Occident, ennemi mondial n°1, entretien exclusif avec Jean-François Colosimo

 

©US Governement G7 2025 KANANASKIS

Alain Boinet  :

Dans votre livre « Occident, ennemi mondial N°1 », vous écrivez : « Nous ne l’avons pas vu venir. Puis nous n’en avons pas cru nos yeux. Puis, c’est arrivé ». Pour nos lecteurs qui n’auraient pas encore lu votre livre, de quel événement s’agit-il ?

Jean François-Colosimo :

Après l’effondrement de l’Est totalitaire face à l’Ouest libéral, nous pensions que la mondialisation finirait par accoucher de la paix perpétuelle. Les institutions internationales, héritées de 1945, confirmées après 1989, nous semblaient avoir l’éternité devant elles pour atténuer si ce n’est résorber les conflits et les déséquilibres opposant désormais le Nord et le Sud. Il n’en a rien été. Subitement, nous avons vu basculer l’axe du globe et imploser l’ordre planétaire. D’anciens empires autocratiques que l’on croyait révolus sont réapparus. Sur les ruines de leur occidentalisation à marche forcée  au cours du XXe siècle qui fut de type uniquement révolutionnaire, soit socialiste, soit nationaliste, ils ont entrepris un vaste  réarmement identitaire en instrumentalisant leur fond religieux.  Ce sont la Russie « orthodoxe » de Poutine, la Turquie « sunnite » d’Erdogan, l’Iran « chiite » de Khamenei, la Chine « confucianiste » de Xi, l’Inde « hindouiste » de Modi.  Tous les oppose sauf la désignation de leur ennemi commun qu’ils nomment l’ « Occident », cette puissance selon eux dominatrice, égoïste, hypocrite, décadente, à savoir l’Amérique et l’Europe dont ils auraient pour mission de libérer les peuples de la Terre qu’elles asserviraient.

Occident, ennemi mondial n°1, Jean François-Colosimo, Albin Michel

AB :

L’élection de Donald Trump et son projet MAGA incarne-t-il le 6e empire qui change et complique la donne mondiale par les déstabilisations, voire le chaos qu’il porte ?

JFC :

Le lien transatlantique est une illusion. Il masque en fait la mainmise du Nouveau Monde sur le Vieux-Continent.  Il en va de même pour l’opposition convenue entre une bonne Amérique démocratique et une mauvaise Amérique dévote. En réalité, le mythe fondateur des Etats-Unis engendre, sur le modèle de la Rome antique,  une république impériale providentiellement destinée au règne du Bien. C’est   le seul pays où l’extrémisme religieux a réussi en adoptant comme régime politique le libéralisme absolu et en fusionnant les divers véhicules de croyance dans le culte unique de la religion civile. Là-dessus, Trump ne se distingue guère de ses prédécesseurs. Le tournant qu’il marque et qui le dépasse tient à ce que les Etats-Unis, afin d’enrayer leur possible et probable déclin, renoue instinctivement avec leur mercantilisme originel inhérent à leur sentiment d’élection divine : isolationnisme pour contenir les marchés intérieurs, interventionnisme pour conquérir les marchés extérieurs. Ce qui, dans le contexte de la raréfaction planétaire des ressources, inaugure un hypercapitalisme reposant plus que jamais, à Washington, sur la consolidation du complexe militaro-industriel, l’exaltation de la force et l’imposition, sous couvert de meilleur deal, du fait accompli.

©US Governement, Trump Fort Bag North Carolina 2025

AB :

L’invasion de l’Ukraine par la Russie de Vladimir Poutine, membre du Conseil de sécurité des Nations-Unies, représente-t-elle un « changement d’époque » et le recours à la guerre pour régler ses différents ne risque t’il pas de donner des idées à d’autres Etats ?

