2026, un monde sans dessus dessous ?

Le président vénézuélien Nicolàs Maduro escorté par des agents des forces fédérales lors de son arrestation dans la nuit du 3 janvier 2026. © Rapid Response 47 (réseaux sociaux)

Bonne année d’abord et avant tout en vous présentant nos vœux les plus cordiaux pour 2026, pour vous, vos familles et vos projets. Nous vous remercions pour votre fidélité et de votre soutien en vous annonçant un nouveau projet de Défis Humanitaires présenté en conclusion de notre éditorial.

L’année 2026 commence de manière spectaculaire avec l’enlèvement par les Etats-Unis du président vénézuélien, Nicolàs Maduro et de sa femme Cilia Flores, samedi 3 janvier en pleine nuit à Caracas lors d’une opération militaire chirurgicale. Sa photo de prisonnier a fait le tour du monde et Donald Trump a assisté en direct à son arrestation « comme à la télévision ». Cela nous rappelle l’Irak et Saddam Hussein !

Lors d’une conférence de presse nocturne Donald Trump a notamment déclaré prendre le contrôle du Vénézuéla pour « nous assurer d’une transition sûre, appropriée et avisée ». Nous verrons ce qu’il en est, la suite pouvant se révéler plus compliquée. Malgré toutes les critiques que l’on peut faire du régime dictatorial de Nicolàs Maduro, ce coup de force soulève la question du respect de la souveraineté des Etats-nations et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

« Fini l’idéalisme utopique, place au réalisme pur et dur ». Pete Hegseth.

Ce à quoi nous assistons c’est la mise en œuvre de la nouvelle « Stratégie nationale de sécurité des Etats-Unis ». Et, plus précisément, la réaffirmation avec force de la doctrine Monroe pour « restaurer la prééminence américaine dans l’hémisphère occidental » c’est-à-dire sur l’Amérique Latine assortie du « corolaire Trump ».

Voilà tous les pays de la région prévenus de ce qui peut les attendre, comme des pays extérieurs qui s’aventureraient à s’ingérer dans cette sphère d’influence exclusive ! Cela promet des rebondissements à venir.

Ce à quoi nous assistons au Vénézuéla est une parfaite illustration de la nouvelle stratégie des Etats-Unis de Donald Trump. Plus de grandes croisades sans fin au risque de l’enlisement contre l’axe du mal et pour soi-disant démocratiser l’univers. Mais une force au service des seuls intérêts américains basée sur une supériorité massive au niveau militaire, économique et technologique.

Si Trump n’est pas un va-t’en guerre néo-conservateurs selon les experts, c’est le « shérif » qui s’affranchit du droit et « qui a ordonné plus de frappes en un an que Biden au cours de ses quatre années de mandat » (Le Grand Continent). Ce n’est plus l’hyperpuissance au service d’une mondialisation du libre-échange, mais une force déterminée et ciblée au bénéfice de la suprématie américaine pour les décennies à venir.

Stratégie nationale de sécurité des Etats-Unis.

Le président Donald J. Trump tient une conférence de presse à Palm Beach, en Floride, le 3 janvier 2026, en compagnie du secrétaire d’État Marco Rubio, du secrétaire à la Guerre Pete Hegseth et du général de l’armée de l’air Dan Caine, président du Comité des chefs d’état-major, pour discuter de l’opération Absolute Resolve à Caracas, au Venezuela. ©Maison Blanche

 

Cette nouvelle stratégie sonne la fin de la politique étrangère des Etats-Unis depuis 1945. Ce document est un véritable réquisitoire contre les élites qui ont conduits la politique américaine après la Guerre froide. Au centre de cette doctrine trône dorénavant un slogan appelé à devenir un mot d’ordre « la paix par la force » qui peut être le Cheval de Troie de bien d’autres appétits et objectifs sans frontières.

N’en doutons pas, cette stratégie est déjà à l’œuvre et va aller crescendo, en s’adaptant si nécessaire. Elle concerne tout autant la politique intérieure que les grands protagonistes internationaux. Elle a le mérite de la clarté.

