Entretien avec Philippe Ryfman, co-directeur du Traité de Droit et pratique de l’Action Humanitaire

Marina Eudes, Sandra Szurek et Philipe Ryfman ont dirigé ensemble l’ouvrage collaboratif  « Traité de Droit et pratique de l’Action Humanitaire » paru tout récemment chez L.G.D.J. A cette occasion, Alain Boinet interview Philippe Ryfman et présente ainsi aux lecteurs de Défis Humanitaires ce nouveau traité.


Alain Boinet : Bonjour Philippe. Tu viens avec deux de tes collègues juristes de publier un volumineux ouvrage de 900 pages, « Traité de Droit et Pratique de l’Action Humanitaire ». Peux-tu le présenter pour nos lecteurs.

Philippe Ryfman : Avec Sandra Szurek Professeur émérite de l’Université de PARIS-NANTERRE et Marina Eudes, Maitre de Conférences au sein de la même Université (l’une et l’autre, spécialisées en droit international et en droit international humanitaire), nous avons en effet coordonné et mené à bien ensemble ce projet. Il s’agit de ce qu’on appelle un ouvrage « collectif », rassemblant un nombre plus que conséquent de contributeurs et contributrices, puisqu’ils sont plus de quatre-vingt (85 exactement). Le premier objectif a été de travailler avec eux sur une approche globale de l’humanitaire, afin de s’efforcer de couvrir un champ dont l’étendue et la complexité sont largement mésestimées.

Certes il existe des publications assez nombreuses traitant de l’action humanitaire, mais c’est la première fois – nous a-t’-il semblé – qu’une telle démarche de rassemblement et de synthèse est conduite. Autrement dit si le livre comporte des aspects juridiques (particulièrement en droit international humanitaire) il en inclut bien d’autres, dans une optique clairement transdisciplinaire. L’approche juridique a donc été combinée avec les ressources d’autres disciplines et les apports de praticiens.

C’est la première originalité de cette publication. Laquelle s’appelle volontairement « Traité », à la fois de par ce nombre de contributeurs, sa dimension textuelle (près de 1000 pages), et par l’ambition intellectuelle et conceptuelle qui l’a animée. Nous y reviendrons. Remarquons juste déjà que l’action humanitaire contemporaine, aujourd’hui au XXIème siècle, c’est aussi une politique publique. On peut même la qualifier d’une des premières, sinon de la première politique publique internationale.

Tu l’évoques, Alain, très régulièrement dans Défis Humanitaires, l’action humanitaire a changé d’échelle. Ces dix dernières années ont vu le nombre de destinataires, récipiendaires, bénéficiaires de l’aide dépasser les deux cent millions en moyenne annuelle, tandis que son budget [toutes ressources et tous acteurs confondus] a été multiplié par plus de dix également en dix ans. Face à ces considérables mutations il nous a semblé que le moment était propice en vue de mieux identifier et qualifier les situations qu’elle recouvre, questionner la nature de l’offre humanitaire, ses acteurs (ONG, structures du Mouvement Croix-Rouge/Croissant-rouge, agences des Nations-Unies, Etats, collectivités territoriales).

Cette vision d’ensemble aborde aussi la consistance et l’économie de cette aide car une vraie économie de l’humanitaire existe, de même qu’une communication spécifique à ce dernier. Les questions de coordination, de conduite de l’aide ainsi que de sa réception avec l’accès aux populations et ses finalités sont aussi couvertes. Enfin la dernière des quatre parties du livre se concentre sur les risques, les responsabilités et l’éthique de l’aide humanitaire. Voilà les premières idées centrales qui nous ont animées Sandra Szurek, Marina Eudes et moi-même.

