Impact humanitaire : comment conjuguer qualité et innovation ?

RCA – distribution alimentaire dans le cadre du mécanisme de réponse d’urgence – 2021

Afin de couvrir au mieux les besoins des populations affectées par une crise, Solidarités International (SI), s’efforce de mettre en œuvre quotidiennement des solutions qualitatives et innovantes. La Direction des Opérations Adjointe aux Programmes (DOAP) est garante de l’équilibre optimal entre qualité et innovation programmatique : renforcer la qualité des programmes mis en œuvre et développer de nouvelles modalités d’intervention et des activités adaptées sont la clef de l’agilité et la durabilité des réponses mises en œuvre.

1/ Quels sont les leviers qualitatifs les plus efficaces pour améliorer les programmes et la mise en œuvre des activités ?

La DOAP dispose de plusieurs leviers qualitatifs sur lesquels agir afin de garantir une qualité programmatique.

Le tout premier levier qualitatif se situe sur le plan stratégique : une bonne réponse humanitaire est avant tout une réponse qui résout des problèmes souvent complexes car multifactoriels. L’élaboration du plan de réponse doit donc reposer sur une analyse situationnelle précise et holistique, qui met en exergue les besoins non couverts, les manques dans la réponse existante et l’impact différencié de la crise sur les populations selon une analyse fine des vulnérabilités. La logique d’intervention, inspirée de la Théorie du Changement, permet de lier cette analyse situationnelle menée au niveau Pays et/ou Base, et de développer une stratégie de réponse orientée sur la résolution du problème (au lieu d’une approche sectorielle). Elle pousse les équipes programmes à toujours se poser la question du rationnel de l’intervention et de la modalité choisie en répondant à la question : « pourquoi nous faisons ce que nous faisons ? ». La DOAP appuie les équipes en développant et en formant sur ces méthodologies d’analyse situationnelle et de théorie du changement.

Une bonne réponse est aussi et avant tout une réponse technique : la couverture des besoins de base tels que « manger, boire, s’abriter » dans 18 contextes de crises aussi différents que complexes, exige la maîtrise d’un panel de compétences techniques très variés, allant de la réhabilitation de forages et de puits, l’analyse de l’eau potable, l’analyse physico-chimiques et microbiologique des eaux usées, la gestion des déchets, les réseaux d’eau potable et d’assainissement, le contrôle vectoriel, les mesures de prévention et de contrôle des infections, l’assistance à la maîtrise d’ouvrage…, pour la partie sectorielle Eau, hygiène et Assainissement ; au maraîchage, arboriculture, agroécologie, agriculture urbaine, santé animale, élevage de petit et gros bétail, pêche, pisciculture, technique de transformation et de valorisation des produits, approche filières et chaînes de valeurs… pour la partie sécurité alimentaire et moyens d’existence. Cette liste impressionnante – et pourtant non exhaustive -doit être complétée par les compétences en génie civil, construction et réhabilitation de petites et grandes infrastructures… La réalité des expertises techniques sectorielles est également complémentaire de compétences plus transverses tels que l’irrigation, la gestion intégrée des ressources en eau, le changement climatique, les systèmes de surveillance ou encore l’approche basée sur les marchés et les transferts monétaires.

Vidangeurs en action dans une latrine d’un camps de réfugiés du Bangladesh ®Solidarités International

La DOAP assure donc la garantie du respect des standards techniques par l’élaboration de documents techniques de référence et la création d’expertise. L’équipe apporte, en plus du support technique quotidien, la vision globale et la prise en compte des enjeux liés à l’environnement, la santé publique, la cohésion sociale et la protection afin de maîtrise l’impact négatif de ses actions.

Dans le but de couvrir le plus largement possible le panel d’expertises techniques requises pour mener à bien les activités, et reconnaissant qu’une approche partenariale et multi acteurs de qualité est essentielle à la bonne réalisation des activités sur les terrains d’intervention et à la montée en compétences de l’organisation, la DOAP a recours régulièrement à ses partenaires techniques privilégiés.

