Humanitaire : tirer la sonnette d’alarme…

Le 23 janvier, lors d’une réunion du GRUPC (Groupe de Recherche Urgence Post-Urgence) à Paris chez Médecins du Monde, Pierre Brunet était invité a présenté son point de vue sur les évolutions qui affectent l’humanitaire. Nous reproduisons ici ses propos et le débat qui a suivi avec la vingtaine de responsables humanitaires et d’experts présents.

Francis Charon, Alain Boinet, Pierre Brunet et Joël Weiler, le 23 janvier 2019, réunion du GRUPC au siège de Médecins du Monde, à Paris.

Intervention de Pierre Brunet :

« Je vais parler d’un article que j’ai écrit et qui est paru récemment sur le site Défis Humanitaires lancé par Alain Boinet. Il s’agit d’une tribune qui suscite l’envie d’ouvrir le débat et qui a amorcé un mouvement de réactions. Mon but en écrivant ce texte, c’était de tirer la sonnette d’alarme sur un phénomène qui est pour moi mortifère. Je vais peut-être repréciser une chose, je ne parle pas en tant que vice-président de Solidarités International. Je ne parle pas spécialement de Solidarités dans cet article mais bien des ONG dites « humanitaires d’urgence » en général, des ONG qui sont différentes selon les modèles économiques notamment. C’est un débat qui touche tout le monde. De plus, il ne s’agit pas du tout d’un article où j’exprimerais une sorte de désillusion, de désamour, de perte de foi en l’action humanitaire. Bien au contraire. Parce que je crois toujours en la valeur irremplaçable de l’humanitaire. J’ai écrit cet article pour tirer la sonnette d’alarme et susciter le débat, pour confronter une conviction et une analyse avec les autres humanitaires autour de moi et si possible amorcer un mouvement de réactions. A mon sens, il faut réagir et il est déjà un peu tard pour réagir maintenant.

Par ailleurs, il se trouve que je suis écrivain. Donc les mots ont une grande importance pour moi. J’ai remarqué un glissement de terrain, presque imperceptible, sur les mots que l’on utilise de plus en plus dans l’humanitaire. Or, les mots façonnent et déterminent notre manière de penser et d’agir. Pour moi, c’est symptomatique d’un changement de culture. C’est lié à une dérive et une mutation. D’ailleurs, j’avais été assez frappé dans ma lecture du numéro d’Alternatives Humanitaires faisant le point sur la période 1968-2018. Je ne l’avais pas lu avant d’écrire le texte. J’ai été rassuré de voir que mon analyse rejoignait celle de beaucoup de gens qui ont écrit et qui se sont exprimés dans ce dernier numéro. Ce mouvement me rassure donc également mais je pense qu’il faut se mobiliser.

Les fondements de l’humanitaire.

Dès le début, l’humanitaire était fondé sur un certains nombres de mots, des mots assez forts qui exprimaient pour moi un essentiel : la révolte. La révolte sur ce qui affecte nos frères humains, puisqu’il n’y a qu’une espèce humaine, ce qui arrive aux autres, nous arrive à nous-mêmes. C’est la base de l’humanitaire. Il n’y a pas deux ou trois espèces humaines, il n’y en a qu’une. Donc tout ce qui affecte, toute souffrance, toute perte de dignité qui affecte une partie de l’espèce humaine, nous affecte nous aussi. Il y a un mouvement naturel de solidarité qui consiste à réagir. C’est donc ça la base de l’humanitaire avec notamment le mouvement Croix Rouge né lors de la bataille de Solferino en 1859, les french doctors de 1968 pour arriver à cet humanitaire sans-frontiériste dont nous sommes aujourd’hui les héritiers et les continuateurs. Et il y avait quatre mots : la révolte, l’audace, l’engagement et le dernier terme : la mission, qui est à la fois un terme très général recouvrant tout notre mandat, tous ce qui est notre raison d’être. Voilà et la mission, c’est aussi l’équipe, l’intervention concrète d’une organisation humanitaire sur le terrain. Donc c’est à la fois très symbolique et très concret.