JFC :

Partout éclatent des conflits sans claire raison ou résolution que nous percevons de manière très sélective. Il n’y a qu’à penser à la guerre du Yémen qui, au contraire d’autres, n’a guère ému notre jeunesse et, plus largement, l’opinion.  Dans le cas de Vladimir Poutine, le bellicisme est constitutif de son autoritarisme. Chaque fois, en attaquant la Géorgie en 2008, la Crimée et le Donbass en 2014, Kyiv en 2023, il s’est agi pour lui de sauver son pouvoir oligarchique et kleptomane en mobilisant les masses au nom de la revanche. Erdogan au Caucase, Khamenei au Levant, Xi et Modi en Asie ne procèdent pas autrement. Le départ bâclé des Etats-Unis de Kaboul, voulu par Joe Biden en 2022, après 20 ans d’occupation, un coût financier de 3500 milliards de dollars et humain de 200 000 morts, le tout pour abandonner les Afghanes aux Talibans, a  lancé la course globale à la violence sacralisée dans le mépris ouvert des droits humains.

AB :

L’Europe confrontée à la guerre que lui a déclaré Vladimir Poutine et aux critiques de Donald Trump est-elle en danger et prête à y faire face ?

JFC :

L’Occident est une notion vague, multiforme, sans vraie définition stable et à portée comme à usage purement idéologique. Depuis 1945, ce mot-valise n’a de sens concret que l’OTAN, le pacte militaire qui consigne la complète dépendance de l’Europe, pour ce qui est de sa défense, à l’égard des Etats-Unis. L’Union s’est construite sur l’utopie de la paix. Elle se trouve aujourd’hui désarmée alors que l’Amérique se détourne de l’Atlantique pour se tourner vers le nouveau bassin géopolitique qu’est le Pacifique. De surcroît, l’Union égalitaire à 27 ne peut-être que désunie. Seule une Europe carolingienne saurait trouver les moyens de résister. Enfin, resterait alors en suspens la question de pourquoi se bat-on. Depuis l’invasion de l’Ukraine, laquelle a ramené la guerre conventionnelle au cœur du continent après les terribles guérillas tribales qui ont embrasé l’ex-Yougoslavie dès 1989, on ne cesse d’évoquer un indispensable sursaut. Encore faudrait-il qu’il existe la volonté de combattre pour un idéal qui va avec l’éventualité de mourir pour ce même idéal. L’épuisement spirituel est aussi redoutable que l’inertie stratégique.

©North Atlantic Council | Photo: Ministry of © Foreign Affairs Government of the Netherlands

AB :

Dans votre livre, vous prévoyez l’auto-extinction à terme des empires russe, chinois, perse, turc et indien. Mais, en Europe et ailleurs, la démocratie libérale est mise en question et affaiblie, la menace russe est réelle et l’influence occidentale et européenne régresse dans le monde. Comment voyez-vous ce dilemme pour l’Europe ?

JFC :

De l’orée des Temps modernes à aujourd’hui, ces empires n’ont cessé de s’affronter. Ils recommenceront demain. Aujourd’hui, l’hypothèse de notre destruction, à tout le moins de notre marginalisation, les rend momentanément solidaires. De même que le dépeçage néo-colonialiste qu’ils exercent à l’encontre des pays faibles du Sud, à commencer par ceux de l’Afrique subsaharienne où se ruent Chinois, Russes et Turcs. L’Europe est en retard d’une mappemonde. Le prix de son aveuglement sera abyssal pour elle-même mais aussi pour les plus démunis des peuples si elle les laisse sombrer dans cette nouvelle servitude.

AB :

A quoi peut servir l’ONU aujourd’hui et son affaiblissement n’est-il pas aussi le signe précurseur d’un nouvel ordre international en recomposition ?

JFC : Comme ses homologues, le FMI, l’OMC, l’OMS ou la FAO, l’ONU est un grand cadavre à la dérive dont les motions résonnent dans le vide. L’enceinte des Nations-Unies, plombée par toutes sortes de conflits d’intérêt et de détournements de légitimité, constitue au mieux la scène la plus fournie en acteurs insincères de l’agonie de la diplomatie universaliste. C’est ainsi. Un monde pluriverse tel celui dans lequel nous entrons réclame plus de pressions que de palabres.

AB :

Entre une mondialisation qui se fissure et l’affirmation des empires comme des BRICS, comme on l’a vu lors du Sommet de Kazan en octobre 2024, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le droit des gens sont-ils en danger et que faire pour les protéger et les promouvoir ?

