Alain Boinet. Nous vous remercions de cet entretien pour la revue Défis Humanitaires.Vous vous êtes récemment rendu, aux côtés du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, en République Démocratique du Congo-RDC, où sévit, dans l’Est du pays, une grave épidémie d’Ebola. Quelle situation y avez-vous constatée et quelles actions le Centre de Crise et de Soutien met-il en œuvre pour contribuer à endiguer cette épidémie ?
Gaël Veyssière. Tout d’abord, je vous remercie pour cette invitation. J’ai pris mes fonctions de directeur du Centre de crise et de soutien en juillet, après avoir été pendant trois ans ambassadeur de France à Kyiv. Mais votre question porte sur la crise sanitaire en République démocratique du Congo. J’ai eu la chance d’accompagner notre ministre, Jean-Noël Barrot, juste avant la Conférence Nationale Humanitaire qui s’est tenue à Paris le 6 octobre. Nous nous sommes rendus à Kinshasa, mais surtout, le ministre a souhaité se rendre à Bunia, en Ituri, qui est à la fois l’épicentre historique de l’épidémie et le lieu où sont coordonnées la réponse humanitaire et la réaction des autorités congolaises.
La situation de l’épidémie reste préoccupante. Lorsque nous nous sommes rendus sur place, un net recul de l’épidémie commençait à se dessiner dans la région de l’Ituri. Mais aujourd’hui, à l’heure où je vous parle, on compte plus de 9.100 cas recensés et, malheureusement, un taux de mortalité élevé, légèrement inférieur à 50 % : nous en sommes à environ 4.400 décès. Cela reste donc extraordinairement grave, pour une maladie contre laquelle il n’existe pas, à proprement parler, de traitement. L’épidémie se développe manifestement au Nord Kivu.
Mais le fait est, que l’épidémie ne concerne pas que la RDC : les pays voisins, notamment l’Ouganda, le Rwanda ou le Kenya, sont également touchés ; huit cas ont ainsi été déclarés ces derniers jours au Kenya, un au Nigéria. Il se joue là quelque chose d’important pour la RDC, pour l’ensemble de la région et, en réalité, dans une perspective globale. C’était aussi le message du ministre, et la raison pour laquelle il tient tant à ce que nous nous mobilisons tous, car en fin de compte si l’on ne parvient pas à résorber cette épidémie en RDC et dans les pays voisins, c’est inévitablement, tôt ou tard, notre propre sécurité qui sera touchée.
La France se mobilise. Elle a beaucoup fait ces dernières années, notamment à l’occasion de la Conférence de soutien à la paix et à la prospérité dans la région des Grands Lacs organisée à Paris le 30 octobre 2025 qui avait permis de mobiliser plus d’1.5 milliard d’euros. Plus spécifiquement, en 2026, ce seront au total 23 millions d’euros qui auront été consacrés à la lutte contre Ebola, essentiellement en RDC mais aussi en Ouganda ou en Rwanda. Lors de sa visite, le ministre a annoncé une enveloppe supplémentaire de 7 millions d’euros, qui vient s’ajouter aux 16 millions d’euros déjà mobilisés.
Il s’agit à la fois de soutenir les travailleurs humanitaires en première ligne – les ONG et les structures de RDC, mais aussi les ONG internationales et françaises, car nous avons des compatriotes extrêmement courageux qui font un travail tout à fait remarquable –, de soutenir les chercheurs et le partenariat scientifique avec l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de RDC – nous étions d’ailleurs à Bunia avec le Professeur Muyembe, et de soutenir les acteurs du développement afin de renforcer à long terme les systèmes de santé congolais.
C’était donc une visite assez complète. Il est important d’en parler, de sensibiliser et de mobiliser la communauté internationale ainsi que les bailleurs. Il convient également de rappeler que pour la protection des travailleurs humanitaires, aussi bien sur le territoire national que dans les départements et territoires d’outre-mer nous avons mis en place, avec le Ministère de la Santé, un protocole permettant le suivi médical des personnels d’ONG déployés sur le terrain de retour en France. Mais l’essentiel, lors de cette visite, était de mettre en lumière cette situation et d’en parler, car elle nous concerne tous.
Alain Boinet. Une question complémentaire qui me vient d’une conversation avec un responsable d’association humanitaire, lequel m’indiquait très justement qu’il y a déjà eu de très nombreuses crises d’Ebola en RDC. S’il est clair que nous sommes en ce moment dans une réponse d’urgence, l’objectif serait par conséquent qu’une réponse durable soit apportée, en matière d’accès aux soins, de dispensaires, d’eau potable, d’hygiène… On peut donc imaginer qu’au-delà de l’urgence, il y aura une action à poursuivre, avec les chercheurs notamment, pour éviter à l’avenir une nouvelle épidémie ?
Gaël Veyssière. Vous avez parfaitement raison. Il faut une réponse de fond, inscrite dans la durée au-delà de l’urgence, à la fois pour la recherche et pour les structures de soins en RDC. Car ce qui est en train de se passer, c’est un effet d’éviction : tout le monde se concentre sur Ebola, et des patients atteints d’autres maladies ne peuvent plus être pris en charge. Plus vite on pourra de nouveau les soigner, mieux ce sera.