Ainsi, si le sort de l’Amérique du Sud est celui de la doctrine Monroe de souveraineté limitée comme au temps de Brejnev avec l’Europe centrale et orientale, l’Europe d’aujourd’hui est considérée comme un continent déclinant manquant de confiance et d’identité et dont il faut cependant « promouvoir la grandeur » nécessaire aux Etats-Unis à l’aide d’un programme de redressement « made in Trump ».

Et de souligner que l’Europe a perdu des parts du PIB mondial, passant de 25% en 1990 à 14% aujourd’hui ! Cela devrait d’ailleurs nous secouer pour sortir de notre torpeur. La faiblesse est désormais incompatible avec la liberté, la prospérité, l’indépendance et la souveraineté dans le monde de Trump, Xi Xinping, Poutine, Erdogan où la force est la condition sine qua non de l’existence.

Face à cette stratégie qui privilégie le bilatéral face au multilatéral, la souveraineté face aux institutions internationales, le national face à l’internationalisme et qui entend assurer son hégémonie tout en déclarant « ne pas vouloir dominer le monde et ne pas changer les différences », l’Europe est conduite à se reposer la question de ses fondations qui sont celles des nations qui la constituent et qui sont sa légitimité politique et sa force morale. Seules ces nations seraient vassalisées, ensemble elles le seront tout autant si l’Europe ne se réinvente pas dans le monde tel qu’il devient.

Les pays membres et l’Union Européenne, fondée à l’origine sur la paix, le droit et le commerce, ne peuvent pas ne pas se poser la question de leur existence dans un monde dominé par le retour des empires, l’emploi de la force et le lâchage des Etats-Unis.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le président français Emmanuel Macron ont coordonné leurs positions en amont de la réunion des dirigeants des pays participant à la Coalition des volontaires, tenue à Paris le 6 janvier 2026. ©Gouvernement ukrainien

Alors qu’une Conférence de la Coalition des pays volontaires pour soutenir l’Ukraine se tient mardi 6 janvier à Paris, la position américaine est limpide. Négocier une cessation rapide des hostilités et rétablir une stabilité stratégique avec la Russie. On voit là l’idée de la « realpolitik » des sphères d’influence mais aussi l’objectif de disjoindre « l’alliance indéfectible » de la Russie avec la Chine devenue l’adversaire systémique depuis Barak Obama.

Pour l’Europe et ses pays comme pour la Pologne, les Pays Baltes qui connaissent de près la Russie, la question se pose très différemment. Quel sera le prix de la fin de la guerre et quelles garanties de sécurité pour l’Ukraine et ses voisins ? C’est tout l’enjeu y compris pour les Etats-Unis.

Il y aurait encore beaucoup à dire sur la Stratégie nationale de sécurité des Etats-Unis. Vous trouverez dans cet édition l’excellent article de Pierre Brunet que je vous invite à lire à ce sujet.

Et l’humanitaire dans tout cela ?

Les Gazaouis font la queue pour obtenir de la nourriture dans une cuisine communautaire à Deir al Balah. ©UNOCHA Olga Cherevko

Pour aller à l’essentiel, l’équation est simple et brutale. Les besoins humanitaires vont en augmentant mais les moyens chutent drastiquement. Il s’agit non seulement des crises en cours, mais aussi d’anticiper ce que 2026 nous réserve : épidémie, catastrophe et guerre sur fond de pauvreté extrême.

La crise ouverte au Vénézuéla qui compte déjà des millions et millions de réfugiés du pouvoir dictatorial de Nicolàs Maduro, se résoudra-t-elle pacifiquement dans les urnes ? Nous l’espérons. Le coup de force des Etats-Unis au Vénézuéla sera-t-il bientôt suivi d’autres comme l’annonce Donald Trump ? Sans parler de l’exemple que le Vénézuéla pourrait inspirer en provoquant une compétition géopolitique faite de prédation et de violence.

