La Conférence des Nations Unies sur l’eau 2026 à Abu Dhabi : Une chance pour l’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène dans les contextes humanitaires ?

Auteur :

Jean Lapègue et Marie Sara Bouloumou — Numéro 118

04/11/2026

Aisha Abubakar, mère de Suleman Abubakar, âgé de 9 mois, au centre de consultation externe, où son fils passe un test d’appétit. Le programme thérapeutique ambulatoire (OTP) est soutenu par Action contre la Faim à Dogon Daji, dans l’État de Sokoto. © Maryna Chebat, Action contre la Faim (2025)

 

La conférence 2026, son objectif et les productions attendues

 

La troisième Conférence des Nations Unies sur l’eau (après celles de 2023 co-organisée par les Pays-Bas et le Tadjikistan, et de 1977 de Mar del Plata, Argentine) se tiendra du 08 au 10 décembre 2026 à Abu Dhabi (Emirats Arabes Unis). Elle sera co-organisée par les Émirats arabes unis et le Sénégal, et souhaite être un moment central et planétaire concentré sur la mise en œuvre d’actions en faveur de l’Objectif de Développement Durable n°6 : « Garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau ».

Cet évènement, même si de nombreux membres de la société civile ou acteurs variés du secteur sont invités à s’y rendre pour animer ou contribuer à des évènements en zone non-onusienne, reste avant tout un moment politique onusien c’est-à-dire un espace de rencontres et négociations entre pays. Son objectif officiel est d’accélérer les progrès vers les objectifs mondiaux dont le seul livrable officiel attendu est une synthèse des débats, c’est-à-dire un document non engageant de même type que celui de 2023, la résolution organisant la conférence excluant de facto toute déclaration politique. En pratique, ce sera surtout l’occasion de construire des majorités de pays sur des avancées qui pourraient faire l’objet de décisions ultérieures de l’Assemblée générale ONU.

 

Le programme de travail attendu des États s’articule autour de six piliers (les Dialogues interactifs, initiés lors de la conférence préparatoire de Dakar, en janvier 2026) :

  • L’eau pour la Coopération (D) et L’eau pour la Prospérité (B) le 08/12 ;
  • L’eau pour les Personnes (A) et Investissements pour l’eau (F) le 09/12
  • Enfin, L’eau pour la Planète (C) et l’eau dans les Processus Multilatéraux (E) le 10/12.

En marge de la conférence étatique (zone bleue) se déroulera une programmation non-onusienne, dans la zone verte (où Oasis)

Cet espace, animé par les Emirats arabes unis, se veut une programmation dynamique d’événements, expositions et pavillons immersifs. Les thèmes sous-tendant ce programme seront des miroirs des thèmes onusiens :

 

  • L’eau pour une prospérité partagée (08/12),
  • Investissements pour la vie et les moyens de subsistance (09/12)
  • L’eau pour un futur résilient et commun (10/12).

 

Parmi les nombreux ateliers programmés, un grand évènement autour de la déclaration des parties prenantes et des détenteurs de droits, facilité par le German WASH Network est prévu. Du fait, les pays co-organisateurs visent ainsi à un partage des connaissances, des partenariats, des investissements, des solutions techniques qui améliorent les conditions de vie, restaurent les écosystèmes et élargissent l’accès à l’eau et à l’assainissement.

 

Les besoins du secteur et la part des besoins de la WASH humanitaire

 

Comme le rapport du Joint Monitoring Programme 2025 l’a présenté, les chiffres concernant l’atteinte de l’ODD N°6, en particulier pour ce qui concerne les cibles 6.1 (accès à l’eau) et 6.2 (accès à l’assainissement et à l’hygiène) sont très préoccupants : 2,1 milliards de personnes ne bénéficient pas d’un accès sécurisé à l’eau potable (soit 25% de la population mondiale) et 3,4 milliards sont privées d’assainissement géré en toute sécurité (soit 41% de la population mondiale). Cet état de fait touche en priorité, pour ce qui est de l’accès à l’eau, les pays d’Afrique intertropicale, et également plusieurs pays d’Asie centrale et du Sud-Est et d’Amérique du Sud pour ce qui est de l’accès à l’assainissement.