Ensuite, la relation avec les contributrices et contributeurs n’a pas voulu reproduire le schéma classique de construction de ce type d’ouvrage. En effet, nous avons décidé de sortir du cadre habituel en la matière consistant juste à commander à un auteur ou une auteure un papier sur un sujet donné, avec simplement un délai maximum de remise. Pour ce faire, nous avons privilégié l’interactivité en dialoguant régulièrement avec les personnes sollicitées, en leur demandant comment ils concevaient leur apport, leur plan, les axes principaux qu’ils envisageaient à partir de la proposition de contribution transmise par nous. Tu as été un de ces contributeurs Alain (je t’en remercie au passage) et tu as donc pu juger de la façon dont cela a fonctionné.

C’est donc vraiment une œuvre collective réunissant à la fois les trois directeur/directrices avec les auteurs et le support de deux secrétaires de rédaction (eux-mêmes contributeurs). En outre, elle s’inscrit dans une dynamique clairement francophone et non franco-centrée, avec – aux côtés des français – des contributeurs issus d’Afrique, d’Europe, d’Amérique du Nord. Nous y reviendrons.

AB : Votre Traité donne l’impression d’être en même temps un ouvrage académique avec des universitaires et des chercheurs tout en y associant des praticiens de l’action humanitaires.  C’est une démarche finalement pas si fréquente. Pourquoi avez-vous fait ce choix d’une si grande diversité de contributeurs entre droit et pratique ?

PR : Là aussi, cela a été – dès l’origine – un autre de nos concepts fondateurs. Peut-être était-elle démesurée, mais notre volonté était de faire travailler ensemble à la fois des académiques (universitaires et chercheurs) et des praticiens expérimentés. Justement parce que l’action humanitaire est vaste, multiforme et touche à de nombreux domaines. L’idée a été de combiner des apports et compétences diversifiés que l’on associe trop rarement. En vue à la fois d’en rendre compte, expliquer, identifier les problématiques majeures et d’autres moins apparentes la structurant, enfin s’efforcer de poser les bonnes questions. Finalement, si l’ouvrage fait 970 pages (index et bibliographie comprises), c’est aussi justement parce que les thèmes abordés sont nombreux. Nous ne prétendons évidemment pas à l’exhaustivité, mais ce grand nombre de thématiques à traiter s’est rapidement imposé à nous dans le travail d’élaboration et de conceptualisation du projet. De ce point de vue, il nous faut remercier l’éditeur de la confiance qu’il nous a témoigné à la fois quant à la totale liberté du choix des contributions que de la non-imposition de limitations drastiques.

Nous le disions plus haut l’aide humanitaire est une politique publique internationale, mais elle n’est pas que cela. Elle constitue un phénomène complexe. D’où précisément pour l’appréhender et l’analyser la nécessité de faire travailler et contribuer ensemble à la fois des juristes et chercheurs d’autres disciplines des sciences sociales (sociologues, politistes, anthropologues, économistes, historiens…) ou des sciences dures (médecins) avec des praticiens expérimentés, je le soulignais à l’instant. Il nous a semblé que c’était la meilleure manière – ou la moins mauvaise – de déchiffrer cette complexité afin de permettre au lecteur de comprendre et appréhender l’aide humanitaire au XXIème siècle dans ses différentes dimensions.

Dans les relations internationales et le monde d’aujourd’hui, elle constitue un enjeu central dans nombre de zones géographiques. Non seulement au plan international sur les terrains de crises (guerres, catastrophes, mouvements de population…), mais aussi au niveau domestique. Par exemple dans les pays européens avec les réfugiés, les demandeurs d’asile, les migrants, les populations marginalisées ou en précarité. De ce point de vue, l’humanitaire touche aussi au social, et là encore cela nous paraît justifier de réunir universitaires et praticiens.

En même temps, nous n’avons rien voulu sacrifier par rapport aux critères de la démarche scientifique et de la recherche et nous sommes attachés à faire partager le triple souci d’exigence, de rigueur et de qualité par tous nos auteurs.

Cette combinaison d’approches théoriques et pratiques (notamment à travers des « Etudes de cas ») explique aussi ce large choix d’auteur(e)s. Il n’est pas non plus sans lien avec les divers publics visés (j’emploie le pluriel à dessein) par le Traité et j’y reviendrai. Disons seulement déjà qu’ils incluent ceux des opérateurs de l’aide, des bailleurs de fonds, des journalistes.