Il faut également agir sur le terrain et sur le fond de cette épidémie, car une partie des difficultés tient à la méconnaissance, dans certaines populations, de la maladie et de ses modes de transmission, mais aussi parfois au refus d’en reconnaître la réalité. La réponse sanitaire doit alors composer avec certaines traditions culturelles, notamment lorsqu’il s’agit d’accompagner les familles dans le deuil et de permettre à chacun d’enterrer dignement un proche, tout en respectant les protocoles sanitaires indispensables pour éviter la propagation du virus. Ce sont des situations particulièrement difficiles, qui peuvent parfois susciter de l’incompréhension, voire de la colère à l’égard des travailleurs engagés dans la réponse à l’épidémie. Il y a donc tout un travail de sensibilisation et de dialogue avec les communautés à mener, en tenant compte des réalités culturelles et sociales locales. C’est une dimension essentielle de la lutte contre l’épidémie.
Encore une fois, vous avez raison : il faut distinguer le temps de l’urgence et l’action de plus long terme. L’épidémie actuelle est la 17ème épidémie d’Ebola recensée en RDC ; ce n’est évidemment pas la première. Mais la RDC est un pays qui a la taille quasiment d’un continent. Il faut donc aussi prendre en compte la possibilité de nouvelles résurgences et inscrire la réponse à Ebola dans la durée. C’est tout l’enjeu : être en mesure de faire face rapidement à d’éventuelles nouvelles flambées de l’épidémie.
Alain Boinet. Vous avez été ambassadeur de France en Ukraine, un pays qui fait face à une urgence humanitaire, dans le contexte plus large d’une guerre dont les conséquences dépassent largement le seul domaine humanitaire. Comment évaluez-vous la situation dans ce pays à la veille de l’hiver, et quelles sont, pour vous, les priorités de l’aide humanitaire aujourd’hui ?
Gaël Veyssière. Merci pour cette question. Il y a évidemment une vraie interrogation sur les besoins spécifiques liés à l’hiver. La vérité, c’est que la saison froide commence à peine : on ne peut donc pas encore savoir si l’hiver sera très froid ou non.
L’hiver dernier, celui de 2025-2026, a été exceptionnellement froid, ce qui a beaucoup aggravé les choses : il y a eu plus de moins vingt degrés pendant un mois, ce qui est tout à fait remarquable, même pour l’Ukraine.
Mais une chose est sûre : les frappes russes continuent, et elles visent systématiquement tous les objets énergétiques ukrainiens, c’est-à-dire tout ce qui sert à produire l’électricité, comme le chauffage. Si les températures descendent jusqu’à -25 °C, la situation sera encore plus difficile que l’hiver dernier. Mais même avec des températures de -5 °C ou -10 °C, l’absence de chauffage peut rapidement devenir un problème humanitaire majeur. C’est le premier enjeu : l’accès à l’énergie et au chauffage.
Le second, potentiellement encore plus grave, c’est l’eau. Les systèmes d’eau des villes sont parfois très centralisés, donc vulnérables aux frappes, et certaines villes ont déjà été touchées. Ce n’est pas très grave pour l’instant, mais on ne sait jamais, et cela pourrait jeter des dizaines de milliers de personnes sur les routes. Il faut donc absolument anticiper, et c’est ce que nous essayons de faire avec nos partenaires.
La France préside le G7, au sein duquel existe une formation spécifique, « Énergie », qui s’efforce de coordonner l’aide à l’Ukraine et que nous coanimons avec la Commission européenne. Une partie de notre aide est déjà prévue ; nous travaillons à des volets supplémentaires, pour apporter des générateurs– c’est ce dont les Ukrainiens expriment le besoin – et voir si l’on peut investir dans d’autres moyens de production.
Il s’agit aussi d’apporter du savoir-faire : une partie des difficultés de l’an dernier tient au fait que certains générateurs donnés par la communauté internationale n’ont pas pu être raccordés au réseau ukrainien, pour des raisons techniques. Mais nous essayons de travailler sur l’ensemble de ces paramètres pour aider les Ukrainiens à améliorer la résilience de leur système énergétique.
Je dois dire que les Ukrainiens sont admirables de résistance ; c’est ce que j’ai vu pendant trois ans et tout particulièrement l’an dernier. Mais il faut essayer d’atténuer les souffrances de la population civile, déjà très importantes alors que nous sommes dans la cinquième année de la guerre.
Alain Boinet. La 7e Conférence Nationale Humanitaire (CNH) vient d’avoir lieu à Paris le 6 octobre. Il faut d’ailleurs saluer la continuité de cet exercice, puisque la première CNH s’était tenue en 2011. Cette conférence joue un rôle important dans la mobilisation des acteurs humanitaires, pour la réflexion, les initiatives, pour améliorer l’efficacité collective de leur action. Le ministre Jean-Noël Barrot en a ouvert les travaux : que faut-il retenir des déclarations que le ministre à fait à cette occasion ?
