À quoi ressemble, concrètement, l’action internationale des associations françaises ? Dans quels pays interviennent-elles ? Qui agit au Soudan, en Ukraine, en Haïti, au Liban ou à Madagascar ? Et comment repérer, en quelques secondes, les organisations capables de répondre à une urgence, d’appuyer un système de santé, de former des jeunes ou de sécuriser l’accès à l’eau ?
La « CHD Map » apporte désormais une réponse simple et ouverte à tous. Cette carte interactive rassemble les 93 pays d’activité des 62 organisations membres de la Coordination Humanitaire et Développement. Elle donne à voir 783 présences actives, dans 93 pays et permet deux lectures complémentaires, très simples : partir d’une organisation pour visualiser ses pays d’intervention, ou partir d’un pays pour identifier les acteurs qui y sont présents.
Partir d’une organisation : l’exemple de Fert
Partir d’un pays : l’exemple de Madagascar
Un outil au service de l’information et de la coopération
La « CHD Map » n’est pas une illustration figée. C’est un outil de connaissance, de mise en relation et de décision. Pour un parlementaire, une administration, un partenaire financier, un journaliste ou une collectivité, elle rend immédiatement lisible une présence française jusque-là dispersée dans des dizaines de rapports annuels et de sites internet. Pour les organisations elles-mêmes, elle facilite l’identification de partenaires, les échanges d’expérience et les complémentarités sur un même terrain.
Cette vision d’ensemble constitue aussi une preuve par l’action. La diversité de la CHD se lit sur la carte : organisations d’urgence, de santé, d’éducation, de protection de l’enfance, de formation professionnelle, d’agriculture, d’accès à l’eau ou à l’énergie, structures d’envoi de volontaires, de logistique se côtoient sur les mêmes territoires. Certaines déploient de très larges dispositifs ; d’autres, plus spécialisées, apportent une expertise rare et décisive. Toutes concourent à une action utile, dans 93 pays vivant des crises diverses.
49,5 millions de personnes soutenues
Pour créer cette CHD Map sans solliciter ses organisations membres, la CHD a rassemblé leurs rapports annuels 2025. Ce fut aussi l’occasion de collecter des données clés, qui parlent d’elles-mêmes une fois agrégées :
49,5 millions de personnes ont été soutenues
4 910 projets actifs
93 pays
17 490 salariés, dont 12 824 sur le terrain, ainsi que 25 376 bénévoles.
Bien sûr ces totaux, issus des publications des ONG et non extrapolés, doivent être lus avec prudence car les bénéficiaires peuvent se recouper. Ils révèlent néanmoins une ampleur que la carte permet enfin de situer géographiquement.
Une présence à l’international importante…mais en repli
Rendre l’action visible est d’autant plus nécessaire que le secteur de la solidarité internationale est très fragilisé. Depuis 2024, le secteur des ONG françaises a dû réduire ou arrêter 1 700 projets sur la période 2024-2027. Ce recul affaiblit avant tout les populations concernées : 17,5 millions de personnes dans le monde ont été affectées directement. Il heurte aussi tous les professionnels du secteur : 16 000 postes seront supprimés d’ici à fin 2027. Ce recul se traduit aussi sur la carte : les ONG françaises ont été contraintes de fermer 100 bureaux-pays.
Les coupes d’Aide publique au développement, dans le monde et en France, sont la cause de cet effondrement historique. Au niveau français, de 2023 à 2027, la Mission APD est divisée par plus de trois, passant de 8 Md€ à 2,5 Md€ (-69 %). Le programme 209, regroupant les subventions projets (entre autres), est encore plus affecté sur cette période en proportion : -3,3 Md€ soit -81 %. Certains plaidaient pour que l’APD revienne à un niveau « ante Covid » …la réalité est qu’en 2027, le programme 209, reflétant réellement la solidarité internationale, sera tombé à moins de 800 M€, soit moins de la moitié de son niveau le plus faible historiquement :
La France a malheureusement emboîté le pas aux États-Unis et au Royaume-Uni ainsi qu’à l’Allemagne, alors qu’une résistance, même relative, à cette tendance eût démontré sa singularité. Sur le plan politique, comme le souligne le président d’une organisation membre, l’Aide publique au développement est le « dernier wagon du dernier train ».
Mais tout n’est pas perdu !