Au final ce sont les lecteurs qui jugeront du résultat atteint. Bien entendu – en dépit de cette optique globale qui a été la nôtre – il n’était pas envisageable de couvrir toutes les dimensions désormais multiformes de l’aide. Quelques omissions ou manques seront – peut-être – relevés. On peut toujours faire plus et mieux, mais l’essentiel nous paraît y être. De toute façon, l’ouvrage va vivre sa vie et qui sait un jour connaître une seconde édition, avec son lot de révisions, actualisations, éventuels compléments ! Si encore une fois, il ne prétend pas être exhaustif, l’objectif d’analyser de façon approfondie l’écosystème humanitaire est lui clairement affirmé. Car le besoin d’une vision générale, systématisée et scientifiquement établie d’un domaine, parmi les plus sollicités mais aussi les plus controversés de la vie internationale, s’impose pour tous ceux, chercheurs, praticiens ou décideurs engagés dans l’action humanitaire.

AB : Justement Philippe, le contexte humanitaire international aujourd’hui est plus que troublé. Que l’on pense au Moyen-Orient, avec la situation au Nord-Est de la Syrie, à la région du Sahel, aux Rohingyas, mais aussi à l’augmentation sans cesse plus nombreuse des réfugiés et déplacés et de personnes ayant besoin d’assistance humanitaire. Aux tensions géopolitiques s’ajoutent des débats au sein de la communauté humanitaire internationale, que l’on pense au Grand Bargain avec ses dix priorités, que l’on pense aux débats à venir lors de la prochaine Conférence Nationale Humanitaire l’année prochaine en France, quel est l’intérêt principal et quelle utilité penses-tu que ce Traité peut avoir ?

PR : Ce sont les lecteurs naturellement qui nous diront quel usage ils en feront. Précisément, un autre de nos buts principaux a été de leur fournir des instruments performants de réflexion et – pourquoi pas – d’action. De ce point de vue, la pratique doit s’articuler avec la théorie. Au passage, je me permets d’insister sur cette dernière. Car elle n’a pas vocation à demeurer un domaine réservé aux seuls chercheurs, analystes, étudiants. Les acteurs et tous ceux qui sont engagés dans l’humanitaire (à quelque titre que ce soit) en ont aussi pleinement l’usage. Ils ont pareillement besoin d’un corpus théorique solidement constitué, et pas uniquement sous l’angle des principes humanitaires.

Tu parlais du Grand Bargain : il est incontestable que le Sommet Humanitaire Mondial de 2016 a marqué un tournant. On en voit chaque jour les conséquences sur le terrain et dans les réalités de l’aide. De même, le contexte humanitaire actuel est – indéniablement – troublé et difficile. Raison de plus pour l’aborder avec un viatique de dispositifs conceptuels robustes, d’analyses fouillées, de pistes consistantes de réflexion. Nous avons essayé d’y apporter notre pierre, en insistant sur les ressources francophones en la matière. Tu me permettras de souligner cet élément qui constitue une autre caractéristique centrale de ce travail.

Car tous ceux qui s’intéressent ou œuvrent dans le secteur le savent bien, une sorte de main Stream anglo-saxon domine qui cherche à donner le ton de la pensée sur l’humanitaire, son analyse ou son devenir. Alors que beaucoup de réflexions et d’études françaises et francophones sur ces questions existent et n’en sont pas moins précieuses. Le fait que l’histoire et l’action depuis les années 70 d’ONG françaises et francophones en fassent des protagonistes importants de l’aide humanitaire n’y est pas étranger. Pourtant cette pensée et ces analyses ne sont – à notre sens – ni suffisamment valorisées, ni assez présentées. Elles souffrent donc d’un double déficit d’exposition et de débouchés. Une des motivations de ce projet a – dès lors- aussi été de mieux les faire connaître et promouvoir.