J’ai remarqué que ces mots étaient progressivement démonétisés et remplacés d’autant plus par d’autres termes. Des termes qui venaient directement du monde de management des entreprises, du monde néo-libéral, consumériste. Des termes utilisés par des sociétés ou entreprises dont l’objet social est la production de profits. Et je dis cela sans aucun jugement de valeur, c’est tout à fait honorable : la société en a besoin aussi. Cependant c’est quelque chose de différent de ce que nous sommes, de notre raison d’être et de ce pour quoi nous existons. C’est quelque chose de différent que nous disons : le contrat moral passé avec la société, puisqu’il résout toute ambiguïté sur la raison d’être de l’humanitaire, et seul justifie le fait, par exemple, d’avoir un siège avec 200, 300, 400 personnes et des milliers de personnes salariées sur le terrain. Ce contrat c’est que nous soyons complètement sincères et authentiques dans l’accomplissement de notre mission. C’est bien ça le contrat moral que nous passons avec la société et avec des millions de personnes du grand public.

J’ai donc vu que « nos » mots qui portaient notre raison d’être, notre engagement, notre différence « radicale », qui nous rend irremplaçables, ont commencé à être remplacés par d’autres mots. Cela a commencé avec le terme de professionnalisation de l’humanitaire. On a commencé à parler de plus en plus de management, de process, de guidelines, de cadres logiques, d’analyse de performance, etc. On se réfère à du reporting pour évaluer notre activité. Et par ailleurs, on parle de plus en plus d’ « activités », pas de mission. On parle aussi de key performance indicators, comme dans n’importe quelle boite. Je dis cela avec tout le respect que j’ai pour ces gens qui travaillent en entreprises ou à la défense, mais nous ne sommes pas eux. Nous avons une différence intrinsèque essentielle. De mon point de vue nous sommes en train, consciemment ou parfois inconsciemment, d’abandonner ou de laisser se désagréger l’essentiel de ce qui nous constitue et nous permet de secourir, d’aider les plus vulnérables, là où c’est le plus difficile. Parce que l’humanitaire n’est pas éternel par nature, il est la manifestation fragile, ténue, qui ne tient qu’à un fil, d’un élan humain efficace, ce fil étant celui de notre lucidité, de notre audace, de notre engagement et de notre courage, ne va pas de soi.

C’est le cœur du problème.

A un moment, nous avons laissé se désagréger tous cela parce qu’il y a eu, comme on dit en philosophie, le passage du sujet à l’objet. La personne aidée, la personne soutenue et à l’origine de l’action, et qui est encore aujourd’hui au cœur de l’humanitaire, est progressivement en train de devenir un objet, l’objet d’une forme de transaction dans laquelle la personne aidée ne serait plus qu’un produit qu’on vend à un bailleur pour continuer à exister en tant que structure, structure ayant de nombreux salariés. C’est le cœur du problème, parce qu’au fond nous avons peur de disparaître. En effet, la plupart des ONG ont grossi et se sont développées dans le système de l’humanitaire international, et notamment les grands bailleurs de fonds institutionnels. On peut aider de plus en plus de gens et on se retrouve à la tête de structures qui sont de grosses machines pourvoyeuses d’emplois salariés. Évidemment, ce n’est pas du tout la même chose d’être une petite ONG avec dix salariés qu’être une ONG avec 3 000 salariés. Ce n’est pas la même responsabilité. Donc évidemment, une peur a grandi avec le développement des ONG parce que parallèlement le système qui a permis aux ONG de se développer, c’est celui des financements institutionnels. Mais les financements institutionnels deviennent de plus en plus complexes, conditionnés, contraints et concurrentiels. Nous nous sommes retrouvés pris en ciseau entre notre dépendance aux financements institutionnels, une dépendance de survie pour nous, et les conditions d’accès à ces financements.