Gaël Veyssière. Ce qui m’a frappé, c’est d’abord la réaffirmation, par le ministre, très fortement et très publiquement, devant cet écosystème humanitaire dont on peut s’enorgueillir en France – il est de grande qualité –, des principes humanitaires et de la légitimité de l’action humanitaire. Cette action est parfois contestée ; cela ne va plus totalement de soi pour tout le monde, et nous devons donc la défendre, et la défendre fortement. C’est ce que le ministre a fait en rappelant les principes humanitaires, la nécessité de protéger les travailleurs humanitaires, les enceintes internationales où la France intervient, que ce soit au Conseil de sécurité des Nations unies, au sein de l’Union européenne ou ailleurs, ainsi que le soutien très concret, très matériel, que nous apportons.
Il y avait également une autre dimension, tout aussi importante : celle des moyens consacrés à l’aide humanitaire. Dans un contexte marqué par plusieurs années de baisse des financements publics et par le recul, parfois très important, de l’aide apportée par la plupart des grands partenaires internationaux, les inquiétudes sont nombreuses quant aux moyens dont nous disposerons demain. Dans ce contexte, le ministre a pu annoncer que le projet de loi de finances pour 2027 prévoit une augmentation de l’aide humanitaire française. C’est évidemment une évolution importante, qui témoigne de la volonté de maintenir cet engagement malgré un contexte international particulièrement difficile. Il a aussi annoncé la volonté de stabiliser les moyens destinés aux organisations non gouvernementales, puisque les ONG françaises sont souvent mobilisées à la fois par les canaux humanitaires et pour le développement.
Il y a eu enfin un certain nombre d’annonces financières spécifiques : les 7 millions d’euros pour la République Démocratique du Congo et la lutte contre Ebola, dont nous parlions à l’instant, mais aussi 3 millions d’euros pour le Yémen, où la situation humanitaire s’est encore dégradée.
Au-delà de cette question des financements, la conférence a également permis de renforcer les partenariats entre les différents acteurs de l’aide humanitaire. Il s’agissait notamment de rapprocher les bailleurs et les grands partenaires internationaux : la Commission européenne, dont le directeur général d’ECHO a participé activement aux échanges, le système des Nations unies, les principaux bailleurs bilatéraux, ainsi que nos partenaires européens et internationaux. Cette dynamique concernait également les fondations et les acteurs privés, les collectivités locales, qui jouent elles aussi un rôle important dans le financement de l’aide, ainsi que l’État, à travers le CDCS et les différentes composantes du ministère, tout comme les ONG qui mettent en œuvre l’aide humanitaire sur le terrain. L’objectif était de faire émerger de nouveaux mécanismes de financement et de donner davantage de visibilité à des initiatives déjà portées par le secteur humanitaire. C’est notamment le cas de la loterie solidaire, défendue par une partie des acteurs du secteur et dont vous vous êtes d’ailleurs fait l’écho dans vos colonnes. C’est une idée stimulante, qui a trouvé une place particulière dans les échanges de la conférence.
Les prochains mois seront marqués par plusieurs rendez-vous importants. Nous participerons notamment à la Conférence de haut niveau sur l’humanité en temps de guerre organisée à Amman, en Jordanie le 7 décembre prochain, avec le Comité International de la Croix-Rouge et plus de 120 États. La France avec l’UNICEF organisera également, au début de 2027, une conférence sur les enfants dans les conflits armés. Mais l’une des suites les plus concrètes de la conférence concerne le renforcement des partenariats avec le secteur privé. À cette occasion, le ministre a lancé le « Club humanitaire France », qui réunit pour l’instant huit fondations et entreprises privées autour des ONG. L’objectif est de faire progressivement grandir ce réseau afin de mieux mobiliser les financements privés et de développer des formes de cofinancement plus efficaces. Cette logique peut notamment permettre de soutenir des projets communs, comme la création d’entrepôts solidaires et la constitution de stocks humanitaires, en France comme à l’international.
Au-delà de ces initiatives, je retiens surtout de cette conférence la mobilisation qu’elle a suscitée. Près de 300 personnes étaient présentes dans la salle, qui affichait complet, auxquelles s’ajoutaient de nombreux participants en ligne. Le ministre a ouvert les travaux après un message vidéo du président de la République, j’ai eu l’honneur de conclure cette journée devant une salle toujours largement mobilisée. Cette participation témoigne de l’importance que nos concitoyens accordent à l’action humanitaire et de la vitalité de l’écosystème français. Dans le contexte difficile que traverse aujourd’hui le secteur, cette mobilisation est aussi un encouragement à soutenir l’écosystème humanitaire, et surtout à le défendre.
Alain Boinet. Durant cette conférence, trois tables rondes ont traité de questions spécifiques : le droit international humanitaire et les principes humanitaires, la réforme du système humanitaire, les partenariats entre acteurs et les financements innovants. Vous avez déjà abordé divers aspects de ces tables rondes. Y en a-t-il d’autres que vous souhaiteriez souligner ?