Enfin, l’un des piliers centraux de l’approche qualité de SI repose sur le support méthodologique au pilotage des programmes et à l’apprentissage. La DOAP promeut ainsi une approche d’apprentissage dynamique et continue tout au long du cycle de projet, ainsi que des méthodologies participatives, de suivi et d’évaluation qui doivent garantir une action humanitaire orientée vers la réalisation de changements concrets dans la vie des populations pour et avec lesquelles nous travaillons.

Gardez le sens de l’action et la perspective des changements auxquels nous contribuons dans la vie des populations au cœur de nos programmes est la meilleure garantie d’une qualité effective de nos programmes.

Station de traitement des boues, Sittwe, Myanmar. 2020 ®Marine Ricau / Solidarités International

2/ Innovation et action humanitaire sont-ils réellement compatibles ?

Les terrains de crises et fragilités dans lesquels nous agissons sont particulièrement propices à l’innovation car la diversité des contextes et des besoins ainsi que les contraintes de mise en œuvre (sécuritaires, techniques, foncières, administratives, temporelles, contextuelles…) fortes que nous rencontrons quotidiennement n’autorisent pas la mise en place d’une solution unique et standard aux problèmes complexes rencontrés. Par ailleurs, l’impératif humanitaire de répondre aux besoins vitaux et de faciliter l’accès aux services de base et aux droits fondamentaux aux populations les plus vulnérables affectées par les crises, nous amène à sortir des sentiers battus et toujours chercher des réponses plus intégrées, plus adaptées et plus durables.

Ainsi, la DOAP revendique le rôle de coordinateur interne de l’approche recherche et innovation comme levier à part entière de l’approche qualité : de l’identification des solutions innovantes émergeant à la fois du siège comme des terrains, à l’évaluation et capitalisation, en passant par l’accompagnement au développement et au suivi de la phase pilote, la DOAP veille à l’éclosion et à la réplication des bonnes pratiques.

Cependant, il est parfois tentant de céder et de baisser les bras devant les nombreux paradoxes qu’impliquent la juxtaposition des termes « humanitaire » et « innovation » :

  • L’aversion aux risques et à l’incertitude de la part des bailleurs ne laisse que peu de possibilité de financement sur les phases d’amorce et de démarrage d’un nouveau projet, d’une nouvelle approche ou la mise en place d’une solution innovante. Mais, paradoxalement, le secteur humanitaire se voit doté de plus en plus d’enveloppes dédiées à la mise en place de solutions innovantes ayant déjà fait leur preuve sur des terrains variés.
  • La culture humanitaire et la nécessité d’une mise en œuvre rapide et efficace reste encore éloignée de la culture de l’innovation, de la recherche et de l’apprentissage qui lui est inexorablement lié. L’effort à mettre sur l’étape clef d’évaluation et de diffusion des bonnes pratiques et nouvelles solutions n’est, elle aussi, encore que très peu financée par les bailleurs.
  • Nos secteurs d’expertise technique sont propices aux différents type d’innovation (innovation produit, innovation approche ou recherche action). L’approche innovation permet alors une mise en valeur de notre expertise technique et la montée en crédibilité et notoriété dans le secteur. Or, la technicité et la nécessaire adaptation de la solution sont à la fois le plus grand frein à la capacité de répliquer la solution à l’identique dans un autre contexte, et donc le passage à l’échelle de l’innovation.
  • Enfin, la temporalité longue du cycle de l’innovation (multiannuel, incluant une phase dite d’idéation et de développement préliminaire longue) ne peut être compatible avec la nécessaire efficacité des solutions mises en œuvre à court terme dans les phases de réponse au choc (repenser un mécanisme de réponse rapide dont les cycles de réponses court terme se répètent pendant de longues années en contexte de chocs à répétition et que la tentation est grande de chercher une solution plus durable, est extrêmement difficile). Quand la vie de personnes est en jeu, est-on prêt à prendre le risque de répondre non à la question « la solution mise en œuvre a-t-elle fonctionné » ?

Toutes ces contraintes augmentent le risque que les organisations se concentrent sur l’innovation « siège » / globale (par ex. très technologique) qui apporte plus de communication que d’impact sur les personnes. Alors, pour que l’innovation permette de résoudre le passage de la théorie à la pratique, il faut encourager le développement de l’innovation sur le terrain, pour des solutions durables et faciles à développer et répliquer.