Le même système qui nous a permis de nous développer est en train de nous menacer de disparaître si nous ne répondons pas à ses conditions. Nous nous sommes donc dit de plus en plus : puisque que nos conditions sont de plus en plus les mêmes que les entreprises, nous devons maintenant penser, nous organiser, fonctionner, agir comme une entreprise parce que notre survie est à cette condition. Et à ce moment-là, la peur de disparaître a commencé à nous désagréger et entacher notre spécificité et notre différence radicale. Je pense en effet qu’il y a une radicalité dans l’aide humanitaire, et il ne s’agit pas de supériorité, ni d’un sentiment de supériorité par rapport aux autres. Et d’ailleurs, ce que j’ai constaté et qui m’a toujours sidéré, c’est que les humanitaires avaient toujours à la fois un complexe d’infériorité et une fascination pour le monde de l’entrepreneuriat, que je ne m’explique pas. Comme s’ils avaient intégré en partie un jugement venant d’une partie de la société qui consiste à dire : « ils sont gentils mais ce sont un peu des zozos ».  Et aussi comme s’il fallait chercher à l’extérieur la réponse à nos problèmes vitaux. Je ne nie pas certaines choses. Ce n’est d’ailleurs pas un jugement naïf.  J’ai été sur le terrain, j’ai été chef de mission, responsable de la communication et du fundraising à Solidarités International. Donc je suis tout à fait au courant de cet enjeu crucial. L’argent est le nerf de la guerre je ne le nie pas. 

La priorité de l’accès aux plus menacés constitue notre raison d’être.

Cependant je pense qu’il faut être capable de continuer à fonctionner dans ce système humanitaire, tout en préservant ce qui est notre seule valeur ajoutée et qui nous rend irremplaçable : c’est précisément cette manière d’être habité en permanence par le souci de l’autre. Cela passe par le refus de l’industrialisation de l’aide, de la normalisation de l’aide et d’une aide humanitaire qui fait finalement partie de ce « nouveau monde » néo-libéral, dérégulé, consumériste et concurrentiel. Je crois qu’il faut continuer à se battre et rappeler que ce monde humanitaire qui a la capacité d’aider de plus en plus de gens, comparé à il y a 20 ou 30 ans, mais qui finalement crée aussi ses propres exclus. Même si on aide plus de gens qu’avant, il y a des gens aujourd’hui qui sont beaucoup trop chers ou difficiles à atteindre et ce sont souvent les gens qui ont les besoins les plus aigus. L’action humanitaire consiste parfois à confier des missions à des prestataires de service en oubliant progressivement les gens qui ont les besoins les plus élevés et qui ne rentrent pas dans les cases. Or, ce sont ces gens-là qui constituent la seule justification de notre action et c’est par notre différence, notre valeur ajoutée, que pendant des années nous avons pu faire la différence pour ces personnes-là. On est allé dans les endroits où les autres ne vont pas pour atteindre les plus isolés.

Il est nécessaire de prendre conscience de cela : que nous nous sommes injectés finalement nous-même un poison dans les veines et petit à petit il est en train de nous stériliser, de nous faire muter, de désagréger notre engagement et surtout notre capacité in fine à nous battre pour que les oubliés reçoivent de l’aide. Je pense qu’il faut agir collectivement, à l’intérieur des ONG et collectivement, entre ONG. La première chose à faire c’est de nommer la menace au sein des ONG. Il faut revoir l’approche des bénéficiaires et les replacer au centre de notre action, tout en continuant de se développer, mais se battre à tout moment pour réinjecter nos valeurs humanitaires. Je pense aussi qu’il faut refuser, autant que possible, les méthodes, les outils, les « process », le langage, la pensée managériale au sein des ONG. Il faudrait revenir à notre langage et à nos valeurs. »

Pierre Brunet.
Écrivain et humanitaire.

Le débat :

A l’issue de cette intervention de Pierre Brunet, les participants de cette réunion du GRUPC, une vingtaine de dirigeants d’ONG et experts, ont été invités  à réagir et à débattre selon la règle dite de Chatham House. Celle-ci permet aux intervenants d’exprimer librement leur opinion sans qu’ils soient cités nominalement. 

