sur l’Eau, « la GIRE est un processus qui encourage la mise en valeur et la gestion coordonnées de l’eau, des terres et des ressources associées, en vue de maximiser le bien-être économique et social qui en résulte d’une manière équitable, sans compromettre la pérennité des écosystèmes vitaux[1] ».

Cette approche a déjà fait ses preuves dans la gestion du fleuve Niger, qui traverse 9 pays d’Afrique de l’Ouest et s’étend sur plus de 4 200km. Depuis 1964, l’Autorité du Bassin du Niger (ABN) regroupe les Etats dépendants du fleuve (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Guinée, Mali, Niger, Nigeria et Tchad) et coordonne les politiques de gestion de l’eau dans le but de prévenir les conflits et de promouvoir le développement socio-économique. Les différents projets mis en place par l’ABN permettent également la coopération régionale dans la lutte contre la sècheresse, pour l’accès à l’eau potable, la préservation des écosystèmes fragiles, etc.

Les enjeux auxquels fait face l’ABN sont très similaires à ceux rencontrés par les pays d’Asie du Sud-Est. La coopération que ces pays d’Afrique de l’Ouest ont su mettre en place devrait ainsi servir d’exemple à la création d’une réelle gouvernance transfrontalière entre la Chine et les pays du Sud-Est de l’Asie autour des fleuves qui trouvent leur source au Tibet.

Recommandations des intervenantes

  1. Les tibétains doivent être consultés lors de projets de développement, et leurs droits doivent être protégés.
  2. Les énergies renouvelables (solaire et éolienne) doivent désormais être privilégiées car elles n’entraînent pas les coûts environnementaux, climatiques et sociaux de l’énergie hydroélectrique.
  3. La Chine devrait signer et adhérer à la Convention des Nations unies de 1997 sur le droit relatif aux utilisations des cours d’eau internationaux à des fins autres que la navigation, afin de garantir les principes fondamentaux d’utilisation équitable et raisonnable et d’absence de préjudice dans la gestion de l’eau.
  4. La Chine doit également s’engager dans des forums multilatéraux sur la politique de l’eau transfrontalière afin d’établir une architecture de gestion mutuellement bénéfique en signant des accords de partage des eaux et des données scientifiques.
  5. La France et l’Europe doivent soutenir les organisations internationales qui peuvent être des forums de discussion pour négocier ces accords.
  6. La France et l’Europe doivent faire pression sur la Chine et mettre en lumière les conséquences néfastes de ces constructions.

 

[1] Global Water Partnership, Technical Advisory Committee (TAC) La gestion intégrée des ressources en eau 2000, TAC Background Papers No. 4, 65p., 04-integrated-water-resources-management-2000-french.pdf

 

India Hauteville

India Hauteville est diplômée d’un premier master en Politique Internationale à Sciences Po Bordeaux et actuellement étudiante au sein du master Intégration et mutations en Méditerranée et au Moyen-Orient à Sciences Po Grenoble. Elle est l’assistante actuelle du fondateur de Solidarités International, Mr. Alain Boinet.

Particulièrement intéressée par le conflit syrien, elle rédige actuellement un mémoire sur l’articulation entre les principes humanitaires et les réalités du terrain syrien, en prenant l’ONG Solidarités International comme étude de cas.

 

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