Gardez le sens de l’action et la perspective des changements auxquels nous contribuons dans la vie des populations au cœur de nos programmes est la meilleure garantie d’une innovation réussie.

Station de traitement des boues, Sittwe, Myanmar. 2020 ®Marine Ricau / Solidarités International

3/ Se donner les moyens pour être à la hauteur des exigences du mandat humanitaire et porter la voix des populations au niveau global

En plus d’être une plateforme de mobilisation de ressources pour renforcer la double approche qualité et innovation de l’organisation, la DOAP a le mandat de porter la voix des populations au niveau global dans les instances de coordination humanitaire. La DOAP représente ainsi SI dans les comités de pilotage du Cluster EAH, du Cluster SAME et du réseau d’évaluation de l’action humanitaire ALNAP.

Pour passer de la théorie à la pratique également au niveau global et être un acteur du changement dans le secteur humanitaire et ainsi promouvoir sa double approche Qualité et Innovation comme garantie de l’impact humanitaire, SI a été l’incubateur de 2 projets financés d’abord par des fonds d’innovation, puis par des financements institutionnels : le premier, développe un système de renforcement de la qualité et de la redevabilité bénéficiaires dans le secteur de l’EAH (AQA) et le second, OCTOPUS, permet l’amélioration des bonnes pratiques et le suivi de la mise en œuvre de solutions innovantes en lien avec l’assainissement en urgence. Ces deux projets sont en passe d’être transmis au secteur EAH pour être intégrer comme outil et approche de coordination globale.

 


OCTOPUS                                                

Développée par SOLIDARITÉS INTERNATIONAL en 2018, la plateforme OCTOPUS (Operational Collaborative Tool Of Ongoing Practices in Urgent Sanitation) est un outil collaboratif en ligne relatif à l’élimination et au traitement des boues fécales dans les contextes d’urgence. Il a pour objectif l’amélioration des pratiques d’assainissement via le partage de connaissances et d’expériences par les acteurs et les experts de la gestion des boues de vidange. Des études de cas présentent ainsi des informations techniques et contextuelles détaillées dont les praticiennes et praticiens de l’assainissement peuvent s’inspirer pour adapter leurs interventions aux crises auxquelles elles et ils sont confrontés.

AQA

                                                                                                                                       Depuis la fin de l’année 2018, l’Initiative pour la responsabilité et l’assurance qualité (the Accountalibilty and Quality Assurance Initiative – AQA) vise à accroître la capacité des organisations humanitaires à répondre de manière efficace et efficiente aux crises en fournissant aux personnes décisionnaires les informations dont elles ont besoin pour s’adapter en permanence à l’évolution des contextes. S’inspirant de la méthodologie industrielle Définir-Mesurer-Analyser-Améliorer-Contrôler, cette initiative repose sur la collecte de données simples permettant de soutenir une prise de décision axée sur les résultats et fondée sur des preuves, dans le but final de garantir le respect et l’amélioration des normes de qualité et de redevabilité au fil du temps. Ce projet est mené dans le cadre d’un partenariat entre Oxfam, Solidarités International, l’Université de Tufts et l’UNICEF, avec le soutien du Global WASH Cluster (Cluster Eau, Hygiène et Assainissement) et du secteur « eau, hygiène et assainissement).


Le mot de la fin

Le fait d’avoir une instance au cœur des opérations qui porte cette double approche est un réel atout organisationnel et qui permet à une structure de taille moyenne de mettre en œuvre Qualité et Innovation au même titre que les grandes.

La prise de risque inhérente à la partie innovation et au développement de nouvelles approches, n’est possible qu’avec la garantie d’un suivi, d’un support technique et d’un contrôle qualité. Qualité et Innovation sont donc intrinsèquement liées et leurs effets se bénéficient mutuellement.

L’approche multiacteurs et la capacité de mobilisation de partenaires contribuent à la richesse de l’approche et à réduire les paradoxes.

Derrière deux mots et deux approches que l’on pourrait juger comme trop conceptuels, la spécificité de SI est de rester un acteur opérationnel de terrain, toujours animé par la volonté de rester au plus près des populations affectées par les crises.

Tous les leviers qualitatifs sont activés dans un seul souci : garder le sens de l’action et de l’engagement pour et au plus près des personnes dans les zones fragiles et les plus reculées.