  • «  J’ai trois remarques. Tout d’abord, c’est que le contenu intéresse les professionnels de l’humanitaires mais aussi d’autres personnes. C’est un sujet qui touche un peu tout le monde.  Ensuite sur le mot mission, j’ai connu la fin du mot mission que cette intervention regrette. Elle est liée à la référence aux missionnaires. Après, pour le reste, j’ai travaillé dans des grandes maisons comme MSF, ACF. Mais dans mon organisation actuelle, nous avons voulu rester petits et c’est vrai qu’on n’a pas été confronté à ces soucis-là. »« La question finalement c’est comment garder l’esprit ? »

  • Pierre Brunet : « Il y a de plus en plus de raideurs, de demande d’efficacité et après oui on a besoin de toujours plus de compétences et de savoirs faires. Mais il faut avant tout refaire de l’humanitaire une grande aventure humaine, ce qu’il n’est plus…  C’est ce qui nous rend irremplaçable et si nous ne sommes plus irremplaçables, nous serons remplacés. L’humanitaire n’est pas éternel par nature, ce que l’on fait peut être fait par d’autres. »

  • « Merci d’avoir trouvé les mots, beaucoup partagent cette vision je pense. On a fait des travaux, ce que je pense c’est que l’on a beaucoup professionnalisé la gestion et pas la relation humaine. Qu’est-ce que ça veut dire des démarches participatives vis-à-vis de communautés isolées, de gens qui s’excluent eux-mêmes. Ces questions ne sont pas au cœur de nos organisations alors qu’elles sont au cœur de nos défis réellement. Je pense que professionnaliser oui : mais quoi aujourd’hui ? Le côté gestion c’est bon, mais valoriser les compétences humaines devrait aller plus loin, les compétences anthropologiques par exemple. »

  • « Je trouve qu’il y a un acteur qui manque dans le processus : le citoyen, qui est à la base de tout. Il y a ce mandat avec le citoyen dans l’action d’aller aider le plus démunis. Je trouverais sain de revenir à cette forme d’indignation qui initie l’action, plutôt que le financement de la communauté européenne comme c’est le cas. Nous nous sommes peut-être un peu coupé de cette base. Nous on est financé à 99% par le citoyen donc là je me sens mandatées. Je trouverais sain de revenir à cette forme d’indignation. On s’est peut-être coupé de cette base. »

  • « C’est vrai que c’est un questionnement pour nous aussi que l’humanitaire devienne un peu avec le temps une coquille vide, se creuse. »

  • «  C’est peut-être un peu ce qu’il y a dans le projet inhumanity. Au fond, le problème ce serait le défaut de militance. Peut-être que l’idée à développer ce n’est pas le professionnalisme mais c’est les combat à nouveau. Peut-être qu’il y a moins de militance actuellement. »

  • «  Dans le professionnalisme, il y aussi le recrutement et de profils toujours pareils. Donc il y a une uniformisation en un sens. Le sens recherché dans un master humanitaire ou développement n’est pas le même sens recherché en entrant dans une ONG il y a vingt ans, surtout qu’il n’y avait pas de masters prévus à cet effet. »

  • «  Oui aussi parce que les personnes venaient de masters très différents, les formations sont très pro maintenant. Il y a une uniformisation et une homogénéisation du monde de l’humanitaire, cela se voir sur le terrain. Peut-être une sorte de formatage. Il faut se poser la question des adhérents à la base de l’impulsion de l’action. »

  • Pierre Brunet : «  Il faudrait valoriser les profils atypiques. »

  • «  Ce qui est aussi intéressant c’est la question de la dévalorisation et de l’hostilité récente envers des ONG. »

  • «  Je reviens sur le livre « l’humanitaire pour les nuls » ? Il faut ré enchanter l’engagement et montrer qu’il y a derrière des valeurs de partage. Cela ne peut pas rester comme ça. La France a une longue tradition de partage et cela fait que les ONG françaises sont spéciales dans ce sens : elles ont une certaine âme humanitaire. »

  •  « Lorsque l’on parle de la professionnalisation, faire appel à l’anthropologie c’est aussi être professionnel. Il ne faut pas restreindre la professionnalisation. »