Gaël Veyssière. Un autre aspect me paraît important : la place accordée aux travailleurs humanitaires. Tout le monde n’était évidemment pas à Paris, mais pour ceux qui y étaient, comme pour ceux qui ont suivi la conférence à distance, plusieurs expositions photographiques ont permis de mettre en lumière le droit international humanitaire. Ce droit est évidemment essentiel, mais il est aussi important qu’il soit incarné. Il l’est par des femmes et des hommes qui, au quotidien, s’engagent pour porter secours aux populations et qui prennent parfois des risques considérables dans l’exercice de leur mission. Il était donc important de leur rendre hommage, mais aussi de rappeler que cet hommage doit se traduire concrètement par un appui à leur action et à leur protection. C’est dans cet esprit que la France soutient notamment des initiatives comme Protect Aid Workers, qui accompagne les travailleurs humanitaires et leurs familles, en particulier lorsque ceux-ci ont été victimes d’attaques.
Sur la réforme du système humanitaire, il y a un point que je n’ai pas mentionné mais qui est important, sur lequel nous avons beaucoup travaillé : les chaînes d’approvisionnement humanitaires.Comment organiser l’ensemble de la chaîne, depuis la constitution des stocks humanitaires jusqu’à leur déploiement, avec nos partenaires, notamment les Nations unies, afin de pouvoir réagir plus rapidement, plus efficacement et de manière mieux coordonnée ? C’est un vrai sujet pour la France, et c’est aussi un sujet qui sera discuté au G7, notamment par les ministres des Affaires étrangères. C’est enfin un sujet international, fondamentalement onusien.
Lors de la troisième table ronde, consacrée aux partenariats entre les acteurs et aux financements innovants, plusieurs pistes ont été évoquées, parmi lesquelles les loteries solidaires dont je parlais précédemment. D’autres idées ont également émergé, comme la manière de mieux associer les diasporas présentes en France et originaires des pays dans lesquels sont menés les projets, ou encore celle de mobiliser davantage les titres associatifs.
Il y avait donc beaucoup de pistes et une réelle volonté de faire preuve de créativité, ce qui répondait pleinement, je crois, à l’appel lancé par le ministre au début de la conférence. Mais, désormais, l’essentiel est de donner une suite concrète à ces réflexions. La Conférence Nationale Humanitaire se tient environ tous les trois ans, mais il ne faudrait surtout pas attendre trois ans pour agir. Toutes ces pistes et ces chantiers doivent maintenant être approfondis et se traduire par des avancées concrètes. Face à la multiplication et à la complexification des crises, mais aussi à la brutalisation du monde dans lequel nous vivons, nous n’avons tout simplement pas le choix.
Alain Boinet. La France dispose d’une stratégie humanitaire de la République française, qui porte actuellement sur la période 2023-2027. Vous avez réalisé une revue à mi-parcours dont vous tirez cinq enseignements et sept pistes d’action pour cette année et l’année prochaine. Quels en sont les axes principaux ?
Gaël Veyssière. Nous avons fait réaliser cette revue à mi-parcours par un cabinet extérieur, parce qu’il était important d’avoir de la distance. Le travail a été assez approfondi : une analyse documentaire, 46 entretiens, 67 acteurs clés, deux enquêtes en ligne. La synthèse est en ligne sur le site France Diplomatie. L’objectif était d’abord de mesurer les progrès accomplis depuis la publication de la stratégie en 2023. Avons-nous réellement réussi à mieux adapter notre réponse humanitaire aux enjeux transversaux que sont l’égalité entre les femmes et les hommes, la sécurité alimentaire, la nutrition ou encore le climat, notamment dans les programmes que nous finançons directement ?
Les recommandations formulées rejoignent, sans que je puisse toutes les détailler ici, plusieurs des grands thèmes abordés lors de la Conférence Nationale Humanitaire. Il s’agit notamment de poursuivre notre engagement en faveur du droit international humanitaire et de la préservation de l’espace humanitaire, mais aussi d’améliorer l’efficience de l’aide, par exemple en mutualisant certains services humanitaires.
La question des priorités de programmation annuelle a également été soulevée, tout comme celle de la communication. Cette dernière est essentielle, car elle contribue aussi à donner envie de s’engager et à faire connaître l’action humanitaire. En effet, la redevabilité publique est un enjeu important : l’aide humanitaire constitue une politique publique, et nous devons donc être en mesure d’expliquer ce que nous faisons et d’en rendre compte. Cela passe aussi par un meilleur travail avec nos partenaires et avec notre réseau diplomatique. Nous disposons aujourd’hui d’une trentaine de correspondants humanitaires au sein de nos ambassades, ce qui nous permet de mieux nous déployer et de rester au plus près des réalités du terrain.