Vouloir y contribuer ne me paraît pas une ambition illégitime. Non dans je ne sais quelle optique culturaliste, mais parce qu’une pensée francophone de l’humanitaire existe et que les analyses en découlant méritent d’être bien plus prises en compte, d’autant qu’elles ne sont pas forcément identiques à celles des anglophones. Ce faisant elles contribueront plus à une meilleure appréhension, par exemple, des mécanismes de l’aide et plus largement au développement de la pensée critique sur l’humanitaire. Afin au bout du compte de mieux secourir, soutenir, accompagner les populations en souffrance dont le sort demeure au cœur de l’acte humanitaire.

Nous évoquions le Sommet Humanitaire Mondial à l’instant. Mon sentiment personnel est qu’à Istanbul, bien que des francophones y aient participé, leur parole n’a pas été suffisamment entendue et retenue dans le mécanisme décisionnel de ce sommet. C’est donc aussi la visée d’un tel Traité que de permettre à ces analystes, chercheurs – essayistes – à travers ce support – d’être mieux connus, perçus et, si possible plus écoutés.

Au quotidien, les agences humanitaires ont aussi besoin de ces voix afin de contribuer à leurs prises de décision et à leurs choix opérationnels sur des terrains ultra-sensibles, tels le Nord-Est de la Syrie, le Sud Soudan, la RDC, le Sahel, … Afin d’y poursuivre une action humanitaire impartiale, indépendante, neutre en accord avec les principes humanitaires. Ou pour renforcer la prise en compte du réchauffement climatique, des ODD, de la localisation.

AB : Quel est le public concerné par votre Traité et quel usage imagines-tu qu’il puisse en être fait ?

PR : Là aussi nous avons essayé de construire une démarche plutôt inédite (à nouveau avec le soutien de la maison d’éditions Lextenso et de LGDJ, sa filiale), en visant plusieurs publics. Généralement ce type d’ouvrages en effet cible – avant tout – un lectorat universitaire et étudiant. Bien entendu, c’est pour nous un segment majeur, légitime et important. Toutefois, nous avons – parallèlement – cherché à l’élargir.

D’abord aux opérateurs de l’aide qui se plaignent – souvent à juste titre – de la méconnaissance qu’ont (même s’il faut relativiser) les milieux académiques, mais aussi les médias, les décideurs, les citoyens, des réalités et de la consistance de l’aide ainsi que des problèmes à la fois théoriques et pratiques ou des questions d’éthique qu’ils affrontent. Parfois même certaines approches sont complètement erronées. Il faut y remédier, et nous croyons que l’ouvrage peut apporter sa pierre au développement de la connaissance sur l’humanitaire.

Ensuite, nous visons aussi de potentiels lecteurs non familiers du sujet, mais souhaitant le découvrir. Il peut s’agir de gens amenés à faire un travail sur l’aide humanitaire sous un angle ou un autre. Qu’il s’agisse d’effectuer une recherche, de balayer une bibliographie, de préparer un cours, une conférence, de rédiger un mémo… les ressources fournies par un tel « Traité » leur faciliteront la tâche. Prenons juste l’exemple des déplacements de populations et du rôle que joue l’aide humanitaire vis-à-vis des populations contraintes de quitter leur lieu de résidence. En se reportant à l’ouvrage, on trouvera analyses et références qui les alimenteront.

Un autre lectorat est formé de celle et ceux qui réfléchissent à la prospective de l’aide ou simplement en rendent compte. De ce point de vue ils sont aujourd’hui nombreux : des journalistes aux bloggeurs ou aux « influenceurs » s’exprimant sur les réseaux sociaux. Or ce type de public ne dispose pas obligatoirement d’un socle minimal de connaissances sur un sujet aussi sensible.

Nous nous adressons encore à tous ceux qui sont dans un rapport financier avec les acteurs de l’aide, à commencer par les bailleurs de fonds, publics comme privés, les donateurs individuels, les fondations ou les mécènes. Ou dans des relations impliquant différents services des Etats ou des collectivités territoriales. Or, là encore, la méconnaissance des réalités de l’aide (même si elle n’est pas généralisée) règne souvent.