JFC :

Les Brics sont une nébuleuse que les néo-empires tentent de récupérer à leur profit. Notre faute est de les laisser faire au lieu de proposer aux moins vindicatifs des pays du Sud un nouveau pacte de justice qui aurait par ailleurs et pour première incidence de freiner la crise migratoire. Le problème est moins que nous n’avons guère la capacité de le financer, mais que nous refusons la faculté de l’imaginer. Sur un plan politique, l’absence d’une forte réaction européenne à, par exemple, la mort du russe Alexeï Navalny paraît sonner le glas pour les dissidences qui, en Turquie, en Iran, en Chine, en Inde, ces Etats concentrationnaires, disent non à la tyrannie.

Réunion des BRICS en Russie à Kazan du 22 au 24 octobre 2024

AB :

L’Aide Publique au Développement et à l’aide humanitaire est en chute libre dans la plupart des pays membres de l’OCDE avec de graves conséquences. Comment voyez-vous ce changement et ses conséquences et comment y remédier ?

JFC :

Ce retrait est non seulement économiquement contre-productif et moralement répréhensible mais encore historiquement irresponsable. C’est sur le terreau de la démission du riche que pousse le chaos de la réprobation du pauvre. Nous n’avons pas compris que le mécanisme de la mondialisation est double : à l’unification centripète d’une humanité réduite à la consommation répond l’explosion centrifuge d’une humanité survoltée par la revendication. Les deux mouvements vont et iront continument de pair, l’enjeu étant de réguler cette machine infernale dont les effets dévastateurs se font sentir entre les blocs continentaux mis aussi au sein des mégalopoles. Une compensation, qui ne serait pas un remède, pourrait consister dans la mise en synergie à fin charitable et déconfessionnalisée des grands corps de croyance engagés dans la démarche interreligieuse. Ils viendraient ainsi, par leur secours actif, générique, avec pour seul critère le besoin immédiat d’une part insécable du genre humain, combler la défaillance des Etats dits « souverains ».

Présentation de la réforme humanitaire des Nations-Unies ou « humanitarian reform » lors de l’Assemblée générale de Solidarités International.

AB :

Face au duopole Trump et Poutine, la nécessité d’une autonomie stratégique de l’Europe ne donne-t-elle pas raison a posteriori au Général de Gaulle ?

JFC :

Le duopole est plutôt une tripode car Donald Trump et Vladimir Poutine ne vont pas sans XI Jinping. Ce que l’Europe doit impérativement comprendre si elle ne désire pas tomber de Charybde en Scylla, les discours actuels proposant un renversement d’alliance en faveur de Pékin étant proprement insensés si l’ont s’attarde une seconde sur la nature intrinsèquement totalitaire de la République populaire. Paris n’a pas d’amis ou d’ennemis, mais des alliés et des adversaires ainsi que de Gaulle le rappelait effectivement lors de son retour en 1958. Le Général ne confondait pas l’indépendance et l’indifférence. Les réformes qu’il   allait entreprendre contre le système du gâchis restent valables aujourd’hui.  La France dispose de la force nucléaire, d’une armée aguerrie, d’une présence sur toute les mers, d’une longue tradition de dialogue culturel et d’action humanitaire. C’est à elle qu’il revient de réveiller l’Europe. Là encore, la seule véritable interrogation est de savoir si les Français sont capables de se rêver. Mais derechef, comme il est souvent arrivé dans notre histoire, à manquer le rendez-vous, nous nous condamnerons à cauchemarder.

AB :

Comment souhaitez-vous conclure cet entretien ?

JFC  :

En disant aux lectrices et lecteurs de Défis humanitaires en cette occasion de ce centième numéro que pareillement, comme ils le savent, tout commence dès maintenant avec chacune, chacun d’eux. Et en compagnie de ces Ukrainiens, Arméniens, Téhéranaises, Ouïghours, Intouchables qui, contre l’empire du mensonge, nous montrent la voie du courage.

Jean-François Colosimo

 

Jean-François Colosimo

Après avoir été président du Centre national du Livre et de l’Institut de théologie orthodoxe Saint-Serge, Jean-François Colosimo dirige présentement les Editions du Cerf. Il est l’auteur d’essais critiques et de films documentaires interrogeant les mutations contemporaines du divin en politique dont, récemment « Occident ennemi mondial numéro 1″ paru en 2024 chez Albin Michel et  » Chaos planétaire » en préparation pour FranceTV.

 

 

 

 

 

Je vous invite à lire ces articles publiés dans l’édition :

 

La localisation, comment passer de la « panacée » au réel opérationnel ?

©UN PHOTO / Marco Dormino , Haïti, Un sauveteur tient la main d’un survivant de l’effondrement d’une école.

On parle souvent de la « localisation » de l’aide comme d’une solution idéale pour rapprocher les financements des communautés concernées et leur redonner la maîtrise de leur avenir. Mais dans les faits, cette ambition se heurte à une chaîne de redevabilité lourde et coûteuse : des citoyens vers les États, des États vers les bailleurs, des bailleurs vers les ONG internationales, et enfin tout au bout vers les organisations locales, souvent fragiles et peu structurées.

Lors du Sommet humanitaire mondial de 2016, l’initiative du Grand Bargain avait fixé un objectif clair : faire en sorte qu’au moins 25 % de l’aide humanitaire soit allouée aussi directement que possible aux acteurs locaux d’ici 2020. L’idée était de réduire les coûts intermédiaires et d’améliorer l’efficacité de l’aide.

©WHsummit Sommet humanitaire mondial Mai 2016 Istanbul Turquie

Les normes comme le Sphere Handbook insistent également sur l’importance de centrer les décisions sur les communautés touchées, et de renforcer à la fois l’implication locale et la redevabilité. Mais en pratique, elles restent floues sur la façon concrète de procéder et simplifier les procédures et de faire monter en compétence les acteurs locaux.

Quant au Core Humanitarian Standard, il appelle lui aussi à soutenir les capacités locales et à rendre des comptes aux communautés, tout en reconnaissant que ces bonnes intentions se heurtent trop souvent aux réalités complexes du terrain.

J’ai vécu tout cela de mes propres yeux.

En 2000, dans la Gnagna au Burkina Faso, j’avais rejoins une équipe où les rapports semestriels et les ateliers de formation prenaient parfois plus de temps que l’intervention elle-même. Pendant ce temps, nos partenaires villageois, eux, n’avaient ni système comptable en place, ni personnel formé pour assurer le suivi-évaluation.

En 2004, avec MSF au Soudan, en pleine urgence du Darfour, les procédures administratives du HAC, ONU, bailleurs, ONG pouvaient retarder une intervention de plusieurs semaines voire mois. Pendant ce temps, les déplacés internes mourraient de déshydratation ou créaient, de leur propre initiative, de réponse d’urgence, pour répondre immédiatement aux besoins vitaux de leurs voisins avec une chaine de solidarité invisible.

©Médecins sans frontières, Darfour Nord Soudan

2005, avec le 9ᵉ FED en Côte d’Ivoire chaque décaissement pour le programme d’urgence passait de Bruxelles à la délégation locale, puis à l’Etat (CONFED), puis à l’ONG internationale puis une faitière, avant d’atteindre enfin les groupements paysans. Résultat ? Six mois d’attente et des dizaines de pages de rapports et d’audits pour chaque tranche de financement, éludant totalement la contrainte du calendrier saisonnier des cultures.

Encore en 2020 au Mali, un programme de résilience UE Malgré une méthode solide, la multiplication des rapports et mécanismes passerelles (clusters, bailleurs, consortium) et malgré la mise en place d’une plateforme de suivi unifiée, les lourdeurs ont encore ralenti chaque phase de mise en œuvre et l’Etat aux abonnés absents dans l’appropriation et la continuité des acquis.

Ces quelques exemples ne sont qu’un échantillon d’un vécu bien plus vaste. Ils indiquent simplement que la localisation n’est pas qu’une affaire de pourcentage de financement : c’est surtout un équilibre délicat entre simplification administrative, outils de suivi partagés et renforcement des compétences locales.

©Hamada (Wandey) AG AHMED Vaccination du cheptel

Pour que la localisation devienne une réalité durable, il est urgent de :

  1. Alléger les exigences de redevabilité Harmoniser et mutualiser les attentes entre bailleurs, clusters et partenaires pour libérer un temps précieux pour le travail de terrain.
  2. Investir réellement dans les capacités locales Pas seulement en argent, mais aussi en savoir-faire, en gestion et en outils, dès la conception des projets.
  3. Tester et déployer des solutions technologiques innovantes Blockchain, transferts d’argent numériques, plateformes collaboratives : autant de leviers pour fluidifier les flux et garantir plus de transparence.
  4. Construire la confiance La vraie mesure de la localisation, c’est la capacité des acteurs locaux et communautés à prendre leurs propres décisions, à gérer elles-mêmes les fonds et à rendre des comptes en toute transparence et responsabilité.
  5. Assurer la durabilité Toute action ne peut perdurer que si elle s’inscrit dans un cadre d’appropriation locale : soit via un système communautaire structuré, soit à travers un dispositif étatique capable d’absorber et de pérenniser les acquis. Toute action qui ne rélève pas du « life saving » doit être concue avec la garantie de cette condition préalable d’appropriation. Cela sous entend bien sûr que le temps d’instruction et de formulation doit faire l’objet d’une rallonge et de financement spécifique et de ressources dédiées qui vont au délà d’un simple « proposal writer ».

Repenser chaque maillon de la chaîne de conception et de redevabilité, du contribuable jusqu’à la cellule de village  est le seul moyen de faire passer la localisation d’un simple slogan à une transformation concrète, durable et portée par les acteurs eux-mêmes.

Hamada AG AHMED

 

Hamada AG AHMED

Expert en Programmes Humanitaires/Développement et Analyste contextuel.

AG AHMED Hamada (dit « Wandey ») est un expert franco-malien en gestion humanitaire, analyse contextuelle et coordination de programmes de développement. Titulaire d’un Master en gestion humanitaire et actions de développement de l’Université Paris 12 (UPEC) et d’un diplôme de l’Institut Bioforce à Lyon, il cumule plus de vingt ans d’expérience dans les secteurs de l’aide d’urgence, de la résilience et du renforcement des capacités locales, à la fois sur le terrain et au siège d’organisations internationales de premier plan.

Après des premières missions en Afrique centrale et au Sahel avec plusieurs Organisations internationales, il a successivement occupé des fonctions stratégiques de chef de de mission notamment pour la Croix-Rouge française, avant d’occuper le poste de responsable du Desk Afrique de l’Ouest, où il supervise les opérations humanitaires et de développement dans plusieurs pays sahéliens. Il a dirigé la mise en œuvre de programmes intégrés, combinant santé, nutrition, sécurité alimentaire, adaptation au changement climatique et relèvement précoce.

Il a servi en tant que Team Leader de Crisis Analytics au sein de Mercy Corps, pilotant une cellule d’analyse humanitaire et de recherche opérationnelle couvrant le Sahel central (notamment Mali, Niger et Burkina Faso). Dans ce cadre, il a coordonné la production de rapports analytiques stratégiques, fondés sur des méthodologies mixtes, pour informer les réponses humanitaires dans des environnements complexes et instables.

En 2019, il rejoint le Groupe URD au Mali comme coordinateur du programme KEY, financé par le Fonds européen de développement, où il appuie les autorités maliennes et les partenaires techniques sur la planification stratégique, la gestion axée sur les résultats et le renforcement des capacités avec un fort accent sur l’analyse des pratiques et l’agilité opérationnelle.

Analyste engagé, il s’intéresse aux dynamiques structurelles et signaux faibles affectant les populations vulnérables. Il a ainsi dirigé plusieurs études prospectives, dont la plus récente porte sur le patrimoine humain et environnemental oublié du lac Faguibine, en collaboration avec l’AFD. Il défend une approche intégrée alliant savoirs locaux, outils de prospective et données scientifiques pour renforcer la résilience et la gouvernance territoriale dans les zones fragiles.

 

Articles de Hamada Ag Ahmed déjà publiés dans Défis Humanitaires : 

La résilience des populations et l’importance de la gouvernance (très localisée) au Sahel. 28/10/2020

La tomate à l’épreuve des procédures 19/04/2018