Il y a enfin cette question qui porte, pour les professionnels, le nom de « nexus » entre l’urgence, l’humanitaire et le développement. Elle répond à une idée très simple, un peu celle que vous évoquiez à propos d’Ebola : il y a la phase d’urgence, il y a la phase de développement et, entre les deux, il faut une phase de stabilisation. La difficulté, naturellement, tient au fait que ces différentes phases ne relèvent pas des mêmes acteurs. Au CDCS, nous intervenons principalement dans les situations d’urgence et de stabilisation, tandis que le développement relève de l’Agence Française de Développement. Nous cherchons toutefois de plus en plus à construire des projets communs avec l’AFD, afin d’assurer une véritable continuité entre ces différentes étapes : permettre au CDCS d’intervenir là où les besoins relèvent encore de la stabilisation, tandis que l’AFD peut prendre le relais lorsque les conditions permettent d’engager des actions de développement. L’objectif est de travailler de manière intégrée, dans un esprit de complémentarité, sans créer de frontières artificielles entre les interventions.
Il y a donc beaucoup de sujets, beaucoup de thèmes, et il y aura naturellement un exercice final d’évaluation à l’issue de la stratégie.
Alain Boinet. La revue Défis humanitaires analyse régulièrement les liens de cause à effet entre les crises géopolitiques et leurs conséquences humanitaires. Dans un document récent, la Commission européenne souligne que l’on connaît actuellement 130 conflits dans le monde, soit plus du double d’il y a quinze ans et qu’ils représentent environ 70% des besoins humanitaires mondiaux. Le CDCS constate par ailleurs que l’aide humanitaire mondiale s’est contractée entre 2023 et 2025 de 39% et de 44% en France. Comment la réforme de l’écosystème humanitaire pourrait-elle faire face à un tel accroissement des besoins et à une baisse simultanée, massive et rapide des financements institutionnels ?
Gaël Veyssière. On voit bien se dessiner le risque d’un effet de ciseaux qu’il faut conjurer. D’un côté, comme l’a annoncé le ministre, le gouvernement souhaite que l’aide humanitaire française augmente en 2027. C’est un signal important, car cela permet de rompre avec la dynamique de baisse observée ces dernières années. Mais, de l’autre, dans un contexte international où les financements humanitaires diminuent et où les budgets restent contraints, l’ensemble de l’écosystème doit aussi s’adapter. Nous devons collectivement être plus efficaces, mieux coordonnés et davantage en mesure de mutualiser nos moyens. Cela ne va évidemment pas de soi et représente un véritable défi. La France dispose néanmoins de plusieurs atouts pour y parvenir. Le premier est son expertise, notamment celle de ses ONG, dont la qualité est reconnue, et parfois même enviée, à l’international. Leur expérience et la solidité de leurs structures leur permettent, malgré les difficultés actuelles, de poursuivre leurs activités et de rester pleinement mobilisées.
Il faut également renforcer le travail entre bailleurs et développer les cofinancements, afin de concentrer davantage de moyens sur les priorités humanitaires et d’obtenir un impact à la hauteur des besoins. Nous avons déjà des partenariats de ce type avec la DG ECHO de la Commission européenne, notamment en Palestine et en Afrique de l’Ouest. Il est possible d’aller beaucoup plus loin, et c’est l’un des axes sur lesquels nous souhaitons désormais travailler.
Il faut aussi mieux associer les acteurs : c’est toute l’idée de ce club humanitaire, avec les fondations, les entreprises privées, mais aussi avec les collectivités locales. Le ministre s’est entretenu de ces sujets, par exemple, avec le maire de Paris ou avec des représentants des associations d’élus locaux, et notamment la première adjointe au maire de Marseille également vice-présidente de Cités Unies France. Il s’agit de sortir de la présomption, de l’orgueil, qui consisterait pour un bailleur à se croire capable de tout faire tout seul. C’est totalement impossible, ontologiquement, et c’est encore plus impossible compte tenu de l’écart entre les moyens disponibles et les besoins. Il faut aller là où les besoins humanitaires sont les plus importants et y intervenir de manière à produire un véritable impact. Lorsque nous ne pouvons pas faire la différence seuls, nous devons le faire avec d’autres. C’est cela qui compte.
Cela nous donne une feuille de route ambitieuse, qui ne sera évidemment pas simple à mettre en œuvre. Il est plus facile d’avancer lorsque les budgets augmentent fortement que lorsqu’ils ont diminué pendant plusieurs années. Mais l’enjeu en vaut réellement la peine, pour l’aide au développement, pour les populations que nous accompagnons, mais aussi parce que cela répond à la fois à nos intérêts nationaux, à nos intérêts européens et à nos valeurs. Les uns ne sont d’ailleurs pas séparables des autres.
Alain Boinet. Dans ce contexte, que pouvez-vous nous dire du sommet européen des 15 et 16 octobre à Bruxelles, notamment sur le cadre de financement pluriannuel pour la période 2028-2034, à la fois pour le budget de la Commission européenne et pour l’aide humanitaire, puisque l’Europe est l’un des principaux acteurs humanitaires dans le monde ?