Enfin le grand public – c’est-à-dire le citoyen qui voudrait mieux appréhender les problématiques humanitaires – n’est pas absent de nos préoccupations.

Tu l’auras compris s’adresser à ces différentes catégories n’est pas tâche aisée, mais avec les contributeurs et contributrices, c’est aussi une dimension volontariste de ce projet.

AB : En guise de conclusion, souhaites-tu ajouter quelque chose, préciser tel ou tel point que nous avons peut-être oublié ? Et puis, vous avez prévu le 14 novembre une conférence à l’université Paris Nanterre pour présenter votre Traité avec des invités pour en débattre avec le public. Peux-tu nous aussi en dire un mot ?

PR : J’en profite d’abord pour souligner un point qui frappera, peut-être les lecteurs et lectrices de l’ouvrage : l’absence de conclusion précisément. Elle est clairement volontaire. L’éditeur nous a ici aussi laissé libres. En effet, nous avons estimé préférable Marina, Sandra et moi de ne pas en rédiger. Justement pour laisser le débat ouvert. Car – en quelque sorte – on n’en a jamais fini avec l’humanitaire : le questionnement est permanent et quotidien, ajouterai-je.

Puisqu’il est donc difficile de conclure, une première manière de le faire – et nous l’évoquons à la fin de l’introduction – c’est d’encourager ce type d’approche globale de l’aide humanitaire. Une seconde, que le Traité contribue chez ses lecteurs et usagers à encourager et stimuler la recherche scientifique francophone sur les principales problématiques humanitaires, voire en explore de nouvelles. Qu’il s’agisse de doctorants à la recherche d’un sujet de thèse, de chercheurs confirmés, d’essayistes. Ne serait-ce, nous le disions plus haut, parce que précisément compte tenu de l’objectif d’assistance, de soutien, de facilitation de la résilience des populations destinataires, il ne faut jamais cesser de questionner l’aide. J’ai coutume de dire que ce n’est pas parce qu’on est dans le registre du Bien avec un grand B qu’on ne doit pas s’interroger sur l’humanitaire. Au contraire, sans pour autant tomber dans l’hyper-criticisme. Les travailleurs humanitaires d’ailleurs sont parmi les premiers à s’y investir, ils ont même une forte propension à l’autocritique…

Enfin une troisième que le Traité apporte sa touche à la création d’un champ francophone d’« Etudes humanitaires ». Nous manquons – en France contrairement, par exemple à la Suisse, la Belgique ou le Canada – d’outils, de lieux, de réseaux à cette fin. Il faudrait de façon permanente et régulière, mener des programmes de recherche, rassembler sur une (des) plateforme(s) des praticiens, des chercheurs. Faire travailler (et turbuler, pourrait-on dire) les gens horizontalement en réseau. L’expérience du Traité qui en a réuni plusieurs dizaines autour d’un projet commun montre que ce n’est pas si difficile. Elle peut servir.

Pour en venir à la journée du 14 novembre à l’Université de Paris Nanterre, avec un nombre conséquent d’auteurs qui y participeront en compagnie d’autres intervenants, nous n’aborderons certes pas tous les sujets traités dans ces 970 pages, mais nous nous interrogerons – et là encore ensemble – sur quelques-uns de saillants. Autour de deux thématiques principales, l’une sur la géopolitique de l’aide humanitaire et l’autre de l’éthique. Peut-être essayerons-nous ensuite de décliner l’exercice à d’autres occasions. Des contacts ont été pris avec nous pour des interventions, des conférences, des échanges afin d’aborder d’autres questions, telles celles en lien avec les difficultés d’accès, les prisonniers, l’impact des nouvelles technologies…

Comme toi Alain, je le sais d’expérience mais l’ai vécu – peut-être – de façon différente avec le processus d’élaboration de cet ouvrage, l’humanitaire est une matière vivante et mouvante, qui évolue constamment. Ainsi tout au long du processus d’élaboration de l’ouvrage qui s’est étalé sur deux ans et demi environ, la nécessité s’est imposée de demander à certains contributeurs d’actualiser le papier qu’ils avaient déjà rendu. Parce que les données et les chiffres changent, les contextes évoluent, de nouveaux paradigmes voient le jour. C’est souvent déstabilisant, mais – au passage – l’acceptation de l’humanitaire par les populations et les belligérants (en contexte de conflit) est aussi à ce prix.