Maintenant, où en sommes-nous  sur le plan des ressources humanitaires. L’année 2025 est bien celle de la bascule des financements. Pour mémoire, l’appel des Nations-Unies avec OCHA était de 45,46 milliards de dollars destinés à secourir 181,2 millions de personnes en danger. Devant la chute brutale des financements des Etats-Unis et d’autres pays, OCHA a dû revoir son plan à la baisse le 16 juin 2025 pour un budget de 29 milliards de dollars destinés à 114 millions de personnes.

Pour rappel, l’évaluation initiale des personnes ayant besoin d’une aide vitale était de 300 millions de personnes dans 72 pays. Ce qui a fait dire à Tom Fletcher « Nous avons été forcés de faire un tri de la survie humaine ». Finalement, le budget 2025 a été de 23,23 millions de dollars dont 13,41 pour l’appel consolidé et 9,9 millions provenant d’autres fonds.

L’ONU a lancé un appel pour 2026 de 23 milliards de dollars pour secourir 87 millions de personnes frappés par la guerre, les catastrophes, les épidémies et l’effondrement des récoltes en indiquant qu’il faudrait réunir au total 33 milliards pour répondre aux besoins essentiels de 135 millions de personnes dans 50 pays.

Qu’en sera-t-il ? La baisse de l’aide humanitaire va t’elle se stabiliser ou se poursuivre et avec quelles conséquences humaines ? Ce qui est certain c’est que les humanitaires doivent se mobiliser sans réserve pour lutter contre le reflux et l’abandon qui est en cours. Sans parler de nouvelles conditionnalités risquant de mettre en cause les principes humanitaires et le poids d’une redevabilité toujours plus pesante et paralysante.

Les Etats-Unis viennent de promettre 2 milliards de dollars pour l’aide humanitaire avec 3 conditions pour l’ONU : une réforme structurelle, la centralisation du contrôle et une stricte redevabilité tout en prévenant que l’usage de ces fonds devaient répondre aux « intérêts nationaux américains » et que des pays en étaient exclus comme l’Afghanistan, le Yémen et Gaza. Il va donc falloir que les autres acteurs qui financent l’aide humanitaire compensent les absences des Etats-Unis et mobilise les ressources suffisantes pour les victimes des grandes crises.

Le droit humanitaire international battu en brèche.

De la nourriture d'urgence est distribuée à Kryvorizhzhia, dans la région de Donetsk, sur la ligne de front, en Ukraine.
© WFP/Sayed Asif Mahmud De la nourriture d’urgence est distribuée à Kryvorizhzhia, dans la région de Donetsk, sur la ligne de front, en Ukraine.

Autre signe des temps, les autorités israéliennes confirment l’interdiction à 37 ONG humanitaires internationales de continuer d’apporter de l’aide à Gaza si elles ne communiquent pas d’ici le 1er mars la liste de leurs employés palestiniens. Du point de vue des principes humanitaires, ces ONG ont raison et doivent être soutenues.

Cela nous rappelle l’expulsion de toutes les ONG de Kaboul par les Talibans dans les années 1995, mais aussi celle de plus de 30 ONG du Rwanda en 1996 par le pouvoir de Paul Kagamé et, enfin, l’expulsion manu militari de 14 ONG du Darfour par le président Omar El Béchir en 2009 suite à sa condamnation par la Cour Pénale Internationale.

Sans annulation de cette interdiction demandée par de nombreux pays et par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, cela entrainera des conséquences humanitaires immédiates pour la population de Gaza déjà fortement éprouvée. Mais l’objectif est peut-être justement de les remplacer par une structure installée et contrôlée par Israël.

L’espace humanitaire à venir ne se réduit pas seulement par des capacités budgétaires fortement diminuées, mais également par les accès qui lui seraient interdits dès lors que les ONG gêneraient et qu’elles n’auraient plus le soutien suffisant de grands acteurs internationaux et des opilions publiques.