Gaël Veyssière. La négociation du cadre financier pluriannuel est actuellement en cours et s’annonce particulièrement complexe. L’enjeu est majeur, puisqu’il déterminera les moyens financiers dont disposera l’Union européenne pour la période 2028-2034. Le cadre actuel arrivant à échéance en 2027, un accord entre les chefs d’État et de gouvernement devra ensuite être suivi de tout un ensemble de textes, de portée législative ou réglementaire, afin que le nouveau cadre puisse entrer en vigueur dès le 1er janvier 2028. Il est donc nécessaire de parvenir à un accord relativement rapidement et ce d’autant plus que l’année 2027 sera marquée par des échéances électorales majeures dans de nombreux pays.
La discussion est, par nature, extrêmement difficile. Je ne parle pas ici de l’aide humanitaire en particulier, mais du budget européen dans son ensemble. Certains États considèrent qu’après plusieurs années difficiles, il faut réduire les dépenses européennes. D’autres estiment, au contraire, que l’ampleur des défis auxquels l’Union est confrontée nécessite des moyens supplémentaires. Pour eux, la réponse passe notamment par la mobilisation de ressources véritablement européennes, les « ressources propres » qui permettraient de financer ces priorités sans faire peser une charge excessive sur les contribuables européens, qui sont également des contribuables nationaux.
Parmi les propositions actuellement sur la table figure notamment l’idée de consacrer une part importante de l’aide extérieure à l’action humanitaire, avec un plancher de 25 milliards d’euros pour la période 2028-2034. Ce serait évidemment une avancée considérable, et nous avons soutenu cette approche dans les discussions. Mais la négociation n’est pas terminée et, comme vous le savez, tant que tout n’est pas arrêté, rien n’est acquis. J’espère que les chefs d’État et de gouvernement parviendront à un accord d’ici la fin de l’année 2026, lors du Conseil européen de décembre. Cela laisserait ensuite le temps nécessaire pour finaliser l’ensemble des textes. L’avenir nous le dira, mais, en tout cas, nous ne ménageons pas nos efforts pour y parvenir.
Alain Boinet. La commissaire européenne chargée de l’aide humanitaire, Hadja Lahbib, a récemment déclaré que la situation que nous traversons nécessitait une véritable diplomatie humanitaire, mais que les acteurs humanitaires ne pouvaient pas en assumer seuls la responsabilité. Qu’en pensez-vous ?
Gaël Veyssière. Je pense qu’elle a raison. Les acteurs humanitaires, et en particulier les travailleurs humanitaires, sont une voix irremplaçable de cette diplomatie. Mais ils ne sont pas les seuls à pouvoir la porter. La diplomatie classique, celle des États, doit-elle aussi pleinement intégrer cette dimension humanitaire. C’est ce que nous nous attachons à faire, au niveau européen, comme vous l’avez rappelé, mais aussi à l’échelle nationale ou au sein des Nations unies. Il est important de maintenir une forme de continuum : il faut bien sûr assurer les financements, mais aussi dénoncer les violations du droit international humanitaire, les cas dans lesquels des travailleurs humanitaires sont pris pour cibles, et pouvoir leur apporter notre soutien. Il faut, en quelque sorte, tenir les deux bouts de la chaîne.
C’est également notre responsabilité de parvenir à des expressions politiques, que ce soit dans le cadre des Nations unies, au niveau européen ou à titre national. Par exemple, une déclaration des ministres des Affaires étrangères sur la situation au Soudan a été adoptée en juin 2026, avec plusieurs pays européens. Lorsque nous pouvons agir dans un cadre commun, c’est évidemment préférable ; lorsque cela n’est pas possible, il faut pouvoir le faire dans un format plus restreint. Cela montre que la diplomatie humanitaire exige beaucoup de souplesse. Il faut pouvoir jongler en permanence entre ce que nous faisons à titre national, les cadres déjà établis et d’autres formats plus ponctuels, qui permettent eux aussi de faire avancer ces sujets.
J’ai mentionné tout à l’heure les travaux que nous avons menés avec le Comité International de la Croix-Rouge. Il est relativement facile de s’accorder sur les grands objectifs ; encore faut-il parvenir à les traduire concrètement, à les rendre effectifs. C’est un travail quotidien, qui devient de plus en plus difficile avec la multiplication des conflits et l’intensification de la conflictualité au sein même des crises.
Un mot justement sur les crises. Vous évoquiez leur multiplication, mais le problème tient aussi au fait qu’elles s’ouvrent vite et se referment très lentement. En Ukraine, cela fait déjà près de cinq ans et, depuis plusieurs mois, la guerre menée par la Russie dure plus longtemps que la Seconde Guerre mondiale pour l’Union soviétique. Cela permet de remettre les choses en perspective. On pourrait citer d’autres conflits qui se prolongent, ainsi que d’autres phénomènes malheureusement récurrents, comme les phénomènes climatiques. El Niño revient régulièrement et il faut, malheureusement, apprendre à vivre avec ces phénomènes. « On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas. »
Alain Boinet. Pour poursuivre sur ce sujet : en France comme ailleurs en Europe, les opinions publiques s’interrogent sur la raison d’être de la solidarité internationale, face aux difficultés de leur vie quotidienne et à leurs inquiétudes pour l’avenir. Comment répondre à cette interrogation, à la raison d’être d’une aide humanitaire internationale ?