  • « Je pense que cette réflexion de Pierre Brunet est le résultat d’un humanitaire qui se questionne. Finalement, nous devons rechercher la plus grande proximité, la question de l’accès aux populations en danger doit aussi signifier de s’intéresser à ses populations, communautés, peuples : à leur histoire, culture, mode de vie, il faut chercher à pratiquer les langues de ces populations, au moins avoir les rudiments nécessaires.  Nous avons aussi à nous interroger sur l’état de nos relations à  l’industrialisation de l’aide,  au financement et avec les bailleurs. Nous avons réussi à convaincre les institutions dans les années quatre-vingt-dix qu’il fallait secourir les populations en danger partout, si nécessaire sans autorisation ni visa si, et c’est très bien. Nous sommes des acteurs humanitaires légitimes et effectifs et nous devons garder l’initiative et l’indépendance tout en rendant compte scrupuleusement des fonds publics qui nous sont confiés pour secourir.

  • «  C’est compliquer de faire vivre l’histoire militante des organisations, il faudrait penser à cela

  • «  Dans l’informel alors. »

  • « Je pense qu’il n’y a pas besoin de remonter autant aux anciens, il faut être moderne d’aujourd’hui. »

  • « Je ne voulais pas répondre. Je vais peut-être me faire l’avocat du diable, mais c’est un débat que l’on doit avoir. Chez les anglo-saxons, on dirait c’est la tendance « and so what ? » : et après ? On a une grande tendance à l’autoflagellation et à ne pas prendre en compte des facteurs complexes. C’est quand même complexe de manager des organisations. Est-ce que finalement il n’y a pas une différence énorme entre une structure avec une dizaine de personnes et une organisation très grosse. On a tendance à vivre dans l’isolat mais ce n’est pas vrai, on n’est pas seul, on est dans un monde avec beaucoup d’acteurs. C’est finalement le bailleur qui nous met dans ces contraintes. On ne peut pas avoir ce type de débat sans penser ces dimensions. (A Pierre Brunet) Tu mélanges les questions de professionnalisme et de management. Il faut aller au fond de cela. Ré enchanter le monde d’accord : mais ce n’est pas qu’une question de langage. »

  • « Cette parole [de Pierre Brunet] est rare et il ne faut pas faire d’amalgame entre amateurisme et professionnalisme. C’est intéressant à considérer. Il faut aller plus loin, être des amateurs professionnels, ou des professionnels engagés. »

  • « L’autre chose c’est aussi les personnes de Master 2 veulent maintenant faire carrière dans l’humanitaire, ça change beaucoup de choses dans l’approche. A notre époque cela n’existait pas. »

  • « Là-dessus, il faut rappeler que les expériences sont quand même très différentes. »

  • « Moi, je vais parler de l’influence anglo-saxon. Il y a du bon dans cette approche. Le travail de plaidoyer vient de l’espace anglo-saxon et a aussi du bon côté parce que c’est un travail de sur le sens de l’action. Après c’est vrai que nous sommes peut-être dans un univers clôt avec le recrutement des profils toujours un peu similaires. Et aussi, j’ai vu ça. On va à Greenpeace, puis à ACF, puis à MSF. On reste dans un univers clôt. Dans le contexte anglo-saxons, il y a moins de réticences aux profils du privés. Alors que nous on est prudent vis-à-vis de profils qui viennent de l’extérieur dans le recrutement. Donc il faut voir cela aussi lorsqu’on parle d’uniformisation. »

Pour information sur le GRUPC :  
Le GRUPC ou Groupe de Recherche Urgence Post-Urgence est une association de fait créée en 2009 comme un espace informel d’informations, de réflexions et d’échanges entre des dirigeants humanitaires, des experts, des représentants de Fondations et des pouvoirs publics. Les membres du GRUPC le sont à titre personnel et sont cooptés par ses membres. Le premier président a été Benoit Miribel, puis Anne Héry et Philippe Ryfman. Le président actuel est Francis Chahron.