En ce début d’année 2026, l’enlèvement de Nicolas Maduro et l’interdiction de 37 ONG à Gaza sont des signaux significatifs de changements qui nécessitent des réponses individuelles et collectives à la hauteur des enjeux.

L’aggiornamento de Défis Humanitaires et un nouveau projet.

Dans ce contexte de rupture il est indispensable pour Défis Humanitaires d’évoluer, de s’adapter afin de poursuivre notre mission d’information, de débat, d’alerte et de proposition.

Cela est d’autant plus vrai, que nous sommes de plus en plus confrontés à la désinformation, à des vérités dites alternatives et des campagnes cyber de manipulation de grande envergure.

Cette évolution concerne d’abord la ligne éditoriale qui doit donner plus de place à la géopolitique humanitaire des crises, aux liens entre choix politique et conséquences comme avec l’Aide Publique au Développement. De même, le contexte nous conduit à développer les sujets liés à l’innovation, la mutualisation, au financement et à un plaidoyer plus effectif en direction des pouvoirs publics et des médias.

L’autre axe majeur de notre évolution concerne le support lui-même avec un changement de maquette de type média-presse bénéficiant de nouvelles fonctionnalités pour mobiliser plus de lecteurs, un accès facile et rapide aux archives et à une traduction de nos articles dans un plus grand nombre de langues.

Défis Humanitaires est une revue indépendante, gratuite mais qui a un coût. Si ce coût est celui du bénévolat, il nécessite aussi des financements indispensables pour faire appel à une agence spécialisée compétente pour concevoir la nouvelle maquette. De même, l’évolution de la ligne éditoriale et des éditions suppose un renforcement de la rédaction.

Aussi, en ce début d’année, je lance un appel à tous nos lecteurs qui sont nos meilleurs alliés pour financer ce développement grâce à leur soutien en rappelant que votre don est déductible à hauteur de 66% de son montant et que vous pouvez le faire dès aujourd’hui ici : Votre don est un levier d’action humanitaire, un grand merci. – Helloasso.

Je vous en remercie par avance et vous présente encore mes meilleurs vœux en vous assurant que vous pourrez compter sur Défis Humanitaires.

Alain Boinet.

Alain Boinet est le président de l’association Défis Humanitaires qui publie la Revue en ligne www.defishumanitaires.com. Il est le fondateur de l’association humanitaire Solidarités International dont il a été directeur général durant 35 ans. Par ailleurs, il est membre du Groupe de Concertation Humanitaire auprès du Centre de Crise et de Soutien du ministère de l’Europe et des affaires étrangères, membre du Conseil d’administration de Solidarités International, du Partenariat Français pour l’eau (PFE), de la Fondation Véolia, du Think Tank (re)sources. Il continue de se rendre sur le terrain (Syrie du nord-est, Haut-Karabagh/Artsakh et Arménie) et de témoigner dans les médias.


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Pour vous, avec vous, merci ! 

 

Une famille arrive au centre de transit du HCR, près du poste frontière de Joda à Renk, au Soudan du Sud.© UNHCR : Charlotte Hallqvist

Lectrices, lecteurs, c’est pour vous que nous publions cette édition à la veille des fêtes de Noël et du Nouvel An en vous remerciant pour votre fidélité.  

En cette fin d’année, je souhaite vous informer que nous avons le projet de faire évoluer la revue Défis Humanitaires. 

 Mais pourquoi me direz-vous ?  

Pour deux raisons essentielles, l’une humanitaire et l’autre géopolitique tant elles sont étroitement liées et que nous allons analyser ensemble maintenant.  

Parce que le monde a basculé entre 2022 et 2025 mettant fin à celui né après la seconde guerre mondiale, après la chute du Mur de Berlin et de l’URSS et suite à l’attentat contre le World Trade Center. Les principaux événements qui l’ont provoqué sont l’attaque Russe contre l’Ukraine et la seconde élection de Donald Trump.  

Un monde en rupture.  