 

Ces privations ne pèsent pas de la même façon sur tout le monde. Dans sept foyers sur dix qui n’ont pas d’eau à domicile, la corvée d’eau repose sur les femmes et les filles avec les risques associés : violences basées sur le genre, déscolarisation et blessures. Le changement climatique aggrave ces inégalités : 380 millions de femmes et de filles vivent déjà dans des zones de stress hydrique élevé ou critique, et elles pourraient être 674 millions en 2050.

 

Darmi Kegna Sara, 23 ans, Lelo Kegna, 4 ans, et la petite Nadi Kegna, âgée d’un an, à leur domicile à Moyale. © Perer Caton, Action contre la Faim (2021)

 

Au sein de cette tranche de la population planétaire qui n’a pas accès à l’eau et à l’assainissement se trouve la population en besoin spécifique d’assistance humanitaire, pour qui l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène est question de survie. Cette population, présente dans 31 pays (rapport FTS UNOCHA 2026) a été estimée en 2025 par le Global WASH Cluster à 161 millions de personnes. Sur ce total, seuls 75,8 millions ont été effectivement ciblés (47% de la population) et seulement 33,84 millions (21%) ont pu bénéficier de l’aide humanitaire vitale. En 2026, le Global WASH Cluster estime ce besoin à 137,5 millions de personnes.

 

Hamida Djibrin et ses enfants Inas et Anis, Maka Djibrin Hassan et ses enfants Nasradin, Aladin, Najmadin, Nouradin, Dalia s’approvisionnent en eau dans le camp de Metché © Christophe Da Silva, Action contre la Faim (2024)

 

La population en besoins humanitaires globaux (WASH, Nutrition, Santé, Sécurité alimentaire, etc) a presque quintuplé dans les dix dernières années, passant de 50 millions en 2015 à 239 millions en 2026, essentiellement du fait des conflits, de l’explosion du nombre de personnes déplacées de force et, de plus en plus, des chocs climatiques. Cette population en besoin humanitaire se situe surtout (60% des besoins) en 2026 en Afrique et en Asie de l’Ouest. Il est frappant (mais aussi logique) de constater que plus d’une personne sur deux en besoin humanitaire présente un besoin en eau, assainissement et hygiène (173,5 millions sur 239 millions en 2026).

La situation financière du secteur parmi d’autres enjeux

 

L’atteinte de l’ODD n°6 en 2030 est résolument compromise par de nombreux facteurs : on évoque un besoin annuel estimé à 114 milliards de dollars nécessaires à atteindre seulement les cibles eau et assainissement/hygiène (6.1 et 6.2), ce qui nécessiterait de tripler les engagements actuels des États en faveur du secteur (source AFD).

 

Au-delà de l’aspect purement financier, Il faudrait également renforcer les capacités d’absorption des fonds des États récipiendaires, répondre à l’enjeu démographique, et avant tout combler le manque de gouvernance locale du secteur et de leadership politique pour faire du secteur de l’eau de l’assainissement et de l’hygiène une priorité nationale stratégique. D’autres enjeux comme la transparence sur l’utilisation des fonds demeurent essentiels pour rassurer les bailleurs de fond.

 

Parmi ces plus de 100 milliards de dollars nécessaires annuellement pour doter la planète de services minimaux d’accès à l’eau et à l’assainissement ressort la demande financière humanitaire qui oscille entre 3 et 4 milliards de dollars annuels (3,2 milliards en 2026). On parle donc d’un ratio de moins de 3% seulement des besoins de financement du secteur. Quand on touche à cette petite tranche financière, cependant, on fragilise directement la survie des populations les plus exposées. A l’échelle mondiale, l’OMS attribue chaque année 1,4 millions de décès à un accès insuffisant à l’eau à l’assainissement et à l’hygiène. Dans les zones de conflit, les enfants de moins de 15 ans ont près de trois fois plus de risque de mourir de maladies liées à l’eau et à l’assainissement que de la violence directe (données OMS et UNICEF).

