Les dangers qui menacent, les réponses pour faire face !
Auteur :
Alain Boinet
06/10/2026

Vladimir Poutine et Donald Trump à Helsinki en juillet 2018. (Image Credit Kremlin.ru via Wikimedia Commons)

Après le tsunami Trump de janvier 2025 et la chute rapide des budgets humanitaires et de développement dans le monde, la question qui se pose à nous est maintenant de savoir si nous nous trouvons dans une phase de stabilisation durable après la tempête ou si au contraire nous n’allons pas au-devant de nouvelles secousses.
L’observation des tendances, de signaux faibles, leur analyse et l’anticipation de leur prolongement peuvent nous permettre d’y voir plus clair et de se préparer à l’avance plutôt que de subir à nouveau à chaud un nouveau choc.
Alors, ou en sommes-nous ?
Au niveau géopolitique la guerre en Ukraine s’intensifie avant l’hiver et se propage loin en Russie par la destruction d’infrastructures énergétiques critiques qui portent des coups sévères à l’économie Russe. Sergueî Lavrov nous a prévenu, pas de pourparlers de paix avec l’Ukraine et l’Europe est dénoncée comme fauteur de guerre au moment où les Russes multiplient les actes hostiles en direction de Riga, Varsovie, Londres, Berlin ,Paris et ailleurs !
La guerre du détroit d’Ormuz entre les Etats-Unis et l’Iran se prolonge sans fin prévisible. Elle s’étend désormais au détroit de Bab el-Mandeb en mer rouge avec les Houthis et voit se nouer de nouvelles alliances stratégiques dans la région tout en provoquant une flambée mondiale des couts de l’énergie qui alimentent le mécontentement et les revendications dans tous les pays.
L’emprise des entreprises de la tech de la Silicon Valley s’étend avec l’IA dans le monde au risque d’une domination impériale sans partage et de laisser s’échapper des armes de destruction massive devenues incontrôlables par les humains.
Pourtant, il y aussi de bonnes nouvelles. Le pape Léon XIV déclare ne pas avoir peur de l’administration Trump et publie l’encyclique Magnifica humanitas (magnifique humanité) qui entend placer l’IA au service exclusif de l’humain.
D’autres progrès sont notoires comme pour les thérapies génétiques, les énergies renouvelables, le recul de la faim et l’accès à l’eau potable dans le monde, l’éducation, la lutte contre la désertification, la prise de conscience des risques liés au réchauffement climatique, la lutte contre la désertification, la vitalité du bénévolat associatif et tant d’autres.
Mais cela est-il suffisant dans les plateaux de la balance entre paix et guerre, solidarité et égoïsme, liberté et dictature, développement et démographie galopante en Afrique et tant d’autres défis existentiels ?
Photo aide humanitaire
L’aide humanitaire et au développement est toujours menacée par une baisse continue de ses ressources budgétaires. En France, le Projet de Loi de Finance 2027 prévoit une nouvelle baisse de 1,85 milliard d’euros d’aide internationale. Alors que l’affaiblissement de l’ONU semble durable, OCHA et Tom Fletcher sont condamnés à une priorisation quotidienne des personnes à secourir et à oublier les autres qui sont qui sont les plus nombreuses !
Le projet de budget de l’Union Européenne, pour la période 2028-2034, ou Cadre de Financement Pluriannuel, qui peut représenter un espoir est lui-même en négociation serrée. Si la Commission Européenne a présenté un budget en forte hausse à hauteur de 2000 milliards d’euros pour sept ans dont 25 milliards pour l’humanitaire, cinq Chefs d’Etat et de Gouvernement (Danemark, Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Finlande) viennent de signer une tribune qui déclare « Ce n’est tout simplement pas réaliste ». Ils appellent à une réduction de plusieurs centaines de milliards d’euros et concluent ainsi « Le monde qui nous entoure a changé, nos priorités aussi, et notre budget commun doit changer aussi «.
Priorités et budgets qui seront également réorientés en fonction du résultat des prochaines élections dans divers pays membres de l’Union Européenne, en France et en Allemagne particulièrement.
Le monde est un puzzle d’Etats-Nations parmi lesquels la prééminence du monde occidental est contestée par les empires renaissants et des pays soucieux de leur souveraineté qui aspirent à prendre la place ou plus simplement à l’améliorer. Ce déplacement profond des plaques tectoniques géopolitiques provoque partout de vastes mouvements d’opinions publiques inquiètes pour leur propre avenir, singulièrement dans les pays démocratiques.
Nous savons qu’il n’y a pas de fin de l’histoire ou triompherait finalement la démocratie libérale comme le pensait le philosophe Francis Fukuyama. La tendance est aujourd’hui à la compétition, la confrontation, les rapports de force et de puissance et donc de sécurité et de défense pour chacun comme pour tous. Personne ne veut perdre et tout le monde veut gagner ! Mais se dirige t’on pour autant vers les « Choc des civilisations » de Samuel Huntington ? Entre les deux, ou se situera le curseur ?
Dans ce monde changeant à grande vitesse, Défis Humanitaires a décidé de repenser les conditions de sa mission pour mieux la réaliser. Ce projet consiste tout à la fois à élargir et approfondir la ligne éditoriale, à se doter d’outils plus performants pour optimiser la revue en ligne et, enfin, à vous inviter à y participer activement.
Page de couverture, édition 117
La nouvelle maquette que vous découvrez ici aujourd’hui avec ce numéro 117 en constitue une étape marquante pour laquelle votre soutien est essentiel, celui de votre don à Défis Humanitaires (faireundon). Don pour lequel vous recevrez un reçu fiscal vous permettant de déduire 66% de son montant de vos impôts.
Cet éditorial est une invitation à évaluer et préciser ensemble les dangers qui nous menacent et les réponses pour y faire face : alliance, opinion publique, mutualisation, localisation, innovation, sanctuarisation budgétaire. Dans cette voie, nous vous invitons à participer à la conférence-débat qui aura lieu le jeudi 6 novembre à 19h au 184, boulevard Saint Germain Paris 6ème avec des experts et des praticiens de l’aide humanitaire et de la géopolitique. Vous trouverez plus d’informations ici (lien vers la brève).
Entre temps, nous verrons quelles réponses la 7ème Conférence Nationale Humanitaire (CNH) organisée mardi 6 novembre à Paris par le Centre de Crise et de Soutien (CDCS) du ministère de l’Europe et des affaires étrangères avec les acteurs humanitaires aura apporté.
Votre don est tout à la fois un soutien moral précieux pour nous et une aide financière vitale pour notre action, merci (HelloAsso).
Votre présence jeudi 6 novembre à cette conférence-débat renforcera notre combat humanitaire commun pour lequel je crois que solidarité nationale et aide internationale sont compatibles et complémentaires pour mieux répondre aux dangers qui nous menacent Alors, comment ne pas compter sur vous, merci.
Alain Boinet.
Président de Défis Humanitaires.
Merci pour votre soutien (faireundon).

Alain Boinet
Fondateur
Fondateur de l’association Solidarités International et du site Défis Humanitaires, Alain Boinet a réalisé depuis 1980 de nombreuses missions dans des pays en crise. Il est par ailleurs membre d’honneur du Conseil d’administration de Solidarités International, membre du Groupe de Concertation Humanitaire auprès du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères et de son Centre de Crise et de Soutien. Il est administrateur du Partenariat Français pour l’Eau (PFE), de la Fondation Véolia, du Think tank (re)sources.