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Qui est Anne-Lise Lavaur ?

Après des études de sciences politiques et de droits de l’enfant, Anne-Lise Lavaur s’engage dans des organisations internationales (Médecins du Monde Argentine, Bureau International Catholique de l’Enfance), et devient coordinatrice de programme et chargée de plaidoyer.

En 2014, elle intègre SOLIDARITÉS INTERNATIONAL au sein du département technique et qualité des programmes dont elle prend la coordination huit mois plus tard. En 2018, ce département évolue en Direction des Opérations Adjointe aux Programmes (DOAP). A travers la coordination de l’équipe de référents techniques et programmes, ce département au cœur des opérations garantie l’approche Qualité et Innovation de l’organisation.


Objectif Faim Zéro en 2030 ? Quelle stratégie pour Solidarités International ?

Éleveur à Kabo, RCA – 2015, ©Vincent Tremeau

1. Conflit, Changement climatique et Covid 19, le trio terrible aggravant l’insécurité alimentaire et économique dans le monde

Selon les Nations Unies[1], « La faim extrême et la malnutrition restent un obstacle au développement durable et créent un piège dont il est difficile de s’échapper. La faim et la malnutrition rendent les individus moins productifs, plus enclins aux maladies et donc plus souvent incapables de gagner plus et d’améliorer leurs moyens d’existence. » Inversement, lorsque les personnes n’ont pas de sécurité économique car dépendantes d’emplois précaires ou ayant perdu leurs moyens de production, elles ne peuvent pas subvenir à leurs besoins alimentaires. 690 millions de personnes souffrent de la faim en 2020, soit 8,9% de la population mondiale (FAO). Beaucoup de ces personnes se trouvent en zone rurale et contribuent pourtant à nourrir le monde en tant qu’agriculteurs, éleveurs ou pêcheurs. Et ironie du sort, les personnes ayant accès à trop de nourriture ont tendance à la gaspiller ; selon l’ONU, chaque année, on estime qu’un tiers de tous les aliments produits, soit l’équivalent de 1,3 milliard de tonnes, finit par se décomposer dans les poubelles des consommateurs et des détaillants.

Agriculture maraîchère, Gado, Cameroun – 2019

Le Rapport Global sur les Crises Alimentaires 2020[2] a analysé les principaux facteurs contribuant à l’insécurité alimentaire et économique, et les a classés selon l’importance de leur impact sur les populations : 1) les conflits et l’insécurité, 2) les chocs climatiques extrêmes, 3) les chocs économiques. Dans une moindre mesure, les facteurs suivants aggravent également l’insécurité alimentaire et économique : maladies des cultures, du bétail et maladies humaines.

La pandémie de la Covid 19 a changé cette donne, celle-ci repassant parmi les principales causes de la faim et de la perte de revenus dans le monde. En effet, dans de nombreux pays, les restrictions de mouvement se répercutent sur l’accès à l’emploi, l’accès aux moyens de production (semences, etc.) ou encore la vente des produits. Les revenus, et par conséquent le pouvoir d’achat de nombreuses personnes, s’en trouvent ainsi fortement diminués. Par ailleurs, les différentes mesures restrictives mises en place par les gouvernements (confinement, fermeture des frontières) ont dégradé l’accès aux marchés alimentaires, l’approvisionnement des produits alimentaires sur ces marchés, qu’ils soient produits dans le pays ou importés de l’étranger, provoquant parfois une inflation des prix[3]. David Beasley, Directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), parle d’un risque de « pandémie de la famine » avec 270 millions de personnes concernées[4]. Mark Lowcock, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, souligne que le nombre de personnes ayant besoin d’aide humanitaire passera de 168 millions de personnes en 2020 à 235 millions en 2021, soit une augmentation considérable de 40 %.