 

Nigéria – Remplissage de dizaines de fûts et de bacs depuis un camion-citerne. L’enveloppe humanitaire WASH sous-financée à 70% en 2026 (UNOCHA, FTS). © Maryna Chebat, Action contre la Faim (2025)

 

Dans le même temps, l’enveloppe financière sécurisée par le secteur WASH (à travers les appels coordonnés des Nations Unies et les autres sources de fonds) a vu une croissance jusqu’à 2023 puis une baisse qui semble stabilisée à ce jour autour de 1,1 milliard de dollars collectés. L’enveloppe WASH humanitaire oscille autour de 5% seulement de l’enveloppe humanitaire globale (2025) alors qu’il s’agit d’un service vital.

 

Financement humanitaire WASH obtenu, Financial Tracking Service UNOCHA 2026

Le rôle des conférences onusiennes sur l’eau

 

Les conférences sur l’eau des Nations Unies démontrent une construction progressive mais accélérée du secteur qui, rappelons–le, est paradoxalement assez jeune, avec un droit reconnu en 2010, un objectif de développement durable dédié en 2015 et une Envoyée spéciale pour l’eau nommée en 2024. Les enjeux climatiques et la prise de conscience de « l’or bleu » ont à priori accéléré l’intérêt des États pour le secteur.

 

L’apport concret de la Conférence des Nations Unies sur l’eau 2023 a été mitigé. D’abord elle a donné naissance au Programme d’action pour l’eau (Water Action Agenda), plan d’action contenant plus de 830 engagements visant à favoriser la transformation vers un monde où l’eau est en sécurité qui aborde les défis liés à l’eau par le biais d’une approche plus coordonnée et mieux axée sur les résultats. Mais surtout, elle a ouvert la voie à la nomination d’une Envoyée spéciale pour l’eau et fait prendre conscience d’une crise mondiale de l’eau et fait émerger la demande à l’ONU d’établir une stratégie unifiée sur l’eau. Cependant, à part des engagements marginaux du Programme d’action pour l’eau potentiellement centrés sur les populations à risque, ainsi que des références ponctuelles aux « plus vulnérables » par l’Envoyée spéciale pour l’eau, Mme Retno Marsudi (comme sa mention des enfants décédant du fait des maladies hydriques lors de son allocution de la réunion préparatoire de Dakar, en janvier 2026), le contexte humanitaire a pour l’instant peu bénéficié des conférences onusiennes dédiées.

 

C’est précisément à ce titre que la conférence de Abu Dhabi pourrait être changer la donne.

 

En effet, et pour la première fois dans la brève histoire de ces conférences, une note concept officielle de Dialogue interactif consacre une section entière aux contextes de crise. Dans la note concept du Dialogue A, L’eau pour les Populations, coprésidé par la Suisse et le Ghana, une section entière (III.C. §38 à 42) concerne les contextes de fragilité, de conflit et de violence (FCV). Cette section rappelle les besoins humanitaires mentionnés plus haut, dénonce le ciblage délibéré des infrastructures en eau et assainissement durant les conflits et l’absence d’intégration entre les solutions de court terme et les plans de long terme pour réduire l’impact des crises (pensons au manque d’infrastructures WASH en centres de santé et dans les communautés affectées de manière récurrente par les épisodes épidémiques, par exemple en République Démocratique du Congo, en lien avec l’épisode Ebola actuel), mettant en avant le besoin d’un nexus urgence-développement-paix. Elle rappelle aussi que, dans les zones de conflit, les enfants meurent davantage de l’eau insalubre que des armes (§41).

