Ce qui détruit le monde, c’est l’indifférence.

Editorial d’Alain Boinet.

Violences-exactions, déplacements massifs de population en RDC et secours d’urgence | © Solidarités International

Des enfants sont tués dans le bombardement de leur bus au Yémen ou sous les décombres d’un hôpital en Syrie…

Des centaines de milliers d’êtres humains ont faim au Mali, au Sahel…

Une association de mamans lutte pied à pied contre le choléra et l’eau insalubre en RDC…

Des personnes âgées sont abandonnées à la violence au milieu de nulle part au Soudan du Sud…

Les Rohingyas sont chassés par centaines de milliers du Myanmar et entassés dans des camps de réfugiés sous les déluges d’eau de la mousson au Bangladesh…

Des hommes, des femmes et des enfants se noient en Méditerranée…

Des familles sont oubliées ici et là dans ce monde de chaos qui ressemble parfois à l’enfer…

Dans la diversité de l’humanité et des crises, la même souffrance prospère !

 

L’indifférence, elle te tue à petits coups.

Souvenons-nous de cette chanson de Gilbert Bécaud : « ce qui détruit le monde c’est l’indifférence », « un homme marche, tombe, crève dans la rue, Eh bien personne ne l’a vu, l’indifférence », « l’indifférence, elle te tue à petits coups ».

Comment se résigner à l’indifférence !

Comment déclarer forfait face à la souffrance !

Comment démissionner devant la loi de la jungle !

Même la guerre à des règles à respecter et à faire respecter : les Conventions de Genève et les Protocoles additionnels, le Droit International Humanitaire.

 

Nous sommes ce que nous faisons !

Alors, il suffit de dire « non » à l’indifférence,  il suffit de compatir, il suffit de tendre une main, il suffit de faire un don, il suffit d’agir, de secourir.

Il suffit de faire un pas, et puis un autre pas, et alors ça change beaucoup !

Alors, le danger et le désespoir reculent grâce au pain partagé, à l’eau redevenue potable, à l’abri construit, aux soins de santé, à l’espoir qui revient, à la présence vigilante et constante de l’humanitaire jusqu’à la reconstruction, quand la crise s’estompe, avant de reprendre la voie du développement.

L’indifférence s’étend en dehors des conflits et des catastrophes quand elle ignore la misère chez nous et ailleurs dans les cités et les campagnes, la biodiversité menacée et le dérèglement climatique, l’indifférence à la pollution et à l’insécurité, l’indifférence à la diversité des cultures et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

L’indifférence au nom de quoi, et pour qui ?

Faire la différence avec l’indifférence, c’est tout l’enjeu.

 

Alain Boinet.