La CHD, depuis près de deux ans, rencontre des parlementaires, avant tout pour leur présenter nos organisations et leurs mérites. Nous ne nous lançons pas dans de grandes présentations internationales et géopolitiques mais décrivons concrètement ce qu’est une Organisation humanitaire et Développement, son sérieux, son professionnalisme. Nous affirmons que l’action des organisations humanitaires ou de développement (OHD) présente des mérites spécifiques. Elle est :
Lisible et concrète
Accès à l’eau potable, accès à l’éducation, agriculture et sécurité alimentaire, santé maternelle et infantile, formation professionnelle des jeunes, protection des civils.
Les OHD ont des coûts de fonctionnement très faibles, grâce à leur expertise bénévole et à un coût salarial inférieur de 40 % au marché général.
Efficiente
Sur 1 € de cofinancement public, les OHD captent en moyenne 6 € de financements complémentaires (dons, mécénat, legs, fonds internationaux), soit un effet de levier de 600 %.
Efficace et réactive
Les OHD connaissent très finement les contextes d’intervention, leurs projets sont élaborés avec les acteurs locaux, et elles sont souvent les premières à intervenir en cas de crise ou de catastrophe naturelle.
Transparente
Chaque euro est comptabilisé, audité (en moyenne 3 fois), justifié et remboursé en cas d’inéligibilité.
Neutre et éthique
Des engagements clairs et contrôlés (label Don en Confiance, code de conduite Croix-Rouge, conformité aux exigences des financeurs institutionnels) prohibent le prosélytisme, l’aide discriminatoire et les déperditions de fonds.
Créées et gérées en France, nos organisations sont animées et administrées par 25 000 bénévoles et reflètent une forte adhésion citoyenne à la coopération internationale.
Nous constatons que nos interlocuteurs, parfois éloignés de notre secteur, sont intéressés par découvrir les ONG sous un jour parfois nouveau, et très souvent plus approfondi qu’auparavant. Plusieurs nous soutiennent, portent nos propositions d’amendement, ce qui est utile en soi ainsi que vis-à-vis de l’exécutif.
La CHD Map contribuera, dans nos relations avec les décideurs, à leur montrer l’immense mobilisation de notre secteur, et la nécessité que son action continue d’être soutenue par les finances publiques.
Nous renouvelons nos remerciements à CartONG et à ses bénévoles sans qui ce projet n’aurait pas pu voir le jour !
La CHD Map a vocation à être actualisée et enrichie. Nous invitons les citoyens, journalistes, institutions, parlementaires, entreprises et acteurs de la solidarité à la consulter, à la partager et à nous signaler toute amélioration utile. Dans une période où la coopération internationale est questionnée, la meilleure réponse reste la transparence, la preuve et le dialogue.
La carte est ouverte, n’hésitez pas à l’explorer !
Directeur de la Coordination Humanitaire et Développement (CHD)
Ingénieur de formation, Matthieu de Bénazé s’engage en 2004 avec la Guilde pour une mission bénévole au Bénin. Il devient ensuite Responsable des programmes internationaux de la Guilde (Proche-Orient, Afrique de l’Ouest). Il assure en parallèle le secrétariat de la Coordination d’Agen, devenue Coordination Humanitaire et Développement (CHD) en 2012.
Après une expérience dans le secteur privé, il rejoint SOS Villages d’enfants France en 2014 comme Responsable des programmes internationaux. Il y crée puis anime le Groupe Enfance de la CHD. Il accompagne aussi les associations SOS Villages d’enfants en Afrique, en Arménie et en Haïti. De 2018 à 2022, il représente SOS Villages d’enfants aux conseils d’administration de Coordination SUD et de la CHD.
De 2022 à 2025, il dirige Acting for life, présidée par Jean-Cyril Spinetta. Il y diversifie les ressources de l’association, renforce son service administratif et financier et conduit sa digitalisation. Il est aussi trésorier de la CHD de 2019 à 2025.
Depuis février 2025, il est Directeur de la CHD. Il la représente au conseil d’administration de Coordination SUD et au Conseil national pour le développement et la solidarité internationale (CNDSI). Au sein de Coordination SUD, il est co-référent de l’espace « Enjeux Développement », chargé des relations avec l’AFD, le ministère des Affaires étrangères et Expertise France. Avec les présidents et administrateurs de la CHD, il a lancé une stratégie de relations publiques pour mieux faire connaître les ONG françaises auprès des décideurs publics, dans un contexte de crise budgétaire.