 

Nigéria © Action contre la Faim, Maryna Chebat (2025)

Ce même document propose des pistes de solutions destinées à mieux intégrer la WASH dans les plans nationaux d’adaptation, les contributions déterminées au niveau national (CDN) et les plans de réduction des risques de catastrophes (§49), à prioriser les besoins WASH des populations affectées dans les plans de réponse humanitaire et les appels de fonds (§51) et à cibler les financements vers les contextes humanitaires et les populations en situation de vulnérabilité (§57.d). Il propose également le pilotage d’indicateurs de risque comme le WASH Insecurity Analysis, pour comprendre les besoins et les risques WASH sur tout le continuum humanitaire-développement (§69), et se clôture sur plusieurs recommandations impactant directement l’eau humanitaire, par exemple la 75.c sur des résultats collectifs partagés entre acteurs humanitaires, de développement et de paix, la 75.d (et l’indicateur 75.h) sur les personnes réfugiées et déplacées, la 75.e souhaitant que les clusters WASH soient dotés de ressources humaines et de capacités suffisantes pour répondre efficacement aux crises, ou encore la 75.f appelant au respect du droit international humanitaire et à la protection des infrastructures civiles d’eau, avec un suivi indépendant des violations. La recommandation 75.a, sur la préparation et les systèmes d’alerte précoce multirisques, ouvre aussi la porte à l’action anticipatoire face aux chocs climatiques.

 

États appuyant la cause humanitaire et ceux que l’on attend

 

Les États qui semblent, au vu des notes concept et des échanges lors de la réunion préparatoire de Dakar, les plus engagés sur le thème de la WASH en contexte humanitaire sont (a minima) la Suisse et le Ghana (qui coprésident le Dialogue interactif A) et dans une autre mesure le Senegal, pays co-organisateur de la conférence de décembre, qui depuis le 9eme Forum Mondial de l’eau de 2022, et la Déclaration de Dakar, mentionne et appuie le droit international humanitaire (article A.12).

 

La France, qui copréside avec l’Afrique du Sud le Dialogue interactif F (Investissements pour l’eau) et qui avait, en marge de la conférence de 2023, officiellement reconnu en signant le WASH Roadmap Call to Action l’importance des enjeux humanitaires du secteur, est très attendue pour donner au Dialogue Interactif n°1 les moyens de ses ambitions.

 

À ce stade cependant, la note concept du Dialogue interactif F, même si elle mentionne les enjeux financiers liés aux crises climatiques, les groupes vulnérables (IV.2.4 et V.4), la dimension de genre du déficit de financement (III.5) et approches nationales concertées (les Country Water Compacts), ne pose pas explicitement les bases qui permettraient de financer efficacement la réponse humanitaire du secteur.

 

Le terme « humanitaire » n’y apparaît d’ailleurs pas une seule fois, et la seule piste proposée pour les États fragiles (V.1) repose sur la construction de marchés et d’institutions solvables, peu adaptée aux contextes de crise. D’autres États finançant l’eau humanitaire sont également attendus pour se positionner durant la conférence, par exemple les États et bailleurs qui ont été les plus généreux en appui à l’eau humanitaire en 2026 (source : FTS, UNOCHA) : Commission européenne, États-Unis, Royaume-Uni, Suisse.

 

D’autres États finançant l’Eau humanitaire sont également attendus pour se positionner durant la conférence, par exemple les États Membres qui ont été les plus généreux en appui à l’eau humanitaire en 2026 (source : FTS, UNOCHA) : USA, Royaume Uni, Suisse…

 

Pays contributeurs au financement humanitaire WASH 2026, Financial Tracking Service UNOCHA

 

Demandes concrètes du secteur WASH humanitaire et propositions immédiates

 

Ces demandes sont d’abord celles reflétées dans les cinq messages du Call to Action revu en juillet 2025 et porté par la WASH Roadmap et le Global WASH Cluster, soit :

 

  • Réaffirmer le respect des principes humanitaires de neutralité, d’impartialité, et d’indépendance.
  • Augmenter substantiellement le financement des réponses humanitaires WASH, particulièrement dans les contextes FCV (fragilité, conflits et violence).
  • Cibler systématiquement les efforts WASH là où les besoins sont les plus critiques, guidés par des données collectives.
  • Assurer le respect du droit international humanitaire pour protéger les infrastructures WASH et le personnel humanitaire.
  • Renforcer la gouvernance mondiale de l’eau en intégrant la WASH humanitaire dans l’agenda des conférences ONU sur l’eau.

 

De façon très concrète, on pourrait demander aux États qui seront présents à Abu Dhabi d’appuyer :

 

  • A minima une priorisation et une prise en compte de l’assistance humanitaire en matière de stratégies nationales et de financements nationaux ou internationaux. C’est ici que les plateformes nationales pourraient jouer un rôle d’appui au nexus urgence-développement-paix et créer un environnement propice à mettre en œuvre des stratégies de gestion des risques améliorant la résilience des populations les plus exposées.
  • Dans un contexte général de baisse de l’Aide Publique au Développement (APD), le maintien ou l’augmentation des fonds humanitaires du secteur, pour une raison d’humanité (sauver des vies), afin de sanctuariser une enveloppe minimale de 2,5 milliards de dollars annuels (sur la base du manque de financement documenté en 2025).
  • Une visibilisation des cibles humanitaires dans le prochain cadre post-Objectifs de Développement Durable concernant le secteur.
  • Le maintien du thème humanitaire dans l’agenda de la conférence des Nations Unies sur l’eau de 2028 à Douchanbé, dans celui du Forum politique de haut niveau (HLPF) de 2027 et de l’Assemblée générale des Nations Unies de 2027.
  • Une prise en compte systématique du genre dans la réponse WASH humanitaire : données désagrégées par sexe, âge et handicap, participation effective des femmes aux décisions, installations sûres et dignes (éclairage, latrines séparées, gestion de l’hygiène menstruelle) pour prévenir les violences basées sur le genre.
  • Un accès réel des contextes fragiles et touchés par les conflits à la finance climat, en particulier pour l’adaptation et l’action anticipatoire, afin de ne plus laisser de côté les populations qui cumulent crises et chocs climatiques.

 

Les événements parallèles et l’engagement des parties prenantes

 

Au-delà des Dialogues interactifs, la WASH humanitaire sera portée à Abu Dhabi à travers plusieurs événements parallèles, en zone bleue comme dans l’Oasis. ACF et le PFE y sont engagés aux côtés d’États, d’agences des Nations Unies, d’ONG et de fondations.

En zone bleue (zone accréditée ONU)

Closing the Financing Gap: Pathways to Water Security in Fragile and Conflict-Affected Settings

— Proposé par l’International Rescue Committee, avec la Suisse (DDC), ACF, Oxfam et le PFE

 

Les contextes fragiles et affectés par les conflits, où plus de 137 millions de personnes ont besoin de services WASH, cumulent les obstacles : trop instables pour les financements de développement et la finance climat, trop chroniques pour l’aide humanitaire, trop risqués pour l’investissement privé. Cet événement réunira décideur·ses, bailleurs et financeur·ses autour de deux leviers : intégrer explicitement ces contextes dans la planification des investissements du secteur (Country Water Compacts, plans nationaux d’adaptation, stratégies sectorielles) et constituer des portefeuilles de projets finançables, dans lesquels acteur·rices humanitaires et de développement ont chacun·e un rôle. Exemples nationaux à l’appui, il s’agira de montrer que financer l’eau en contexte de fragilité est possible. L’événement prolonge directement le Dialogue F, coprésidé par la France.

 

Advancing One Health through WASH in crisis and fragile settings: from humanitarian response to resilient systems

— Organisé par la Fondation Veolia et Oxfam, avec le PFE et ACF

 

Dans les contextes de crise, les risques pour la santé humaine, animale et environnementale s’additionnent sous l’effet des conflits, des déplacements, des chocs climatiques et de l’effondrement des services. Cet événement présente la WASH comme une infrastructure de première ligne pour la prévention des maladies, le contrôle des infections, la santé environnementale et la lutte contre l’antibio-résistance. Il s’inscrit dans la suite du One Health Summit de Lyon (2026) et de sa session sur la WASH et l’élimination du choléra, au moment où s’achève le plan d’action conjoint One Health de la Quadripartite (2022-2026), qui traite encore peu de l’eau et des contextes humanitaires.

 

Dans l’Oasis (zone verte)

Water for People in Crisis: Accelerating SDG 6 through Survival and Resilient WASH (à confirmer)

— Coordonné par le Global Wash Cluster avec le soutien de plusieurs organisations dont ACF et le PFE

 

Cet événement d’une heure veut sortir la WASH humanitaire de son cercle habituel pour toucher les acteur·rices de la politique de l’eau, de la finance et de l’innovation. Il montrera comment des données partagées, une coordination pilotée au niveau national, la protection des infrastructures et du personnel, l’action anticipatoire face aux chocs climatiques et des financements mieux articulés permettent de relier la réponse vitale et la résilience de long terme.

 

Lancement de la déclaration des parties prenantes et des titulaires de droits (à confirmer) 

— Coordonné par le German WASH Network (GWN), l’African Civil Society Network on Water and Sanitation (ANEW) et soutenu par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ)

 

La déclaration réunit des parties prenantes et des titulaires de droits dans un appel commun visant à ancrer durablement les questions d’eau et d’assainissement au plus haut niveau du système des Nations Unies et de ses États membres.

 

Rejoignez-nous à Abu Dhabi en participant aux événements liés à l’humanitaire et à l’engagement des parties prenantes ! Dates, horaires et salles seront communiqués dès leur confirmation par le Secrétariat.

 

Par Jean Lapègue et Marie Sara Bouloumou. 

 

Les contacts de ACF & PFE qui seront présents à la conférence pour continuer à échanger

Dr Jean Lapegue, ACF, jlapegue@actioncontrelafaim.org 
Julien Eyrard, ACF, jeyrard@actioncontrelafaim.org
Marie Sara Bouloumou, PFE, marie-sara.bouloumou@partenariat-francais-eau.fr
Marie Laure Vercambre, PFE, marie-laure.vercambre@partenariat-francais-eau.fr

Biographie

Jean Lapègue

Responsable du service Eau Assainissement Hygiène de Action contre la Faim

Jean Lapegue est Responsable du service Eau Assainissement Hygiène de Action contre la Faim UK puis France depuis 2003. Il cumule une expérience de 26 ans dans le domaine de la WASH Humanitaire, essentiellement auprès de l’ONG Action contre la Faim. Il a une expérience de quatre ans en tant que responsable de la cellule hydrologique du Ministère de l’Agriculture et de la Forêt de la Collectivité Territoriale de Mayotte (1992-1996).

Son expérience de terrain, de plus de dix ans, couvre essentiellement des contextes de conflit et post conflit, où il a été exposé à l’accompagnement de populations déplacées : Sri-Lanka (1999-2001) et Afghanistan (2001-2003).

Jean Lapegue est membre de diverses instances décisionnelles et de coordinations humanitaires, comme le Cluster Global WASH, La Taskforce Globale pour le Contrôle du Cholera et a été gouverneur du Conseil Mondial de l’Eau (2015-2022) et membre du Groupe Stratégique du Global WASH Cluster. Il représente Action contre la Faim dans diverses instances de coordination incluant le Partenariat Français pour l’Eau, la WASH Roadmap, Coalition Eau, etc.

Sa formation est une thèse de doctorat en hydrologie de l’environnement (1999) et il est engagé sur plusieurs projets de recherche, a co-encadré plusieurs thèses de doctorat et est auteur ou co-auteur de nombreux ouvrages et publications et d’une cinquantaine d’articles sur le secteur de l’Eau en contexte de crise.

Il enseigne la stratégie humanitaire et l’architecture de la coordination dans cadre du Master WASH Humanitaire porté par l’Université Régionale de 2iE (Burkina Faso).

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