D’abord, il faut parler des besoins humanitaires. Nous avons tous une part d’humanité, et quand on voit des civils qui souffrent, des enfants victimes, il y a quelque chose de naturel et de spontané dans cette volonté de solidarité. Mais cela ne suffit pas. Il est important aussi de montrer et d’expliquer que l’aide humanitaire permet de remplir ce devoir de solidarité internationale, mais aussi de stabiliser des situations régionales ou locales qui, sinon, se dégraderaient. Il ne peut pas y avoir de paix stable et durable tant que des populations sont dans une situation humanitaire désastreuse : cela ne peut pas exister, par définition. Quand on recherche une stabilité minimale, cela passe aussi par la justice, et d’abord par l’aide humanitaire.
Elle défend aussi nos intérêts les plus directs. Nous parlions tout à l’heure d’Ebola ; c’était la même chose pour ce que l’on a craint avec le hantavirus il y a quelques semaines. Ce genre de grande épidémie nous menace tous, et nous n’avons pas le luxe de changer d’adresse : nous sommes sur cette terre, il n’y a pas de planète B. Ce qui se passe dans le monde entier nous concerne, tôt ou tard, nous touche et peut menacer nos intérêts les plus directs et les plus vitaux. La protection des citoyens français impose aussi de pouvoir lutter contre cela.
Il y a donc une forme de responsabilité, qui mêle valeurs et intérêt, altruisme et solidarité, mais aussi protection de nous-mêmes. Je crois que le plus difficile, peut-être, est déjà fait : c’était d’accepter qu’il soit nécessaire d’en parler, de le défendre. Pour beaucoup de gens, dont je suis, et c’est sans doute votre cas aussi, cela allait de soi. Aujourd’hui, cela ne va plus forcément de soi. Eh bien, il faut mener ce combat, il faut l’expliquer. C’est ce que le Ministre a fait lors de la Conférence nationale humanitaire. Et je trouve encourageant de voir comment les gens réagissent quand on l’explique : c’est une politique publique, donc il faut naturellement qu’elle soit présentée et connue, mais il y a aussi une vraie aspiration à un monde juste, humain, y compris chez les jeunes. On l’a senti lors de cette Conférence Nationale Humanitaire : nous avions donné la parole à deux jeunes, parce que nous avions fait travailler des jeunes, début septembre lors de la Fabrique de la Diplomatie, sur la diplomatie humanitaire. La jeunesse est très engagée pour la solidarité internationale dans notre pays.
Alain Boinet. Je crois personnellement que la solidarité internationale est compatible et complémentaire avec la solidarité nationale. Le rôle d’un gouvernement, c’est d’abord et avant tout de s’occuper de ses concitoyens : c’est la légitimité de la responsabilité politique. Mais un grand pays comme la France a aussi des responsabilités mondiales, qu’il doit mettre en œuvre dans divers domaines, et l’aide humanitaire en fait partie. Le monde en a besoin pour répondre aux crises et pour assurer le plus de stabilité possible, éviter que tout cela ne dérape et ne nous entraîne on ne sait où, vers quelque chose d’encore plus dangereux pour tout le monde et pour la France elle-même.
Pour nos lecteurs, pouvez-vous nous rappeler les missions du Centre de crise et de soutien du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, que vous dirigez ?
Gaël Veyssière. Avec plaisir. Le Centre de Crise et de Soutien a été créé en 2008, à partir d’une idée de Bernard Kouchner : prendre l’ADN de l’urgence, y compris de l’urgence humanitaire, et l’insuffler dans l’administration, au sein du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, pour qu’il y ait un endroit où l’on puisse penser la crise et réagir en mode crise, si besoin. Le centre a plusieurs missions. La première est une mission de veille. Lorsque je suis arrivé au ministère, il y a de nombreuses années, les jeunes diplomates assuraient eux-mêmes des gardes de nuit dans les sous-sols du Quai d’Orsay. Leur rôle était d’alerter en cas d’événement important. Je l’ai fait plusieurs fois ; ce n’était pas particulièrement efficace.
Aujourd’hui, cette mission est assurée par deux veilleurs professionnels, spécialement formés à cet effet. Ils surveillent en permanence, y compris la nuit et le week-end, tout ce qui peut menacer la sécurité des Français à l’étranger. Ils assurent le lien entre les différents acteurs, réagissent aux situations et, lorsque cela est nécessaire, alertent les plus hautes autorités afin que nous puissions protéger nos compatriotes. Cette mission concerne donc avant tout la sécurité des Français : elle peut aller jusqu’à l’organisation de rapatriements lorsqu’une menace importante survient, mais aussi à toute autre forme d’assistance nécessaire. C’est la dimension diplomatique et consulaire classique, qui reste au cœur de l’activité d’un ministère des Affaires étrangères.