Les conflits et les chocs climatiques restent également bien présents en 2021 dans les principales causes affectant la sécurité alimentaire et économique de nombreuses populations. Lors des conflits, les civils sont souvent privés de leurs sources de revenus, les systèmes et marchés alimentaires sont perturbés avec pour conséquence une augmentation des prix et/ou une diminution de la disponibilité alimentaire et des produits de base et outils productifs. Les conflits empêchent les entreprises de fonctionner et fragilisent l’économie nationale. David Beasley estimait en 2017 qu’environ 60% des personnes qui ont faim dans le monde vivent en zone de conflit. 80% des budgets du PAM sont d’ailleurs alloués aux zones de guerre. Concernant les chocs climatiques (inondations, sécheresses, etc.), ils affectent les moyens d’existence des populations, notamment celles qui sont très dépendantes des ressources naturelles (agriculteurs, éleveurs). Les terres se dégradent, les récoltes sont détruites, tandis que le bétail peine à trouver de l’eau pour s’abreuver et suffisamment de pâturages. Les catastrophes naturelles impactent aussi les infrastructures productives et économiques : routes, ponts, barrages, bâtiments, réseaux d’irrigation, etc. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) prévoit que les rendements agricoles vont diminuer de 20% par décennie d’ici la fin du 21ème siècle dans certaines zones du Sahel.

Pêcheurs du village de Molo, Marsabit County, Kenya – 2016, ©Axel Fassio

2. La stratégie Sécurité Alimentaire et Moyens d’Existence de Solidarités International 2020-2025

Atteindre la faim zéro en 2030 comme souhaité par les Objectifs du Développement Durable semble, selon la situation précédemment exposée, un objectif inaccessible puisque les chiffres de la faim dans le monde augmentent à nouveau, alors qu’ils avaient réussi à diminuer entre 2005 et 2015[5]. Cette augmentation pourrait même s’accélérer si les crises actuelles, conflits, catastrophes naturelles, pandémies continuent à s’intensifier.

Solidarités International œuvre dans le secteur SAME (Sécurité Alimentaire et Moyens d’Existence) depuis sa création avec ses premières opérations d’assistance alimentaire en Afghanistan. L’objectif général de ses interventions SAME, rappelé dans sa stratégie 2020 – 2025[6], est d’assurer une sécurité alimentaire et économique durable aux populations vulnérables aux chocs politiques, socio-économiques, climatiques et sanitaires.

Selon la logique d’intervention de SOLIDARITES INTERNATIONAL (SI), nos activités SAME s’inscrivent dans 3 différentes phases d’intervention pour atteindre cet objectif :

Comment fonctionne les activités SAME ?

1) l’absorption du choc : par la couverture des besoins alimentaires et l’appui aux marchés alimentaires, SOLIDARITÉS INTERNATIONAL (SI) permet de prévenir les risques de faim et de malnutrition et d’éviter aux populations d’aggraver leur vulnérabilité face à la crise.

2) le relèvement précoce : par la distribution d’intrants productifs, de l’accompagnement technique et la réhabilitation d’infrastructures économiques (reconstruction de marchés, réhabilitation de routes, drainage de champs agricoles, etc), SI contribue à la relance des activités économiques de la population.

3) la préparation et l’adaptation aux risques : l’analyse approfondie des capacités et vulnérabilités des moyens d’existence face aux chocs permet à SI de renforcer ces moyens d’existence et de les diversifier afin qu’ils soient plus résilients. A travers l’approche chaîne de valeur, SI renforce les capacités d’adaptation des acteurs tout au long des filières alimentaires et des marchés de l’emploi.

Pour 2025, la stratégie du secteur SAME se concentre sur 3 axes :

  • Développer nos capacités de réponse d’urgence, notamment en intégration avec nos réponses d’urgence Eau-Assainissement-Hygiène (EAH) pour maximiser leur impact sur les populations
  • Mieux alerter et anticiper les besoins en SAME face à des chocs chroniques par une participation aux systèmes de surveillance en sécurité alimentaire et nutritionnelle
  • Développer les capacités d’adaptation à long terme des systèmes alimentaires et économiques notamment face aux crises économiques et climatiques

SI est bien impliquée dans le cluster global en Sécurité Alimentaire co-dirigé par la FAO et le PAM, où l’association est membre du SAG (Strategic Advisory Group), le groupe consultatif stratégique[7]. Elle y porte la voix des ONGs et contribue à l’orientation stratégique de ce cluster ainsi qu’à sa redevabilité envers ses partenaires et les populations appuyées par des interventions SAME. L’objectif de SI est de mobiliser le plus d’acteurs humanitaires afin de trouver des solutions pertinentes, efficientes et durables pour contribuer au plus vite à réduire l’insécurité alimentaire et économique dans le monde.

Julie Mayans

 

Comment s’organise la recherche de qualité et d’impact des programmes à Solidarités International :

Le pôle Sécurité Alimentaire et Moyens d’Existence (SAME) de SI s’intègre au sein de la Direction des Opérations Adjointe aux Programmes (DOAP), aux côtés des pôles Eau/Assainissement/Hygiène (EAH) et MEAL (Suivi Evaluation Redevabilité et Apprentissage) ainsi que des référents transversaux en Approche Basée sur les Marchés et en Santé Publique. Cette Direction Adjointe est le garant de la qualité technique et méthodologique des programmes de SI. Son mandat se divise en 4 objectifs :

  • Améliorer la qualité globale des opérations de SI à travers le développement d’outils, de guides et de formations mais aussi l’appui à la formulation de logiques d’intervention et à la démonstration des impacts des interventions
  • Améliorer les compétences techniques de SI en réalisant des formations, des ateliers techniques et en développant des partenariats techniques
  • Fournir un appui technique direct aux programmes sur le terrain sur des aspects techniques spécifiques ou à des phases critiques (diagnostic des besoins, stratégie, mise en œuvre, suivi-évaluation, développement d’innovations)
  • Représenter l’expertise de SI en externe auprès des réseaux de coordination humanitaire ou d’échange d’expertise et d’apprentissage (Clusters EAH et Sécurité Alimentaire, ALNAP, global task force Choléra, Réseau Environnement Humanitaire, etc.).

 

Qui est Julie Mayans ?

Ingénieur agronome, elle travaille depuis 15 ans dans le secteur de la Sécurité Alimentaire et Moyens d’Existence (SAME), des réponses d’urgence au développement en Afrique, Amérique et Asie avec plusieurs ONG (SI, ACF, CARE, TGH et FICR). Elle a occupé plusieurs postes sur le terrain : Responsable Programme, Coordinateur Programmes et également Coordinatrice Régionale.

Depuis 6 ans, elle travaille au siège de Solidarités International en tant que référente technique SAME ainsi que point focal pour les thématiques Réduction des Risques de Catastrophes (RRC) et Climat. Au sein du département technique, elle apporte son soutien technique aux équipes du terrain dans les différentes phases du cycle de projet (évaluation des besoins, conception des projets, mise en œuvre, suivi et évaluation). D’autre part, elle est responsable du développement et de l’opérationnalisation de la stratégie SAME de SI et des orientations techniques liés à ce secteur. Enfin, elle représente l’expertise SAME de SI en externe auprès du cluster global en sécurité alimentaire et de divers groupes de travail inter-ONG (Réseau Environnement Humanitaire, Réseau RRC, Groupe de travail Agriculture du cluster).

 


[1] Objectifs du Développement Durable, ONU

[2] Global Report on Food Crises 2020 : https://docs.wfp.org/api/documents/WFP-0000114546/download/?_ga=2.23710714.192553430.1592491272-1602702074.1572458169

[3] Pour aller plus loin, voir l’étude du groupe de travail Covid 19 du Cluster Sécurité Alimentaire : https://fscluster.org/sites/default/files/documents/lessons_from_the_wider_industry_with_respect_to_covid_19_and_impact_on_fs.pdf

[4] De plus, le rapport de la FAO « l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2020 », bien que concernant l’année 2019, estimait que la pandémie de la Covid-19 pourrait ajouter entre 83 et 132 millions de personnes au nombre total de personnes sous-alimentées dans le monde d’ici fin 2020.

[5] En dix ans, entre 2005 et 2015, le nombre de personnes sous-alimentées est passé d’un milliard à 800 millions, soit 200 millions de personnes en moins (FAO)

[6] Stratégie SAME 2020 – 2025 : https://www.solidarites.org/wp-content/uploads/2018/05/strategie-securite-alimentaire-moyens-dexistence-SOLIDARITES-INTERNATIONAL.pdf

[7] Pour plus d’informations, consulter la page internet du SAG du global Food Security Cluster : https://fscluster.org/page/gfsc-strategic-advisory-group-sag