Nous avons changé de période historique et d’agenda mondial pour longtemps et, après la publication dans Défis Humanitaires depuis l’origine de plus de 500 articles, nous devons maintenant adapter notre revue aux nouveaux enjeux, risques et espoirs afin de mieux remplir notre mission d’information, d’analyse, d’anticipation, de mobilisation notamment pour défendre l’action humanitaire brutalement affaiblie cette année.  

Dans un monde plus interconnecté et interdépendant que jamais, nous vivons de multiples fractures qui se renforcent les unes les autres. Guerre de haute intensité en Ukraine, 120 conflits majeurs en augmentation dans le monde, Donald Trump MAGA isolationniste imprévisible mais constant dans sa volonté de changer les règles, Russie de Vladimir Poutine agressive et déterminée, Chine impériale expansionniste, Sud global critique et revendicatif, ONU paralysée, Europe déstabilisée sur la défensive, France affaiblie et partout des budgets militaires qui explosent avec 2718 milliards de dollars de dépenses mondiales en 2024 en augmentation de 9,4% par rapport à 2023.  

Les organisations humanitaires apportent leur soutien aux personnes touchées par l’attaque meurtrière menée dans la nuit du 19 novembre par les forces armées de la Fédération de Russie à Ternopil – ©UNOCHA

Mais encore, crise de la démocratie libérale, surchauffe du climat, menace sur la biodiversité, explosion démographique en Afrique, information manipulée et l’aide humanitaire des Etats développés qui chute brutalement cette année pour 305 millions d’êtres humains en danger dans le monde ! Cela cache pourtant de nombreux progrès humains qui se trouvent masqués, voire annihilés, par cette spirale du changement d’époque : santé, éducation, espérance de vie, recherche, …. 

Un monde d’avant-guerre ?  

Le risque de guerre s’accroit, singulièrement en Europe et en Asie-Pacifique, et devient un enjeu existentiel collectif. Le ministre allemand de la défense, David Pistorius, social-démocrate, déclare au Parlement allemand « Nous devons être prêts pour la guerre d’ici 2029 ». Le Secrétaire à la défense des Etats-Unis, Pete Hegseth lance « Nous vivons un moment 1939 ». Le général Fabien Mandon, chef d’état-major des armées en France, annonce que nous devions être prêt dans les 3 à 4 ans à faire face à une attaque de la Russie en Europe. Or, nous le savons bien par expérience, la guerre est la cause principale de l’aide humanitaire !  

C’est dans ce contexte que le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé la création d’un service militaire volontaire approuvé par 81 % des Français (Etude IFOP pour LCI du 26.11.2025) quand 73% d’entre eux (sondage Ipsos-BVA-Cesi) craignent les répercussions de la guerre en Ukraine en France même. Après 40 mois de guerre en Ukraine couverte quotidiennement par les médias, chacun peut se faire une idée des conséquences humaines que cela signifie dans un monde ou 10% de la population mondiale est désormais exposée à la guerre.  

Des patients reçoivent des soins au sein de l’hôpital de campagne du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Rafah, dans la bande de Gaza. ©CICR

Une aide humanitaire et au développement qui s’effondre !   

C’est dans un contexte où les besoins humanitaires n’ont jamais été si nombreux et où ils vont s’accroître, que les pays développés qui financent l’Aide Publique au Développement (APD) ont décidé, pour la majorité d’entre eux, de réduire en moyenne d’au moins 50% leur soutien. Cela signifie, sur un budget 2024 estimé à 212, 1 milliards de dollars, une coupe de près de 105 milliards chaque année.  Quelles en seront les conséquences directes et indirectes en matière de santé, d’alimentation, de formation, d’emploi, de partenariat, d’instabilité, de tensions, de mouvement migratoire, de confiance et d’espoir ?   

Cette période de profonde rupture dans les relations internationales, ces risques de guerre doivent-ils pour autant et sans aucune anticipation dans la durée conduire à une telle attrition de l’aide internationale au risque d’aviver de multiples tensions sous-jacentes et d’accroître le nombre et l’intensité des conflits ! Est-ce vraiment un bon calcul de « realpolitik » ou un réflexe défensif trop hâtif ?  

Plus concrètement, l’aide humanitaire internationale sera en 2025 d’environ 20,8 milliards de dollars au lieu de 45,58 milliards nécessaires ! A comparer aux 37 milliards USD mobilisés en 2023 et aux 43,3 en 2022. Nous revenons en arrière et annulons ainsi 10 ans d’engagement et de progrès pour sauver des vies et rechercher la paix.  

Financements totaux signalés et traités par le FTS 2025 – à l’intérieur et à l’extérieur des plans coordonnés (En milliards USD – Données arrêtées au 29 novembre 2025) Financements dans le cadre des plans coordonnés (barres bleu foncé) Autres financements humanitaires (barres vert clair) Source : FTS – Financial Tracking Service / OCHA   

Si nous prenons le cas de la France, le budget de l’aide humanitaire sera en 2025 (source FTS OCHA) de 348 millions d’euros contre le milliard d’euros prévu il y a peu encore dans la trajectoire du gouvernement français.  

Si nous prenons le soutien des pouvoirs publics aux ONG de développement et humanitaire, celui-ci a été de 1,3 milliard d’euros en 2023 et il est de 497 millions d’euros (source CHD) dans le projet de loi de finance 2026 !  

Ce désengagement massif et rapide de l’Etat va provoquer une cascade en chaine de conséquences néfastes : abandon de projets d’aide essentielle, suppression de postes et compétences dans les associations, disparition possible à terme de certaines associations. Pourtant, selon une enquête de l’institut Harris Interactive, deux tiers des Français sont favorables à la solidarité internationale !  

Le projet que nous vous proposons.  

Pour la première fois depuis longtemps, l’aide humanitaire chute dangereusement pour les populations en danger ! Nous ne pouvons plus parler et écrire comme avant ! Les médias humanitaires sont rares et beaucoup de personnes continuent de penser et de faire comme avant !  

Nous devons nous adapter afin de chercher à convaincre les décideurs politiques de la gravité des conséquences de décisions de baisse de l’aide prises trop vite.  

Nous devons accélérer les voies et moyens pour améliorer par nous-mêmes l’aide humanitaire par l’innovation, la coordination, la mutualisation, la coopération entre acteurs, le partenariat avec l’entreprise et les collectivités locales, la philanthropie, la communication destinée à l’opinion publique et aux donateurs.  

Dans ce but, nous invitons nos lectrices et lecteurs, nos amis et donateurs à soutenir notre démarche pour la rendre simplement possible.    

Bombardement, attentat, mine ? Cet enfant a perdu ses 2 jambes ©UOSSM

Nous avons le projet de :  

  • Faire évoluer notre ligne éditoriale en l’élargissant aux questions qui impactent l’aide humanitaire, en particulier entre le national et l’international dont on voit combien ils sont liés quand les budgets s’effondrent.  
  • D’adapter la maquette vers un média-presse doté de nouvelles fonctionnalités générant plus de visibilité et de lecteurs.  
  • De renforcer notre assistance de rédaction pour plus de contenu et d’impact pour mobiliser l’opinion, les décideurs et influer sur les politiques publiques.   

Pour réussir ce projet humanitaire, j’ai besoin du soutien généreux de nos lectrices et lecteurs qui grâce à leur don (faireundon) peuvent le rendre possible et prochain.   

En cette période traditionnelle de don de fin d’année qui bénéficie d’une déduction fiscale (66% du montant de votre don est déductible), je vous invite à participer et à soutenir ce projet de votre revue en lui faisant un don (faireundon) dont je vous remercie personnellement chaleureusement. Un grand merci.  

Je vous souhaite de belles fêtes de fin d’année.  

Alain Boinet.  

PS/ Vous recevrez un reçu fiscal au mois de janvier pour la déduction fiscale de votre don (faireundon). Un grand merci et bonnes fêtes de Noël et du Nouvel An.  


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APPEL AUX LECTRICES ET LECTEURS

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