Dès lors si les analyses développées dans le Traité peuvent susciter l’intérêt de nouveaux chercheurs, comme celui d’institutions académiques, de financeurs et autres sur toutes ces questions et bien d’autres, dans une identique perspective pluridisciplinaire, associant universitaires et praticiens au sein d’une réflexion commune, nous pourrons le tenir pour son principal mérite.

 

Philippe Ryfman : Docteur en science politique et diplômé d’études supérieures de droit privé est professeur et chercheur associé honoraire au Département de Science Politique et au Centre Européen de Sociologie et Science Politique de la Sorbonne (CESSP-Sorbonne), Université Paris I, Panthéon-Sorbonne. Il a dirigé le DESS puis Master « Coopération Internationale, Action Humanitaire et Politiques de Développement » (CIAHPD) au sein de cette université. Aujourd’hui, il poursuit des activités de chercheur sur les questions non gouvernementales et humanitaires, notamment comme chercheur associé à l’Observatoire canadien sur les crises et l’action humanitaire (OCCAH), UQAM, Montréal.

Contributeurs au Traité de Droit et Pratique de l’Action Humanitaire : Julia GRIGNON, Mamadou MÉITÉ, Bob KABAMBA, Clément PAULE, Hélène DE POOTER, Karl BLANCHET, Catherine-Amélie CHASSIN, Alice CORBET, Nordine DRICI, Ghislaine DOUCET, Eric DAVID, Alina MIRON, Xavier EMMANUELLI, Jérémie LABBÉ, Isabelle VONÈCHE-CARDIA, Francisco RUBIO, Fernando LIMA NETO, Rachid LAHLOU, Anne-Thida NORODOM, Abdelwahab BIAD, Céline SCHMITT, Marie CUQ, Claire BRISSET,Clémentine BORIES, Philippe LAGRANGE, Anne MILLET-DEVALLE, Patrick DESJARDINS, Mutoy MUBIALA, Marjorie BEULAY, Christian LECHERVY, Anouche BEAUDOUIN, Olivier LEBEL, François AUDET, Marie-Claude SAVARD, Francis CHARHON, Martin SPITZ, Laurent BACOS, Ophélie SPARWALD, Boris MARTIN, Luciano LOIACONO, Vincent TAILLANDIER, Serge BREYSSE, Gilles CARBONNIER, Bruno-Georges DAVID, Mélanie ALBARET, Maryline GRANGE, François GRÜNEWALD, Malika AÏT-MOHAMED PARENT, Julia GRIGNON, Rebecca MIGNOTMAHDAVI, Aude LE GOFF, Sarah PELLET, Julie TAVERNIER, Isabelle MOULIER, Michel MAIETTA, Sophie GROSBON, Marion BLONDEL, Jelena APARAC, Julie FERNAGU, Stéphanie MILLAN, Marie-Laure BASILIEN-GAINCHE, Damien SCALIA, Marie-Laurence HÉBERTDOLBEC, Thomas RIBÉMONT, Lucie DELABIE, Aimé Kouassi MALANHOUA, Claus SORENSEN, Hervé DELPHIN, Alexandre BALGUY-GALLOIS, Clara EGGER, Pierre MICHELETTI, Simon TORDJMAN, Marc LAVERGNE, Olivier RAY, Ariane JOAB-CORNU, Virginie TROIT, Jean-François MATTEI, Alain BOINET, Michaël NEUMAN, Fanny LAFONTAINE, Moussa Bienvenu HABA, Xavier LYONNAIS, Emmanuel GUEMATCHA.

Vous pouvez commander l’ouvrage en vous rendant sur le site de LGDJ édition.