La deuxième grande mission est celle dont nous avons parlé jusqu’à présent : l’aide humanitaire. Le Centre de crise et de soutien gère, pour le ministère, l’aide que nous mettons en œuvre directement ou avec des ONG françaises, internationales ou locales. Nous cherchons d’ailleurs à renforcer notre coopération avec les structures locales. Cette action est menée en complémentarité avec deux autres organes du ministère : l’un intervient notamment dans le financement de l’aide humanitaire via les Nations unies, c’est la direction des Nations unies du ministère, tandis que l’autre, la direction des affaires globales travaille sur des sujets plus spécifiques, comme l’alimentation et la lutte contre la malnutrition. Au total, le centre compte plus d’une centaine d’agents, réunis autour d’un même ADN : la gestion de la crise, qu’elle soit humanitaire ou consulaire.
Lorsqu’une crise majeure survient, nous activons une cellule de crise. Les agents du centre ont alors, pour la plupart, une double fonction : ils conservent leur mission habituelle tout en venant renforcer l’équipe chargée de gérer la crise. Avec des volontaires de la Croix-Rouge et d’autres collègues du ministère, ils peuvent ainsi faire face aux milliers d’appels qui arrivent au ministère, répondre aux demandes, recueillir des informations sur nos compatriotes à l’étranger et déterminer comment leur venir en aide. En parallèle, nous pouvons également apporter une réponse humanitaire aux autres victimes de la crise.
Le Centre de Crise et de Soutien relève du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, mais il a aussi une vocation interministérielle. Lorsqu’une cellule de crise est activée, les autres ministères concernés sont associés à la réponse : les Armées, l’Intérieur, la Santé, bien entendu, mais aussi les Transports, notamment à travers l’aviation civile. L’objectif est de coordonner, sous l’autorité du ministre, l’ensemble des moyens disponibles afin de venir en aide à nos compatriotes. C’est aussi cette logique de coordination et de complémentarité que nous cherchons à développer dans le domaine de l’aide humanitaire.
Gaël Veyssière. Je voudrais conclure sur une note d’optimisme, en tout cas d’engagement. La situation humanitaire est difficile ; nous avons parlé de la multiplication des crises. Mais nous avons beaucoup de moyens, beaucoup d’outils, et surtout les compétences et les talents pour être engagés et efficaces. Il y a toujours beaucoup de difficultés, mais, malgré elles, l’essentiel est la volonté de faire face à cette réalité et d’agir. C’est vraiment, quelque part, une morale de l’action.
Je suis fier d’avoir cette responsabilité, avec une équipe au Centre de Crise et de Soutien qui est formidable, incroyable, tournée vers l’action – et c’est certainement quelque chose que nous avons en commun avec les ONG et l’écosystème humanitaire français. Ce que je souhaite vraiment, c’est que nous puissions jouer pleinement notre rôle pour passer de la mobilisation à l’action, et que nous le fassions au quotidien, de la façon la plus efficace, la plus déterminée, la plus engagée possible.
Biographie
Gaël Vayssière
Directeur du Centre de Crise et de Soutien (CDCS) du Ministère de l'Europe et des Affaires Etrangères
Gaël Veyssière dirige le centre de crise et de soutien (CDCS) depuis août 2026.
Il a débuté sa carrière au Ministère, en 1997, à la direction des Amériques et Caraïbes, après avoir été admis au concours pour l’accès à l’emploi de secrétaire adjoint des affaires étrangères. Il a ensuite été troisième, puis deuxième secrétaire, pour la coopération à la représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne à Bruxelles, de 2001 à 2004.
Mis à disposition des services du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, en qualité de conseiller technique à la cellule diplomatique, en 2004, il a rejoint l’administration centrale, en tant que chargé de mission Affaires politiques et de sécurité auprès du Directeur politique, de 2005 à 2007.
Il a successivement occupé, à partir de 2007, les postes de premier secrétaire à la mission permanente de la France auprès de l’Organisation des Nations unies à New York, puis porte-parole et chef du service de presse et de communication à la représentation permanente de la France auprès de l’Union européenne à Bruxelles, à partir de 2010. Il est ensuite revenu en administration centrale en tant que sous-directeur de la presse (2014-2016), puis sous-directeur des relations extérieures de l’Union européenne (2016-2017) et enfin directeur de cabinet des Ministres auprès du Ministre des Affaires étrangères puis de la Secrétaire d’État chargée des affaires européennes, Mmes Marielle de Sarnez, Nathalie Loiseau et Amélie de Montchalin (2017-2019).
Il est nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à Zagreb, en 2019, puis à Kyiv en 2023, avant de rejoindre le CDCS en tant que directeur en 2026.
Diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris et de l’E.S.S.E.C. (École supérieure des sciences économiques et commerciales), il détient, en parallèle, une licence d’histoire à la Sorbonne Paris IV. Il est Chevalier de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite.